lundi 13 décembre 2010

Coup de coeur: Mitzah de Dior.

    Mitzah fait partie des nouvelles colognes de Dior que l'on peut actuellement découvrir au Bon Marché. Comme New Look 1947, Vétiver, Granville ou Cologne Royale, il s'agit en fait d'eaux de parfum, tout comme  le sont aussi devenues pour l'occasion Bois d'Argent, l'Eau noire et le reste de la collection.
  
     Cette nouvelle série de "colognes" se veut évoquer la vie de Christian Dior,  ce qui en fait grincer les dents plus d'un puisque cela n'est pas sans rappeler franchement les Exclusifs de Chanel. Mitzah rend ici hommage à la muse et conseillère du créateur, Mitzah Bricard, femme captivante à la féminité exacerbée. Ce parfum éponyme se voulait donc à son image: élégante,  sensuelle, mystérieuse, voire féline. 


    C'est donc sur la famille orientale que le choix de François Demachy s'est porté, et plus particulièrement sur les notes ambrées.  L'ouverture de  Mitzah m'évoque fortement Ambre Sultan de Serge Lutens, en raison de la note de coriandre qu'on retrouve aussi en tête de ce dernier, avec une légère sensation de fruits confits, mais surtout d'épices, (peut-être un peu de cardamome), notamment la cannelle, qui annonce le coeur du parfum, aux côtés de la Rose de damas.  

    A mesure que s'épanouissent les notes de coeur du parfum, celui-ci se fait plus doux qu'en tête, plus enveloppant, plus ronronnant.  Même si la composition ne cite que rose et cannelle  en coeur,  et que c'est ensuite, en fond, que sont citées vanille, labdanum, patchouli et autres notes orientalisantes, Mitzah lorgne déja, à ce stade,  très fort vers un accord ambré, et plus précisément vers l'ambre 83. Cette base est très utilisée pour les accords ambrés, et Ambre Sultan, justement,  en est une belle interprétation.

   
C'est d'ailleurs cet aspect très confortable, très rond et chaud, typique de cette base, qui fait le charme de ce parfum, qui lui donne toute cette sensualité, et ce côté un peu félin. Comme Sixtine d'Ambre Gris, je ne trouve pas ce parfum particulièrement évolutif, mais il est très agréable à porter.  Les notes de vanille et de miel vont certes renforcer la chaleur moelleuse de Mitzah, mais on les sent plus comme incorporées à un fond compact ambré, relevé d'encens qui vient souligner le charme épicé du parfum. On y perçoit également des notes boisées, telles que le patchouli, mais c'est surtout le labdanum,  qui me saute au nez,  dominant au côté de l'ambre 83 une bonne partie de l'évolution du parfum.

  Mitzah est donc, vous l'aurez compris, un parfum des plus adaptés à cette saison, idéal pour lutter contre ces froides températures. hivernales, de par toute la sensualité qu'il dégage.  Je ne pense pas qu'on puisse le qualifier d'extrêmement original ou novateur, mais il est très addictif  tout en offrant une très belle illustration du charme des accords ambrés.  Voici donc une "cologne" qui plaira à coup sûr aux adeptes des notes orientales et autres parfums capiteux.


jeudi 9 décembre 2010

Compte-rendu de notre soirée des lecteurs du 30 novembre dernier: encore un grand merci à tous!

   Après plusieurs semaines de préparation, de rendez-vous avec l'équipe de Mugler et briefs entre bloggueurs, le grand soir est enfin arrivé: celui que nous avons organisé autour des huit accords olfactifs développés par Osmoz pour leurs fameux coffrets. 









Malgré les températures négatives dehors, l'ambiance est plutôt chaleureuse, puisque c'est l'occasion de se retrouver tous entre passionnés de parfum, lecteurs ou bloggueurs, dans un cadre prestigieux (notez cette superbe vue sur l'Opéra de Paris): celui des Ateliers Mugler. Tout ceci grâce, entre autres, à l'énergie et l'enthousiasme de Constance, Aurélie et Camille.  Le champagne et les délicieux mets du traiteur n'ont bien sûr fait qu'ajouter à cette ambiance festive. 


Nous profitons, Juliette, Thierry et moi, de ce compte-rendu pour reparler de chaque parfum choisi pour illustrer les différents accords olfactifs. 

Accord hespéridé: L'Eau d'Hadrien (edp) d'Annick Goutal. N'étant pas une grande adepte des parfums hespéridés, j'ai choisi un grand classique du genre. La fraîcheur du citron,  du pamplemousse et du cédrat éclatent en tête, entourés de notes de cyprès et de basilic, avant de se fondre sur des notes plus boisées et musquées. C'est un parfum vivifiant, que l'on associe volontiers à l'été, qui est d'ailleurs un des bests-sellers de la maison Goutal.

Accord arômatique: Jicky,  qu'on ne présente plus.... J'ai opté pour ce grand classique de Guerlain, car  ce parfum mixte montre comment un arômatique, souvent associé aux notes masculines, peut  aussi se faire animal et sexy. C'est aussi, rappelons-le, un des premiers parfums avec la Fougère Royale d'Houbigant, à marquer l'utilisation de la coumarine en parfumerie, ainsi que la vaniline, avant qu'elle ne soit joliment mise en valeur par Shalimar. D'ailleurs, surtout dans la version extrait, on sent très bien la filiation entre les deux.

Accord fleurs blanches: Songes d'Annick Goutal, que je porte souvent d'ailleurs. On ne peut le résumer à un simple floral en raison de son évolution plus vanillée voire un peu boisée en fond, mais ses premières notes de jasmin sont absolument sublimes à mon nez. Tout comme son coeur de fleur de frangipanier et de ylang-ylang, qui illustre bien la beauté, le côté charnel et exotique des fleurs blanches.

Accord musqué: Clair de Musc, de Lutens. Je ne porte pas particulièrement de parfum musqué, j'aime les sentir sur les autres mais sur moi je trouve les muscs propres généralement ennuyeux, et les muscs plus "sales" m'étouffent vite. Pourtant si je devais en porter un, ce serait celui-ci, car je le trouve un peu à la frontière entre muscs blancs et muscs sexuels: assez nuancé, à la fois doux et sexy, avec ses notes fleuries qui évoquent un peu le N°5 de Chanel, son côté un peu poudré grâce à l'iris et ses muscs caressants qui peuvent rappeler la peau d'une femme.


Accord Chypré:  Femme de Rochas, ici vintage.  Ce parfum marque pour la première fois l'utilisation du prunol. C'est aussi et surtout un très beau chypré, je trouve la version un peu plus ancienne sublime. J'aime ses notes florales et boisées associées aux épices (cannelle, cumin...) qui en font une fragrance à la fois chic, racée et sensuelle. Par ailleurs, peu sensible pourtant à l'univers publicitaire autour d'un parfum, j'ai toujours adoré, enfant, son flacon et les pubs des années 80 qui le mettaient en valeur, le tout était assez  cohérent et fidèle à l'univers du parfum.

Accord oriental: L'heure Bleue évidemment. Bon, j'ai beaucoup hésité, ne portant quasiment que des orientaux, Habanita, Musc ravageur.. il y en a beaucoup que j'aurais aimé présenter, mais bon celui-ci reste mon préféré entre tous. C'est d'ailleurs plus un floral oriental poudré qu'un simple oriental, plus la peine de le présenter ici,  juste de préciser qu'il s'agissait  d'une version edp, qui a légèrement macéré, faisant ressortir toute sa profondeur, ses notes de fond, et toute sa complexité. 

Accord boisé: Bois de Violette, de Lutens.  Une des variations autour du superbe Féminité du Bois, ici plus centrée sur la note florale et sur le cèdre. Finesse, élégance, beauté.... autant de mots que l'on peut associer à ce parfum qui met bien en valeur l'adéquation entre des notes florales et le côté résineux des bois. La violette diffère ici de son utilisation souvent poudrée en parfumerie, et le cèdre est un de mes bois préférés...

Accord épicé: Noël au Balcon, d'Etat Libre d'Orange.  J'ai choisi celui-ci car il m'a toujours rappelé les thés de Noël que j'affectionne tant, où la cannelle et le clou de girofle réchauffent délicieusement l'hiver. Très féminin et sexy, ses notes épicées associées à une facette moelleuse et miellée en font un parfum très sensuel, et assez original dans la mesure où la vanille, traditionnellement associée aux notes de fond, est portant mise en valeur en tête et coeur du parfum.

Cette soirée est, j'espère, la première parmi d'autres qui suivront. C'est d'ailleurs entre autres, pour cette raison, que nous avions mis à la disposition des lecteurs une boite à idées, pour que nous prenions en compte leurs envies quant aux sujets abordés sur nos blogs, mais aussi, pourquoi pas, quant à de futurs évènements autour du parfum.  Personnellement, l'émulation et la réactivité de la gente masculine assise au fond m'a beaucoup amusée, et m'a donné l'envie d'organiser un blind test sur le parfum, en équipe, par exemple.

Encore merci à tous, merci aux lecteurs qui se sont déplacés pour nous écouter et participer, ainsi qu'à l'accueil chaleureux de l'équipe des Ateliers Mugler!

PS: je tiens également à remercier Irina pour les belles photos prises au cours de la soirée. 


samedi 4 décembre 2010

Toutes les adresses parfumées de Paris!

Juste un petit communiqué pour vous signaler la sortie du livre Paris Parfum, le Guide du Parfum à Paris, très pratique pour qui veut s'offrir une virée parfumée dans la ville des lumières, mais aussi pour relire avec plaisir l'histoire des plus grandes maisons de parfums et de leur best-sellers.Vous trouverez également dans ce guide de nombreuses astuces pour mieux se parfumer.


Il vous est possible dès maintenant, et ce jusqu'au 15 décembre, de le commander sur le site d'Osmoz, les frais de port vous seront offerts! A noter également que ce même site de parfum vous propose une édition limitée de ce livre avec un coffret de 6 fragrances inspirées de lieux mythiques de Paris. 

mardi 23 novembre 2010

Spiritueuse Double Vanille de Guerlain, ou quand la vanille se fait "absolue".

Je n'avais pas craqué pour cette vanille la première fois que je l'avais sentie. Si j'aime les notes vanillées, je ne suis pas adepte pour autant des soliflores vanille, les trouvant souvent trop sucrés, trop gourmands. Ici, c'était le problème inverse, l'effet tabac amsterdammer de cette vanille est tellement présent sur moi que cela m'avait décontenancée au premier essai.


Les goûts évoluant au fûr et à mesure que l'on sent et ressent des parfums, cette vanille  enivrante a fini par me séduire. Les premières notes me font penser à une gousse de vanille qu'on aurait plongée dans du rhum arrangé, avec des épices, des raisins et des bois. On note aussi de la bergamote en tête, et des baies roses, ce qui peut donner cet aspect épicé à l'ouverture du parfum. 

Cet effet rhum se dissipe rapidement sur ma peau pour laisser place à cette odeur particulière de tabac ansterdammer, de tabac à pipe, où le cèdre prédomine très nettement. J'y perçois aussi des notes florales, comme de la rose, je pense, peut-être du jasmin et du ylang -ylang, aussi, bien qu'ici on soit clairement dans  le registre d'une  vanille boisée, loin de la vanille tahitensia, qui, elle, est fleurie et poudrée. L'encens, présent en coeur, vient prolonger la trame épicée annoncée en tête par les baies roses, tout en apportant un peu de chaleur  boisée et de caractère à cette vanille.

Les avis divergent beaucoup au sujet de cette double vanille spiritueuse, certains la jugeant  trop  gourmande, alors, et c'est peut-être une question de peau, que justement, sur la mienne, elle ne joue pas la facilité. Certes, on reste dans le thème d'une vanille, le parfum est nécessairement un peu sucré, mais ce n'est vraiment pas l'aspect qui domine. Ce n'est qu'en fond, quelques heures plus tard, que SDV s'achèvera sur des notes plus gourmandes et plus traditionnelles.  Le parfum se fond sur des notes plus ambrées, empreintes sans doute de labdanum, mais où percent surtout de l'absolu de vanille et du benjoin, apportant beaucoup de sensualité au parfum. Il est possible que de la fève tonka vienne également arrondir les dernières notes, envoûtantes, du parfum.

C'est amusant d'ailleurs car SDV devient presque plus féminin dans ses notes de fond que dans celles de tête ou de coeur, où justement elle se dévoilerait à merveille sur la peau d'un homme, pour cet univers un peu liquoreux, un peu tabac, très prononcé au prime abord. SDV peut avoir un côté réconfortant, pas pour la facette douce et rassurante de la vanille gourmande, mais justement en raison de cet aspect liquoreux et tabac, qui peut évoquer des odeurs que l'on a tous senti dans l'enfance, lorsque l'on cotoyait des adultes. C'est entre autres ce qui rend ce parfum agréable à porter, qui m'a valu d'ailleurs pas mal de compliments.


Créée avant Havana vanille de l'Artisan Parfumeur, Spiritueuse double vanille visite le  même univers, tout en donnant quelque chose d'assez différent olfactivement. L'idée est de montrer la vanille telle qu'elle est lorsqu'on la sent en absolu, avec ses accents rhum et tabac justement, légèrement cuirés, loin de la vanille crémeuse et gourmande qu'on associe à la vaniline.S'inscrivant totalement dans l'univers de la maison Guerlain, Spiritueuse double vanille rend ici hommage à une des matières premières maîtresse de la fameuse "guerlinade".


dimanche 14 novembre 2010

La traversée du Bosphore, de l'Artisan Parfumeur: promenade au coeur d'Istambul.

Cela faisait plusieurs mois que l'on attendait impatiemment ce nouvel Artisan parfumeur, tant les descriptions nous avaient mis l'eau à la bouche. Et c'est rien de le dire puisque cette Traversée du Bosphore surfe sur une vague à la fois gourmande et orientalisante, aux accents cuirés, plus ou moins affirmés selon les peaux.

Orientalisant, oui, tel était le pari à l'origine de cette nouveauté, censée évoquer une ballade à Istambul, la ville trait d'union entre orient et occident. Mais il s'agissait ici de ne pas faire un oriental avec les habituels codes vanillés. Ici c'est plutôt le cuir, évoquant les tanneries de la ville,  les épices et  les notes amandées pour  rappelant  ses gourmandises qui donnent le ton oriental au parfum. 


Un parfum s'ouvrant d'abord sur un accord pomme verte, nous transporte sur les coussins d'un bar à chicha, pour fumer un narguilé arômatisé à la pomme. Celle-ci  permet aussi de donner un peu de fraîcheur en tête au parfum, avant qu'il ne s'épanouisse sur des notes plus épicées, annoncées d'emblée par le piquant du gingembre, en tête, et joliment relevées par le safran. La grenade fait bien sûr aussi partie du paysage, au côté de la tulipe, présente dans la composition, même si elle n'est pas évidente à première vue.

L'iris pointe ensuite le bout de son nez,  tandis que se développe doucement une subtile note de cuir, (loin de la reconstitution classique à l'aide du bois de bouleau que l'on peut connaître), ici c'est plutôt  une note cuir un peu odeur de "peau". Puis, et c'est là où réside entre autres l'attrait de ce parfum, cet effet cuir se retrouve équilibré, arrondi par un accord gourmand, qui va d'ailleurs s'affirmer de manière définitive sur ma peau.

 En effet, La traversée du Bosphore varie beaucoup d'une peau à une autre, chose que j'adore. Sur certaines l'équilibre entre le cuir et l'esprit loukoum est divin, sur la mienne,  ayant naturellement tendance à  sucrer les parfums, malheureusement, l'aspect amandé est un peu trop présent, me donnant l'impression d'être un loukoum géant à la rose et à la pistache. Néanmoins, cela donne un  charme poudré au parfum, ce qui n'est pas pour me déplaire.

L'effet loukoum est saisissant, on a vraiment l'image d'une patisserie orientale recouverte de sucre glace, et les notes pistaches, assez originales dans un parfum je trouve, semblent plus vraies que nature. Toujours pour évoquer les charmes d'Istambul, il s'agit bien sûr d'un loukoum à la rose, une rose de Damas, une rose turque, aux accents traditionnellement fruités en tête et qui s'accorde bien ici avec la construction du parfum. Cet aspect loukoum se prolonge longtemps sur ma peau... au point d'en éclipser un peu les autres subtilités de la Traversée du Bosphore mais que je vais  quand même tenter d'évoquer.

Outre cet accord loukoum, l'idée était aussi de créer plusieurs couches de cuir, à différents stades du parfum, à chaque fois équilibrées par d'autres notes. Le cuir,  en sourdine sur ma peau, est donc ici un cuir  doux, un peu daim, un peu fumé aussi, symbolisant les tanneries d'Istambul. Les notes baumées qui viennent l'adoucir ajoutent d'ailleurs à sa délicatesse. Le parfum se fond enfin sur des notes plus boisées, et musquées, mais  l'ensemble reste  très sucré amandé sur ma peau, bien que l'on sente, une facette cuir, veloutée, un peu timide, cachée sous ces délices gourmands.


Depuis quelque temps, la tenue des parfums de cette belle maison semble  s'être améliorée (je pense notamment à Havana vanille ou Nuit de tubéreuse),  et c'est encore le cas ici de cette nouveauté. Sans être envahissant, lourd ou très enveloppant, le sillage est bien réel, les notes de fond restent sur la peau, et la tenue sur les vêtements est très bonne. Cette nouveauté, qui s'inscrit dans la collection des carnets de voyages de l'Artisan Parfumeur, brille donc par son originalité, celle d'un accord cuir-loukoum, pour le moins novateur.  

Pour vous faire un autre avis de cette  Traversée du Bosphore, rendez-vous sur le site de Poivrebleu!

dimanche 31 octobre 2010

Soirée des lecteurs, venez nous rencontrer!

Près de deux ans d'écriture, de nombreux échanges passionnés sur nos différents blogs respectifs, des coups de coeur sur des classiques, des découvertes de nouveautés... autant de thèmes qui nous lient tous autour du parfum.

Alors, voilà, pourquoi ne pas nous rencontrer pour aller au bout de cette belle aventure, et continuer à échanger le temps d'une soirée spécialement dédiée aux blogs parfums? En effet, c'est ce que les ateliers Mugler nous ont gentiment offert de faire, Juliette (Poivre bleu), Thierry (Méchant loup) et moi, rencontrer nos lecteurs pour  dresser notre portrait olfactif et revisiter nos coups de coeur à travers 8 accords mythiques du coffret  développé par Osmoz et Thierry Mugler. Ce sera aussi, bien sûr, l'occasion de discuter ensemble de tout ce qui nous rassemble autour de cette belle passion.


Ainsi, nous sommes tous les trois très heureux de vous convier à notre Soirée des lecteurs qui se déroulera le mardi 30 Novembre prochain dans les locaux des Ateliers Mugler, tout près de l'Opéra Garnier. Le principe? Nous invitons 30 lecteurs en tout, soit dix pour chaque blog, que nous sélectionnerons par mail, par ordre d'arrivée. L'inscription se déroule donc par courrier électronique à l'adresse suivante: sophie.normand@yahoo.fr. Il est inutile de vous réinscrire sur chaque blog, un seul envoi de mail suffira à être pris en compte, le plus simple restant de s'inscrire sur le premier billet que vous aurez lu. Nous sélectionnerons donc les dix premiers mails reçus sur chaque adresse mail, et ce jusqu'au 6 novembre, 23h, ne tardez donc pas!

Nous transmettrons les infos pratiques aux personnes sélectionnées vers la mi novembre, la participation est bien évidemment gratuite,  en dehors des éventuels frais de transport ou d'hébergement. 

A très bientôt!

dimanche 10 octobre 2010

Back to Black/Aphrodisiac, By Kilian: quand le tabac blond se fait aguicheur...

C'est seulement un an après sa sortie que j'ai eu envie de parler de Back to Black.  La première fois que je l'ai senti, j'ai failli fondre immédiatement pour son odeur de tabac miellé sensuel à souhait.  Mais comme je fais toujours plusieurs essais sur peau avant de craquer pour un parfum, j'y avais détecté cette note fruit rouge-framboise dans son évolution qui m'avait un peu déplu et j'avais passé mon chemin. (C'est peut-être en réaction à l'overdose de ce style sur le marché actuel, mais j'ai vraiment du mal avec les notes fruitées).

Un an plus tard me prend l'envie de retenter ma chance, comme ça, au cas où, par curiosité... Et là l'alchimie fonctionne, je  me sens totalement conquise par ses effluves "aphrodisiaques" (puisque c'est ainsi, également, qu'il se nomme). Et, en effet, Back to Black ne laisse pas indifférente la gente masculine, car le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est un parfum sexy. 


Certains lui prêtent une ressemblance avec Angel, d'autres lui trouvent un côté cacao en poudre mêlé à des accents fruités,  sur moi c'est surtout la facette tabac miellé qui ressort, puisqu'il semble s'exprimer très différemment d'une peau à une autre. Certes, ce n'est pas forcément très novateur comme thème; on retrouve  par exemple cet effet dans Ambre Narguilé d'Hermès (plus liquoreux cependant),  ou dans Tobacco Vanille de Tom Ford (plus sec), mais c'est joliment fait, avec de belles matières premières. Un côté un peu tabac "shicha",  mais plus vanillé, plus baumé, avec des notes de framboise qui se fondent dans un lit vaguement chocolaté, sans être écoeurant pour autant.  Comme l'a dit Poivre bleu, il renvoie à diverses références olfactives, c'est un parfum complexe, rond, riche, et il est par conséquent assez difficile d'en extirper chaque note.  C'est plus une sensation globale qu'il offre,  de rhum ambré-tabac-miel-fruits rouges et vanille, à la fois mixte et terriblement sensuel, gourmand, sans tomber pour autant dans l'effet habituel (complètement dissuasif à mon nez) du cocktail patchouli, sucre et fruits rouges, bien qu'il contienne pourtant  précisément ces trois notes. 

Dur, donc,  de le décrire, mais pour moi Back to Black, ce sont des notes épicées, de cannelle, safran et cardamome qui viennent s'enrouler autour de ce tabac miellé,  amandé, tandis que se dessine  peu à peu sur la peau cette note un peu "framboise" qui m'avait rebutée un an plus tôt.  Mais en fait elle s'harmonise plutôt bien avec l'ensemble de la composition, puisqu'elle pousse ce "tabac blond" vers le narguilé, loin des références fruitées mièvres que l'on sent fréquemment dans le "mainstream".  De la vanille et du benjoin achèvent de donner un tour oriental et sensuel au parfum, qu'équilibrent des notes boisées de patchouli, et de cèdre,  entre autres,  afin de l'empêcher de se vautrer dans l'ultra gourmand indigeste.  Le fond peut évoquer, parfois,  le cacao en poudre, bien que je ne ressente pas systématiquement cet effet.  Ce fond cacaoté donnerait plutôt une sensation de velours, assez agréable, comme j'ai pu le lire sur d'autres blogs. Et, pour ne rien gâcher, la tenue est excellente.




lundi 27 septembre 2010

Résonances entre deux arts, la musique et le parfum.....

C'était le thème de la conférence à laquelle j'ai pu assister jeudi soir à la Société Française des Parfumeurs, en compagnie de Juliette de Poivre Bleu, mais aussi de  Denyse de Grain de musc et d'Octavian Coifan, qui en a d'ailleurs fait un compte rendu sur son blog. L'idée n'est pas ici de relater à mon tour cette soirée, mais cela m'a donné l'idée d'une sorte de jeu. 

En effet, Annick Le Guérer, auteur du beau livre Si le Parfum m'était conté et de nombreux autres ouvrages sur le thème du parfum,  Dominique Ropion, nez qu'il n'est plus nécessaire de présenter, et Marie Anouch Sarkissian, musicologue de talent qui a notamment développé une thèse sur les relations d'Edmond Roudnistka avec la musique, nous ont tous les trois livrés un exposé mettant en relief les rapports entre la musique et le parfum. 

Ce fût l'occasion d'écouter de très beaux morceaux, (notamment de Claude Debussy),  comme par exemple le Prélude pour piano "Feuilles mortes" s'inspirant de l'odeur des sous bois après la pluie. Avec certes, moins de connaissances en la matière, et moins de temps passé à étudier le sujet, nous tissons tous, malgré tout, des liens imaginaires, des parallèles entre ce que nous sentons et d'autres univers. Certaines odeurs peuvent par exemple nous renvoyer à des couleurs. Et c'est aussi bien sûr le cas pour l'univers musical. Certains parfums, comme certains morceaux peuvent tout aussi bien exprimer la sérénité ou la sensualité par exemple. 

Aussi, je me demandais, si vous autres, internautes passionnés, reliez, consciemment ou non, certaines senteurs, certains parfums à une chanson, un morceau de musique classique ou même, plus largement, à un univers musical (rock, soul, voire hip hop, allez soyons fous ...).

Si l'on peut relier par exemple One million et son pendant féminin aux morceaux navrants que l'on qualifie de Rn'B aujourd'hui, on peut tout aussi bien se laisser bercer par les effluves de l'Heure bleue en écoutant Lullaby de The Cure (évocation toute personnelle, nous sommes bien d'accord). Les volutes sensuelles, voire sexuelles de Musc ravageur me renverraient volontiers à un morceau tout aussi licencieux comme celui de Hell around the corner, (Tricky). J'écouterais  bien une chanson liée à l'été ou au soleil en portant Songes, tandis qu'Havana Vanille s'accorderait tout à fait à une musique cubaine. Et vous?  A quels morceaux reliez-vous certains parfums ou des matières premières?

mardi 21 septembre 2010

Kiss me tender, parfums Nicolaï, héliotrope romantique.

Douceur, romantisme et dégradé de pastel.... autant de mots qui me viennent à l'esprit lorsque je sens le dernier-né de la maison de Nicolaï.  Centré autour de la fleur d'héliotrope, dont l'élément de synthèse  est l'héliotropine,  découverte en 1868, que l'on utilise en parfumerie puisqu'on ne peut extraire directement l'odeur de la fleur,  ce Kiss me tender est une sorte de gourmandise légère, qui m'évoque un peu le sucre glace des patisseries auquel on aurait ajouté un peu de fraîcheur en tête. 


De même que lorsque l'on sent l'héliotropine seule, il y a dans Kiss me tender ce zeste de fraîcheur en tête associé à des notes amandées et poudrées qui caractérisent l'héliotropine. On note dans la composition de la fleur d'oranger et du jasmin, mais j'avoue que ces notes florales ne sont pas très présentes sur ma peau. J'y  perçois bien un soupçon de fleur d'oranger mais ce sont surtout des notes de cannelle et de vanille qui s'annoncent, m'évoquant un peu l'odeur du spéculoos. 

C'est un peu comme si le dégradé de couleurs pastel évoluait vers un ensemble plus doré. La facette amandée se fait alors plus vanillée, sans tomber pour autant dans quelque chose d'hyper calorifique. D'un bout à l'autre de son évolution,  Kiss me tender reste  une gourmandise tout en finesse, sans lourdeur aucune. En effet, la nature amandée de l'héliotropine est équilibrée ici par la présence de notes florales, même si elles ne dominent pas, qui évitent ainsi  l'overdose de sucre. En outre, la texture de ce parfum a quelque chose de léger qui ajoute à ce sentiment de douceur et de subtilité.


En conclusion,  Kiss me tender se situe pour moi à mi-chemin entre la douceur poétique et romantique d'Après l'Ondée et les charmes sucrés-sexy de Louve, de Lutens.

mardi 7 septembre 2010

Songes, un peu de soleil dans un ciel gris.

Dans l'attente de pouvoir sentir plusieurs nouveautés qui me font de l'oeil (minuit noir de lolita lempicka, sensuous noir d'estée lauder ou encore la déclinaison plus vanillée de Shalimar), j'ai eu envie de revenir sur un de mes chouchous, Songes, d'annick Goutal, espérant ainsi ramener un peu d'été indien en cette grisaille parisienne.

Par un étrange hasard j'ai eu un coup de foudre un samedi après-midi pour ce parfum, pour découvrir en rentrant chez moi, que grain de musc venait juste de lui consacrer un article le jour même. Heureuse coïncidence? Toujours est-il que depuis un an je ne me lasse pas de ces délices exotiques composés de fleurs blanches et de vanille, et que si je ne me parfume pas précisément dans ce but, c'est néanmoins celui qui me vaut le plus de compliments. 

En effet, la première chose qu'évoque Songes, c'est le monoï, les vacances, la peau chauffée au soleil sur une plage à l'autre bout du monde... Pas étonnant qu'il plaise autant donc, puisqu'il renvoie à une image communément positive pour tout un chacun. Pourtant quand on le porte souvent et qu'on l'analyse un peu, ce n'est pas une simple odeur de monoï qu'il dégage. Sa première bouffée jasminée est un vrai plaisir, qui laisse  deviner une autre brassée de fleurs blanches saupoudrée de vanille. 

C'est la fleur de frangipanier et la  tiaré, en annonçant le coeur du parfum, qui donnent cette touche si exotique à Songes, car en effet, pour qui en a déja respiré sous les tropiques, l'effet est saisissant.  Je pense qu'à ces fleurs blanches s'ajoute sans doute de la tubéreuse même si elle ne figure pas dans la pyramide olfactive, du moins pour l'eau de toilette, qui a des accents verts, contrairement à l'eau de parfum, plus sucrée, plus ronde, un peu plus "grasse" aussi.  Car ce n'est rien de dire que Songes est un parfum à texture crémeuse, très enveloppant, notamment grâce à l'ylang-ylang, qui vient arrondir ce beau bouquet de fleurs blanches, avant de se fondre dans une belle note vanillée. Celle-ci ne fait qu'enrober de sensualité un parfum déja très charnel, envoûtant. 


Ce coeur s'épanouit sur un fond à la fois ambré et sucré, équilibré par une touche boisée, grâce à l'encens, le santal et le vétiver, qui l'empêche de tomber totalement dans un effet "monoï", trop gourmand.  Songes est un vrai délice à porter, car il se prête magnifiquement aux températures estivales, mais il ajoute un peu de chaleur et de bonne humeur en hiver, d'ailleurs son sillage y ressort tout aussi magnifiquement. Pour bien faire, je dirais que l'idéal est de porter l'eau de toilette l'été, qui, avec son petit côté vert l'allège un peu, et d'opter pour l'eau de parfum l'hiver, plus capiteux, plus enveloppant. 

jeudi 2 septembre 2010

L'eau Duelle de Diptyue....

Retrouvez mon article sur l'Eau Duelle de Diptyque sur le site d'Osmoz!

mercredi 18 août 2010

Love, de Chloe: quand poudré rime avec modernité ...

La description de la dernière nouveauté de chez Chloe m'avait mis l'eau à la bouche: un poudré remis au goût du jour, en effet,  il ne m'en fallait pas plus pour attendre impatiemment sa sortie. Au final, je ne sais pas si c'est un parfum que je porterais, mais en tout cas je m'avoue assez séduite par l'esprit de cette création. 

Directement inspiré des poudres de riz et notamment de la célèbre poudre de Coty, de cet effet "talc", qui peut paraître daté ou ancien aux yeux de certains, Love de Chloe n'en est pas moins un parfum plutôt sexy qui trouvera son public j'en suis sûre.  Il m'évoque un chassé croisé de plusieurs parfums en fait: un peu de Lipstick rose de Frédéric Malle pour le côté poudré/cosmétique mais néanmoins vif,  jeune, un peu d'Ombre Rose de Jean Charles Brosseau, le parfum "poudre de riz" par excellence,  un peu de Rahat Loukoum de Lutens pour le côté amandé gourmand mais tout en finesse...Bref des références plutôt sympathiques en somme. 


Les premières notes de Love m'évoquent donc cet effet cosmétique que l'on retrouve également dans Drôle de Rose de l'Artisan Parfumeur. Cette senteur très poudrée, où l'on sentirait presque de la rose et de la violette, même  si elles n'apparaissent pas dans la composition. En fait Love n'est pas doté de ces deux notes, mais c'est un effet, une sensation que provoque ce parfum, en raison de cette dimension très cosmétique, un peu rétro, parce qu'il s'apparente à ces floraux poudrés très féminins qui, souvent, en contiennent. Sauf que très rapidement c'est la fleur d'oranger qui s'impose, pour donner un côté moelleux au parfum, plus sexy aussi, plus aguicheur.

Une fleur d'oranger crémeuse, suave, assortie d'un beau bouquet de fleurs, composé entre autres de lilas, de jacinthe et de glycine d'après la composition, auquel vient s'ajouter l"iris, évidemment, comme dans de nombreux parfums poudrés. Mais c'est surtout l'héliotropine que l'on devine, sous ce bouquet floral, et qui donne cet effet poudre de riz au parfum. Il est même possible que cette sensation ronde, rassurante et légèrement amandée soit accentuée par la présence de coumarine, même si celle-ci ne figure pas dans la composition officielle de Love.

Les notes de fond me semblent moins perceptibles, peut-être parce que la tenue est moyenne, peut-être parce qu'elles sont tout simplement plus en sourdine.  Love s'alanguit sur un fond musqué,  (muscs blancs), doux, sans doute enrichi d'une pointe de vanille, qui prolonge cet aspect talc et poudré, douillet. A mon sens, la force de ce parfum est d'allier ces notes poudrées, au charme rétro, à quelque chose de moderne, pimpant et sexy.

jeudi 5 août 2010

Des nouveautés chez Différentes Latitudes, (suite).

Après Amouage, c'est au tour de Frapin de nous mettre l'eau à la bouche à la rentrée, ou plus exactement en octobre.   On connaît avant tout Frapin pour le cognac, mais Différentes Latitudes a permis à cette marque de s'exprimer également dans le domaine du parfum (dont l'oenologie  n'est  finalement pas un art si éloigné) et de développer des fragrances mettant en valeur les étapes de la création du cognac en senteurs. C'est ainsi qu'on doit à la marque Frapin le parfum 1272, un oriental boisé, ou encore l'Humaniste, plus hespéridé/arômatique, entre épices et agrumes.


Le prochain parfum de Frapin se nomme Les Ailes du Désir, un bien joli nom que servira un très beau flacon d'après les descriptions qui m'en ont été faîtes, bien que je ne l'aie pas encore vu. Créé par Bertrand Duchaufour, on retrouve l'esprit rhum arrangé en ouverture qui caractérise celle d'Havana Vanille, sauf qu'ici, la première idée qui m'est venue à l'esprit serait celle d'un rhum arrangé au pruneau plutôt qu'à la vanille. L'univers liquoreux est  donc d'emblée bien présent  avec cette absolu de rhum, pour évoluer vers quelque chose de très charnel, qui colle bien au nom de la fragrance. 

Doté également d'une facette florale, peu présente sur ma peau lors de l'essai sur le poignet, plus évidente sur touche en revanche, composée apparemment de rose et de jasmin, le parfum prend doucement une dimension ambrée, annoncée par des notes d'épices qui apportent chaleur et caractère au parfum.  On perçoit également beaucoup d'accents boisés dans l'évolution du parfum, dont je  ne connais pas la composition exacte, mais sans doute du ciste labdanum, qui donne cette chaleur ambrée au parfum,  et peut-être aussi du cèdre et du patchouli.  Le tout donne quelque chose de très sensuel, enivrant, qu'il me tarde de réessayer plus longuement sur la peau. Le parfum s'épanouit également sur une note cuirée, (décidément le cuir est à l'honneur cet automne), qui se mêle harmonieusement au fond ambré et boisé du parfum. J'ai pour habitude de tester plusieurs fois un parfum avant de craquer ou de m'en faire un avis définitif, mais, en tout cas, au premier essai, j'ai presque eu un coup de foudre!


D'autres nouveautés vont enrichir la gamme de produits que propose Différentes Latitudes, à savoir les parfums Odin, du concept store new-yorkais éponyme. Distribuée  jusqu'ici  qu'à New York, cette marque   a déja sorti 3 parfums, Nomad, Owari et Century,  que l'on retrouvera en France, à la rentrée, mais aussi leur tout dernier, Petrana. Cette quatrième fragrance sera articulée autour de l'accord iris-violette.






vendredi 30 juillet 2010

Des nouveautés chez Différentes Latitudes

L'été et la rentrée s'annoncent prometteurs chez Différentes Latitudes, tant du côté d'Amouage  que de celui de Frapin. Ce distributeur de marques originales et créatives, que l'on retrouve essentiellement aux Galeries Lafayette, au Bon Marché et chez Colette sur Paris a su rapidement se faire aimer des perfumistas . Ceci grâce, entre autres, à un accueil éclairé et sympathique de son personnel sur les points de vente, mais aussi grâce à un choix de produits judicieux, qu'il s'agisse de redonner ses lettres de noblesse à une marque jadis prestigieuse (Piguet) ou de nous faire découvrir un univers jusqu'ici inaccessible tel que les créations d'Amouage. 

C'est  d'abord avec cette marque du sultanat d'Oman  que l'on retrouve de belles nouveautés, avec un opus de 3 parfums, qui, même s'ils ressemblent à une édition limitée, sont à priori censés rester au catalogue. Cet Opus I, II, III, a pour vocation de lier l'idée du livre et de la musique au parfum. Présentés un peu sous la forme d'un  volume de bibliothèque, ces parfums renvoient aussi à  la musique, référence au directeur artistique de cette marque, Christophe Chong, également chef d'orchestre reconnu à Londres. 


L'opus I est un chypre, qui me paraît plus clair, plus aérien que Jubilation 25.  Créé par Daniel Maurel, il s'ouvre sur des notes de bigarade, prune et cardamome, et évolue sur un coeur composé  de ylang ylang  et de tubéreuse, (assez présents je trouve), de jasmin, de rose et de muguet. Il s'épanouit ensuite sur du papyrus, cèdre, du gaiac, des graines de tonka, du vétiver, et d'encens argenté. En effet, ce dernier élément, belle matière première issue de l'Oman, signe un peu les créations d'Amouage, de la même manière, que l'oud est caractéristique  de la maison Montale.  Ce n'est pas ma famille de prédilection, mais j'ai trouvé ce chypre très beau, véritablement mixte, assez doux, lumineux.

Le deuxième opus, composé par Michele Saramito,  est une fougère, de facture assez classique, bien que de forts accents épicés viennent en relever la composition. En effet, des notes de poivre et de baies roses entourent la lavande en tête, sans oublier la cardamome en coeur que l'on sent d'emblée assez présente.  A ce coeur s'ajoutent également du jasmin, de la rose et de la cannelle, avant que cet opus II ne poursuive son évolution sur un fond de patchouli, cèdre, ambre, et muscs, sans oublier ce  fameux  encens argenté. Associé aux notes boisées, il  apporte une certaine profondeur au parfum , qui reste bien présent  sur touche,  après plusieurs jours. Cet opus me semble plus masculin, même s'il n'est pas toujours bienvenu de sexuer les parfums.

Le dernier opus est un floral oriental  créé par Karine Vinchon Spehner, qui m'a assez surprise avec ses notes de mimosa et de violette, que je ne m'attendais pas  forcément à retrouver dans l'univers d'Amouage.  C'est d'emblée plus l'aspect floral du parfum qui saute au "nez" que les notes orientales. Comme dans les autres parfums de la marque, on perçoit cette richesse des matières premières, cette opulence qui  donne à ces créations ce quelque chose des grands classiques qui ont marqué le 20ème siècle.  Or les notes poudrées du mimosa et de la violette associées  à l'oeillet (eugénol?) viennent accentuer cet effet. D'un autre côté,  la forte présence de violette apporte une touche dynamique au parfum,  une certaine vivacité. Cet opus III se compose également de jasmin, ylang ylang et fleur d'oranger en coeur, avant de s'alanguir sur un fond doté d'ambrette, de muscs, papyrus, cèdre, santal, gaiac, benjoin et vanille. Sur touche, on perçoit un fond en effet plus oriental, où semble dominer le benjoin.

A noter qu'il sera également possible de retrouver un beau coffret de bougies autour du thème de l'oud, ainsi qu'une très belle bougie assortie au parfum  Gold.

A partir de 275 euros le flacon, ces nouveautés sont disponibles sur le stand de Différentes Latitudes aux Galeries Lafayette dès la fin du mois de Juillet.

J'évoquerai les autres nouveautés dans un prochain article afin de ne pas surcharger ce post.

(Nb:   Merci à David Frossart pour la découverte de ces nouveautés.  Impressions d'après touches parfumées et informations d'après le dossier de presse. )



vendredi 23 juillet 2010

Shalimar: je t'aime moi non plus.

De la même  manière que beaucoup de petites filles ont un jour rêvé d'emprunter le maquillage de leur mère ou leurs talons aiguilles, moi j'ai toujours rêvé de porter Shalimar. En effet, cela m'apparaissait comme une évolution logique de ma quête parfumée, non seulement parce que j'étais sensible aux volutes vanillées d'Habanita, mais aussi parce que Guerlain était une référence en terme de parfums, qu'il s'agisse de ma découverte récente de l'Heure bleue, ou  du goût de ma mère pour Samsara et Après l'Ondée.  Vous me direz, pourquoi oser porter Habanita à 14 ans mais pas Shalimar? Je ne sais pas,  peut-être que ce dernier m'impressionnait, me paraissant plus Femme. 



Si l'on ajoute à cela que son flacon me faisait rêver, sans parler de la beauté de ce nom, (véritable ôde à l'amour), ce n'est rien de dire que  j'attendais impatiemment d'avoir la petite vingtaine pour porter Shalimar. Mais, malheureusement, lorsque je me sentis en âge de le faire, je ne retrouvais  pas le sillage envoûtant  que je sentais sur les autres.  Ce n'est pas faute d'avoir persévéré pourtant, grâce à un beau flacon sucrier que je reçus en cadeau, une eau de toilette, qui, c'est vrai, me paraît un peu plus belle que l'actuelle, (plus profonde, où  l'on percevrait presque quelques accents cuirés), bien que je ne porte pas assez fidèlement Shalimar pour déceler nettement  les éventuelles reformulations que l'on lui prête.



Pendant près d'un an, je le portais en alternance avec d'autres parfums, m'obstinant,  mais le fait est que c'est  un des rares parfums qui ne me valut aucun compliment, sans compter qu'il avait parfois tendance à me donner la migraine. J'aurais pu supporter cela si je m'étais sentie entourée de ce hâlo sensuel et subtil, rond et vanillé, délicieusement équilibré tel qu'on le connaît, mais non, sur moi je ne sentais qu'un mélange de bergamote, citron et opoponax, lourd,  voire un peu agressif.  Un effet "peau de chamois" comme je l'ai déja lu quelque part, sec voire un peu aigre.  C'est pourquoi je le laissais tomber peu à peu, résignée par le fait  que l'alchimie avec ma peau ne devait tout simplement pas fonctionner, retournant avec délices à mon Heure bleue et autres trésors parfumés.  Et c'est vrai, on lit souvent que Shalimar évolue beaucoup d'une peau à l'autre, ceci expliquant peut-être cela.

Depuis, je réessaie régulièrement de le porter, guettant les réactions de mon entourage, essayant de me concentrer pour ressentir la fameuse magie de ce parfum, le plus souvent sans succès.  J'ai tout essayé, extrait, eau de parfum, eau de toilette, crèmes  et autres dérivés, mais rien à faire, le charme n'opère pas. Mon copain, pourtant  sensible aux beaux orientaux vanillés,  semble à chaque fois dubitatif, et une amie, qui sans être passionnée, connaît assez bien les classiques de Guerlain, m'a même dit  un jour: "Tiens c'est marrant, je l'aurais pas reconnu sur toi,  Shalimar".  Seule ma mère persiste à me dire que "j'hallucine", et qu'il sent tout à fait normalement sur ma peau. Mystère, donc. C'est d'autant plus frustrant que c'est probablement un des parfums qui me transporte le plus lorsque je le sens par hasard au détour d'une rue. 


Alors hier, j'ai encore voulu tenter l'expérience. Mais cette fois, j'ai profité d'une journée zen, où je prenais le temps de le découvrir par toutes petites touches d'extrait, et d'un peu d'eau de toilette sur les vêtements.  Une journée calme, où j'étais d'humeur lente, comme pour profiter de chaque évolution de Shalimar. Une journée non ponctuée par des impératifs de travail ou quelconque forme de stress, plutôt sous le signe de la  "dolce vita". C'est curieux, de la même manière que certains états prédisposent aux rencontres amoureuses par exemple (une certaine disponibilité de l'esprit notamment), il semble que certaines humeurs prédisposent aux rencontres parfumées.  Car, hier, enfin, j'ai pu me laisser bercer par la sublime musique de Shalimar, savourer doucement chaque note des délicieuses effluves qu'on lui connaît, sur ma peau.  J'ai enfin retrouvé cet  équilibre subtile entre les notes de têtes hespéridées, et ce fond vanillé, un peu animal, tout en étant poudré grâce à l'iris en coeur. Cette vanille, non écoeurante ou alimentaire, très élégante,  majestueuse, soutenue par l'opoponax,  et relevée de notes très légérement cuirées en fond, d'une féminité absolue et d'une sensualité frôlant l'érotisme.  J'ai beau apprécier toute une foule de parfums orientaux aux accents vanillés,  on ne peut nier que Shalimar a ce petit quelque chose en plus, comme le petit truc qui distinguerait  une Marilyn de centaines d'autres blondes pulpeuses par exemple.

Ce n'est pas pour autant  que je  vais porter Shalimar tous les 4 matins, contrairement à l'Heure Bleue, pourtant très complexe, mais dans lequel je me sens immédiatement bien comme on peut l'être dans son jean préféré. Non,  Shalimar est un parfum que je réserverai pour certains moments, mais je suis contente d'en avoir au moins, pour une fois, saisi la magie.

lundi 12 juillet 2010

Or des Indes, de Maître parfumeur et gantier: habanita de bonne famille

C'est certes une interprétation toute personnelle, mais ce bel Or des indes de MPG m'évoque un Habanita un peu assagi, un Habanita qu'on aurait coiffé de collier de perles et qui aurait reçu une éducation plus stricte.

Pourtant, on le décrit bien volontiers comme le Shalimar de cette marque, ou comme un mélange de celui-ci et de l'Heure bleue, mais c'est vraiment à Habanita qu'il me fait le plus penser, en moins tabac cuiré et encore plus poudré.

Avec un départ un peu "savon à l'ancienne", cet Or des indes dévoile néanmoins rapidement ses cartes, puisqu'on sent nettement l'évolution ambrée vanillée que le parfum va prendre.  En effet, les notes de lavande, de géranium et de bergamote en tête laissent assez vite place à un coeur dense épicé et vanillé. Or des indes a quelque chose de compact, dont il est difficile de démêler chaque note, mais  il semble que l'oppoponax soit une des majeures composantes de ce parfum. On en trouve également dans Shalimar et c'est sans doute pour cette raison qu'on le compare souvent à ce dernier.  Cet oppoponax se pare ici de notes épicées, notamment la canelle je pense, même si elle n'apparaît pas dans la pyramide olfactive. 

Mais si l'oppoponax est bien présent, c'est avant tout la vanille qui règne en maître dans ce parfum aux résonnances lointaines et orientales. Elle est ici enrichie de notes poudrées, qui lui apportent autant de douceur que d'élégance, mais aussi d'accents boisés, tel que le santal,  notamment en fond. Cet Or des Indes s'étire longtemps sur un fond baumé, ambré, addictif. Sensuel, il l'est pourtant de manière moins débridée qu'Habanita. Il lui ressemble certes beaucoup avec sa vanille, ses notes boisées et poudrées, mais plus en retenue. Peut-être parce qu'on sent moins ce côté "garçonne", inhérent à la création  d'Habanita, et qui lui donne ce petit quelque chose d'un peu canaille, dont Or des Indes est dépourvu. 

Mais cette création de MPG n'en reste pas moins très belle, avec ses connotations exotiques,  censées évoquer l'opulence des Palais des Maharadjas, source d'inspiration.

mardi 29 juin 2010

Développez votre Cinquième Sens!

 Cinquième sens, (en hommage au sens olfactif, vous l'aurez compris), est un organisme qui permet aux amoureux du parfum d'approfondir leurs connaissances. Qu'il s'agisse d'une journée découverte pour s'initier aux plaisirs du parfum ou de suivre un cursus de formation lorsqu'on n'a pas fait l'ISIPCA afin de se réorienter professionnellement, cette école propose différents stages pour toutes les envies. 

J'avais déja eu l'occasion de découvrir l'école en elle-même et une partie de l'équipe de formation  lors d'un petit déjeuner sur le thème "Parfum, personnalité et image", comme Cinquième Sens en donne régulièrement. C'est grâce à un cadeau d'anniversaire que j'ai pu mieux la découvrir puisqu'un parcours "Orgue du parfumeur" m'a été offert en février dernier. 

L'occasion, outre le fait de sentir de nombreuses matières premières, d'en apprendre plus sur Cinquième Sens. Fondé par Monique Schlienger (parfumeur créateur qui a appris son métier auprès de Jean Carl et à qui l'on doit entre autres l'Eau du Ciel) en 1976, assistée d'Isabelle Ferrand, cet organisme était destiné aux personnes qui n'ont pas suivi d'études de chimie d'accéder aux métiers de la parfumerie. En effet, convaincue que le fait d'être un bon nez ne passe pas forcément par des connaissances scientifiques mais plutôt par la sensibilité, le sens artistique, Monique Schlienger décide alors de proposer une nouvelle méthode de formation olfactive à travers la fondation de Cinquième Sens.

Aujourd'hui cette école s'ouvre donc aussi bien aux personnes souhaitant travailler dans l'univers de la parfumerie qu'aux particuliers curieux d'en savoir plus sur leur passion. Il est donc possible de s'initier aux joies du parfum grâce à l'Orgue du parfumeur et un atelier de création,  comme de suivre un perfectionnement olfactif en travaillant sur chaque grande famille, ou encore de creuser plus à travers un stage sur les différentes matières premières par exemple.


Lorsque je me suis rendue chez Cinquième sens au mois de mai, nous n'étions que deux pour l'atelier, ce qui nous a permis d'approfondir un peu mieux le travail sur les matières premières. Avant de commencer à sentir différentes essences ou matières de synthèse, nous avons étudié le système olfactif, de la physiologie de l'odorat, au lien entre le sens olfactif, la mémoire et les émotions.  Vient ensuite le portrait chinois d'une odeur, (à partir d'ici de l'héliotropine, puis de l'aldéhyde), que l'on décrit selon qu'elle nous évoque une couleur, une musique, un lieu....C'est assez amusant de constater les différences de perception de chacun  et cela permet de voir aussi, à travers ce que peut faire ressentir une matière, ce qu'elle peut apporter au parfum lors de sa création.

Nous entrons ensuite un peu plus dans le vif du sujet, de l'origine des différentes matières premières (comme par exemple la bergamote qui vient d'Italie), à  leur mode de fabrication.  Enfleurage, (méthode qui n'est presque plus utilisée de nos jours), distillation à la vapeur d'eau, extraction au Co², expression pour les agrumes, mais aussi procédé de fabrication des matières premières synthétiques. En effet, j'ai remarqué que les ateliers semblent de plus en plus mettre l'accent sur les matières synthétiques, probablement en raison de la paranoïa actuelle qui pousse les clients de parfumerie à demander frénétiquement si tel parfum se compose bien à 100 %  de matières naturelles, comme si celles de synthèse étaient dangereuses. A mon avis les différents cursus d'initiation veulent affirmer le message comme quoi les matières synthétiques sont nécessaires, que sans elles,  la parfumerie moderne n'existerait pas.  En effet, sans aldéhydes, le N°5 n'aurait pas vu le jour. 

En étudiant les différentes matières de synthèse,  on apprend  que certaines proviennent de plantes ou de matières premières naturelles (comme par exemple la coumarine, issue de la fève tonka), que d'autres sont uniquement le fruit d'une innovation scientifique,  (comme notamment les notes marines,) sans oublier les reproductions. En effet, il existe certaines fleurs dont on ne peut extraire l'odeur, donc on les reproduit, ne serait-ce que le muguet par exemple.  Je ne vais passer en revue tout ce que l'on apprend ici, sinon ce serait dévoiler tout l'atelier. 


L'orgue du parfumeur s'achève sur  la pyramide olfactive d'un parfum, c'est d'ailleurs l'occasion de comprendre pourquoi on représente la composition d'un parfum de cette manière. Petit plus,  pour ceux qui ont l'ont choisi lors de l'inscription:  repartir avec un olfactorium pour continuer l'entraînement chez soi. Il vous est également possible d'opter aussi pour un "atelier de création" qui s'enchaîne dans la même journée, pour parfaire votre incursion dans cet univers.

De nombreux autres stages chez Cinquième sens, vous attendent ici, si cela vous intéresse.


jeudi 24 juin 2010

Nuit Noire, de Mona Di Orio.

Il y a longtemps que le fameux Nuit Noire de Mona di Orio m'intriguait, ayant lu de très bons avis  sur auparfum.com,  à la différence de ceux de Luca Turin, qui dans son guide, assassine toutes ses créations.  Je trouve ça curieux, car en effet, sans avoir testé de manière approfondie tous les parfums de Mona di Orio, la plupart semblent empreints  de ce charme vintage du début du siècle, notamment Nuit Noire.  Je crois que Jeanne d'au parfum le décrivait comme "tout droit sorti du laboratoire d'Aimé Guerlain" et c'est en effet la sensation que cette création donne: de la densité, de la complexité et de belles matières premières associées à quelque chose d'animal. 

Cette animalité saute d'ailleurs au nez dès les premières minutes lorsqu'on vaporise le parfum.  Cette impression un peu "violente" m'avait d'ailleurs plus marquée sur touche, car elle se fait plutôt furtive sur peau. Certes le parfum garde cette dimension animale tout au long de son évolution, mais les premières notes  sont un peu "criardes", acides, et peuvent surprendre, d'autant plus qu'elles laissent percevoir la présence de civette  (ou un équivalent moderne) dans la composition. Le départ est pour le moins original, avec sa dose d'agrumes articulés autour de la fleur d'oranger. C'est d'ailleurs peut-être  l'orange guinnée  qui  contribue à donner ce départ inhabituel au parfum, (qui ne s'apparente pas à quelque chose d'hespéridé classique). Ceci d'autant plus qu'elle est associée à la cardamome, comme pour annoncer la dimension épicée du parfum, qui finit d'achever cette sensation un peu violente des notes de tête.  Mais ce sentiment s'estompe plutôt vite finalement, tandis que la fleur d'oranger continue de s'imposer au coeur de l'évolution du parfum.


Cet élément central est d'ailleurs bien choisi puisque Nuit Noire, (outre un hommage à Serge Lutens)  se veut aussi une ôde aux  nuits tunisiennes. En effet, passées les notes de tête, la fleur d'oranger domine toujours mais  s'accompagne d'autres fleurs blanches, telles que le jasmin semble-t-il, ou encore la tubéreuse d'après la pyramide. A ce stade, le parfum s'adoucit nettement, pour laisser place à une texture veloutée, toute en rondeur, féminine à souhait. Des épices viennent tout de même troubler cette sensation de douceur, notamment le clou de girofle, qui pourrait presque évoquer l'oeillet ici, contribuant à apporter ce charme un peu vintage au parfum. D'autres épices relèvent un peu le coeur, comme la cannelle et l'oliban, qui apportent cette dimension orientale, d'autant plus qu'ils s'associent peu à peu à une facette boisée. Sur ma peau le cèdre est très affirmé au côté de la fleur d'oranger, mais on note également du santal dans la composition. Tout ce coeur dense donne quelque chose d'à la fois doux et chaud, toujours empreint de cette touche animale qui s'étire sur le fond.

Malheureusement sur ma peau je ne distingue pas trop l'accord ambré promis dans les notes de fond, mais en revanche je sens nettement un fond très musqué,  doux, mais charnel. Si la fêve tonka est présente, les notes cuirées ne s'affirment pas vraiment non plus, tandis que persiste longtemps, très longtemps, cette base musquée, animale, dans la veine des grands classiques du début du siècle. En effet Nuit Noire tient très bien, en plus d'un sillage enveloppant.

Un  beau parfum en somme, doté d'une belle évolution, d'un caractère certain, qui peut plaire ou déplaire mais pas laisser indifférent.

A noter que si  Mona Di Orio consacre ici un hommage à Serge Lutens, c'est avec Edmond Roudnitsa qu'elle a fait ses classes. Vous pouvez notamment découvrir la totalité de ses créations à la boutique Marie Antoinette, dans le Marais, place Sainte Catherine.


jeudi 17 juin 2010

Jeu Concours Ego Facto

Il y a un peu plus d'un an maintenant, nous avions l'occasion de découvrir la gamme Ego Facto dans les boutiques Marionnaud. Il s'agissait d'une série de 7 parfums différents, qui avaient vocation à proposer une autre vision de la parfumerie mainstream. Audace et création étaient à l'honneur, tout en offrant un prix accessible.  Jamais le dimanche, innovant avec une touche de marijuana dans sa composition,  a d'ailleurs été primé aux Fifi awards en avril dernier. 
Pierre Aulas, le créateur de cette gamme, conseiller olfactif pour de grands groupes, et notamment Mugler pour qui il a travaillé sur le projet Womanity, vous propose de redécouvrir Ego Facto et de gagner à cette occasion un an de parfum "Déclaration d'Ego".

Le principe? A partir d'aujourd'hui et ce jusqu'au 28 juin, il s'agit de rédiger une déclaration d'égo. Les 5 meilleures déclarations pourront bénéficier d'un an parfumé avec une dotation de 5 eaux de parfums, tandis que les cent suivantes profiteront chacune d'un vaporisateur découverte de 10 ml. 

Vous pouvez redécouvrir les 7 parfums ici et faire votre déclaration

Les vainqueurs seront prévenus personnellement et les résultats affichés sur le site d'Ego facto à compter du 5 juillet prochain. 

Bonne chance!

mardi 15 juin 2010

L'atelier Secrets de parfum par Elisabeth de Feydeau....

Dans le cadre des Ateliers Mugler, il est possible d'assister à "Secrets de parfums" animé par Elisabeth de Feydeau. Tous les ateliers que l'on peut y suivre sont passionnants pour qui aime le parfum, mais j'avais envie d'attirer l'attention sur celui-ci en ce qu'il offre une approche vraiment originale de cet univers. 


Cet atelier permet d'envisager le parfum d'un point de vue historique et sociologique. Des origines du parfums dans l'Antiquité, à la "dictature" actuelle des notes gourmandes, Elisabeth de Feydeau retrace plus de deux mille ans d'histoire parfumée. Vous y apprendrez la naissance des senteurs à travers l'idée du sacré et de la religion, l'idée de soin, d'apaisement, aussi bien que l'essor des colognes à la cour des rois.  C'est également l'occasion de revoir les origines de la parfumerie moderne avec la création de Jicky, et la multitude de  grands classiques qui ont traversé le vingtième siècle. Vous pourrez d'ailleurs , pour votre plus grand plaisir, en sentir quelques uns afin d'illustrer les propos d'Elisabeth de Feydeau. Et c'est bien sûr, enfin, une belle façon de faire un point sur l'univers du parfum en ce début de troisième millénaire.


A noter que plein d'autres thèmes à explorer vous attendent chez Thierry Mugler,  comme par exemple, les coulisses de la création olfactive avec Diane Thaleimer, ou Passion-nez avec Patty Canac, que je vous recommande vivement,  à partir du mois d'octobre prochain. Quant au prochain atelier "Secrets de parfum", il aura lieu le 7 décembre 2010.

Plus d'informations sur le site des ateliers Mugler:  www.ateliersparfums.com

mercredi 2 juin 2010

Parfum vintage: My Sin de Lanvin, (extrait et edt)

J'ai déniché, lors d'une brocante, un petit flacon  d'extrait de My Sin, et je suis tombée depuis sous le charme de ce parfum.  Je me suis ensuite lancée en quête d'une version eau de toilette sur ebay afin de mieux apprécier son sillage  lorsque je le portais. Pour tout avouer, je ne le connaissais pas avant de l'acheter, j'en avais déja entendu parler, or  il m'a semblé sur le coup que cet extrait vintage n'avait pas viré. J'ai donc craqué, bien m'en a pris.... Ce beau floral aldéhydé est de toute beauté et d'une animalité qui n'a rien à envier à certains orientaux. 



Créé en 1924, époque qu'il reflète bien de par la séduction d'un autre temps, entre boudoirs et lingerie fine, il n'a pourtant rien de désuet puisqu'il m' valu quelques compliments. Soyeux, velouté, il  peut évoquer la peau d'une femme, l'extrême féminité, une certaine intimité également qui aurait quelque chose de charnel,  tout en finesse.  C'est à Mme Zed qu'on le doit, femme russe qui l'a créé pour Lanvin parmi quelques autres créations au cours de cette période.




My sin, Mon péché en français, porte bien son nom, tout chaleureux et profond qu'il est. Très aldéhydé en tête, surtout dans sa version edt, d'une tonalité plus claire et lumineuse que l'extrait,  dans laquelle on perçoit d'ailleurs plus la note citronnée et celle de la sauge, il laisse pourtant dès le départ entrevoir une petite touche  dorée, légèrement miellée. Nettement plus présente dans l'extrait, cette touche de néroli/fleur d'oranger (je ne saurais être précise ici),  donne le "la": celui du coeur où le parfum va peu à peu se dévoiler. 




En effet, My sin peut se vanter d'un magnifique coeur floral, composé de rose et jasmin, m'a-t-il semblé distinguer presque uniquement aux premiers tests. C'est au premier d'abord difficile d'en déceler chaque note, surtout dans l'extrait, tant il donne une sensation compacte de matières premières fondues et liées les unes aux autres. En persistant, on y sent très nettement du ylang ylang, qui vient assoir la petite touche dorée du départ. Celle-ci se fait d'ailleurs nettement plus lumineuse dans l'edt.  Pour autant, le parfum à ce stade n'est pas réellement opulent ou narcotique mais plutôt d'une exquise douceur, évoquant une intimité un peu charnelle.  On y perçoit aussi quelques relents épicés, sans doute dûs à la présence de clou de girofle,  tout en gardant quelque chose de très élégant, grâce à l'iris.  D'après sa composition, il semblerait que ce "péché" soit aussi doté de muguet, lilas et jacinthe, moins évidents à mon nez,  si ce n'est peut-être dans l'edt. 


La douceur et la féminité  de la rose et du jasmin s'étire sur un fond  un peu musqué, me semble-t-il, tout en  étant très  animal grâce à  la civette, qui lui donne ce "petit quelque chose" en plus.  La touche légèrement miellée du départ, se prolonge également grâce à la vanille  et au baume du Tolu, présents en notes de fond, ainsi qu'à une touche ambrée, bien que celle-ci n'apparaisse pas dans la pyramide.  Inutile de préciser que cet aspect ne fait qu'ajouter à la dimension sensuelle et captivante de My Sin. Enfin, des notes boisées de vétiver et de cèdre, surtout en edt, viennent achever de donner toute sa beauté et toute sa dimension au parfum.





Rond, séducteur un  peu à la manière du n°5 lorsqu'il était encore doté de ses notes animales en fond,  My Sin semble structuré d'une main de maître, tant à mes yeux c'est une véritable chef d'oeuvre d'un autre temps. Pourtant, je le trouve encore tout à fait portable, surtout si l'on cultive un look plus jeune qui contraste un peu avec. Le seul regret que j'avais tenait à son manque d'ampleur en extrait, dans le sens où il se fait parfum de peau, comme s'il  jouait en sourdine, bien là mais perceptible seulement des proches qui auraient le droit de s'approcher. Ceci n'est pas sans charme, mais j'aime les parfums à sillage, c'est pourquoi le compléter avec L'eau My Sin permet de dégager un peu plus de ses délicieuses effluves.  A noter d'ailleurs que cette eau de toilette est d'une excellente tenue pour  sa concentration, surtout si on la compare à la ténacité des edt actuelles.

lundi 31 mai 2010

Parfums ambrés....

En me promenant dans mon quartier l'autre jour, (alors qu'il faisait ... beau, oui oui), je fus happée par un sillage "doré", qui m'intrigua au plus haut point. Je tournai la tête frénétiquement en me demandant d'où pouvait-il bien venir, ne voyant que peu de personnes dans la rue, si ce n'est une petite personne âgée montant la côte avec lenteur. Ce sillage, chaud, un peu ambré, mais pourtant léger  en ce sens qu'il s'adaptait très bien  aux températures, ne cessait de venir, disparaitre, revenir.. Au bout de dix minutes, je dûs bien me rendre à l'évidence, c'est cette petite grand mère (certes un peu lookée, en y regardant de plus près, pour son âge) qui embaûmait délicieusement la rue de ses effluves... .

Je me résouds donc à lui demander son parfum, et quelle ne fût pas ma surprise quand elle me répondit "Ambre de l'Occitane". Ah bon.  Non pas que je considére les parfums de l'Occitane mauvais du fait qu'ils soient plus accessibles que ceux d'autres marques ou  auréolés de moins de prestige, mais je  ne me souvenais pas d'une telle odeur lorsque j'avais essayé tous leurs produits quelques années plus tôt. Me souvenant du bel article consacré au Labdanum de Séville de la même maison par Méchant Loup, qui m'avait en effet assez plu, je me rendais donc aujourd'hui  très enthousiasmée chez l'Occitane pour tester cet Ambre sur ma peau. 

Malheureusement, sur moi, je n'ai point retrouvé cette odeur délicieuse,  chaude et solaire, légèrement sucrée  mais pas trop, ambrée et à coup sûr empreinte de labdanum que j'avais respirée dans la rue ce jour là. Je ne sais pas si c'est cette dame qui peut se vanter d'une alchimie particulière avec son parfum, ou si c'était tout simplement les notes de  fond que j'ai senties dans la rue, mais la magie n'opère pas sur ma peau, ni sur touche d'ailleurs.

Le départ est très sucré, trop même à mon goût, à tel point qu'il mé'voquerait presque  le côté très gourmand d'Angel. Je pense d'ailleurs que l'Ambre d'Occitane se compose d'un petite touche fruitée en tête qui produit cet effet, probablement associé à un peu de patchouli dans sa pyramide.  Cette eau de toilette évolue ensuite sur un ambre très vanillé, ce qui à la base n'est pas pour me déplaire, si ce n'est cette note très sucrée qui persiste, là où j'avais espéré  plutôt sentir du labdanum très prononcé. Et on en trouve pourtant dans la composition,  mais ce n'est pas la note qui domine en coeur.  Certes le fond est très agréable, la touche sucrée  (un peu cheap à mon nez) s'atténue au profit d'un fond ambré vanillé  mais un peu plus boisé, qui me séduit plus. Malheureusement il m'a fallu attendre bien plus d'une heure pour sentir mon poignet avec délectation.

Je le re-testerai à l'occasion, car il faut toujours plusieurs essais sur peau lorsqu'on découvre un parfum.  Cela m'a  donné envie d'aller sentir à nouveau Ambre Précieux de Maître Parfumeur et Gantier. Il s'agit ici d'un ambre de texture plus "consistante", doté de notes de tête légèrement arômatiques  (peut-être en raison de la lavande présente dans sa structure) qui s'épanouissent vite  sur un ambre chaud,  assez dense.  On y décèle des épices,  (cannelle, noix de muscade), des notes d'encens, qui évoluent doucement sur un fond ambré vanillé, sensation accentuée par les notes de baume du Tolu et baume du Pérou, elles mêmes un peu vanillées. Malgré cet aspect très rond, cet ambre  ne tombe pas dans l'overdose de sucre  grâce aux notes boisées , résineuses et balsamiques, présentes dans sa composition,  qui l'équilibrent à merveille.   En revanche , 'est un parfum qui "se mérite", en ce sens qu'il faut lui laisser un bon quart d'heure pour qu'il dévoile ses charmes, car c'est son évolution qui est très belle, et non les notes de tête pas forcément des plus agréables.

L'ambre Précieux de MPG semble s'inscrire dans la même veine que celui de  l'Artisan Parfumeur,  de par sa rondeur, son aspect onctueux,  tout en étant plus complexe, plus résineux, plus évolutif.... et un peu plus mixte également. C'est un parfum très enveloppant, qui doit être délicieux à porter par temps froid, plein de chaleur et de sensualité. Peut-être un futur coup de coeur pour l'hiver prochain?



mardi 25 mai 2010

Ballade parfumée au coeur d'Opéra...

Certains quartiers de Paris sont de véritables paradis pour les perfumistas, comme par exemple celui d'Opéra. Outre les Galeries Lafayette ou la Scent room du Printemps où l'on retrouve un large choix  parmi les  grandes maisons mais aussi les marques de niches, les alentours d'Opéra et de Palais Royal regorgent de petites boutiques dédiées aux amoureux du parfum. Qu'elles soient plus ou moins connues (de  Serge Lutens à Santa Maria Novella en passant par Jo Malone), la plupart mérite qu'on s'y attarde. 

C'est ainsi qu' il y a environ deux semaines, accompagnée de deux acolytes, nous nous sommes offertes une virée parfum dont le point de départ fut la visite d'Amin Kader, rue de la Paix. Cette très belle boutique distribue les parfums Santa Maria Novella, assez difficiles à trouver dans Paris d'ailleurs. D'un assez bon rapport qualité prix, ces parfums sont principalement connus entre autres pour leur eau de cologne Mélograno,  un joli poudré, pour Musc d'or, un musc solaire et suave,  ou encore pour Peau d'espagne, un cuir qui ravira les adeptes du genre.  Pour ma part, j'ai aussi beaucoup apprécié Tobacco Toscano, un tabac miellé vanillé, tout en douceur. 



Ensuite, cap sur Maître Parfumeur et Gantier, situé à deux pas, rue des Capucines. La responsable de boutique est charmante, disponible et connaît très bien les différents parfums de sa marque. C'est Jean Laporte (à qui l'on doit entre autres le célèbre Mûre et Musc, du temps où il travaillait pour l'Artisan parfumeur), qui a fondé MPG, et l'on sent en effet une certaine filiation dans les créations des deux marques, qu'il s'agisse de l'Ambre précieux, que j'ai beaucoup apprécié et qui m'évoque un peu les belles boules d'ambre de l'AP, ou encore de Fleurs des Comorres, une belle variante sur le thème du défunt Vanilia, à base de vanille, de jasmin et de fleur de frangipanier.  On y retrouve également une tubéreuse, un floral vert au départ hespéridé (bahaïna) ou encore Or des Indes, un joli oriental poudré à mi chemin entre l'Heure bleue et Habanita, même si je lui préfère ces deux derniers. 

Nous nous sommes ensuite rendues chez Frédéric Malle,  21 rue du Monthabor dans le premier, qui fût probablement l'endroit où nous avons passé le meilleur moment parfumé de la journée. D'une parce que les parfums de la marque sont tous excellents  pour la plupart, parce que les cabines permettant de respirer les différentes senteurs apportent vraiment nouveauté et modernité, mais aussi grâce à l'accueil. En effet, c'est toujours agréable de discuter avec un passionné de parfum. Nous sommes donc bien restées plus d'une heure à nous extasier, (même si nous les connaissions déja l'ensemble de la gamme), sur Musc ravageur, sur le sublime Carnal Flower, qui est sans doute une des plus belles tubéreuses comme j'ai pu parfois le lire,  ou encore sur Une fleur de Cassie. Une amie a flashé sur Iris Poudre, un beau floral aldehydé sur fond doux poudré vanillé, de facture classique mais très bien dans son genre. J'ai trouvé également  trouvés intéressants Dans tes bras, Un Lys méditerrannée ou encore L'eau d'Hiver. Les bougies ne sont pas en reste non plus même si elles peuvent paraître quand même un peu chères. 





Après une pause déjeuner bien méritée pour le nez, et une visite rapide chez Francis Kurdjian, (mais nous connaissions déja la maison dans l'ensemble), reprise des activités en passant chez Jo Malone puis chez Colette.  C'est assez curieux de sentir des parfums dans l'univers de ce magasin dans la mesure où  les  vendeuses sont là pour accueillir les clients mais nul doute qu'elles pourraient tout aussi bien vendre des bottes que des parfums. 


Au beau milieu des fringues, des livres, des divers gadgets branchouilles, on peut y découvrir la marque Byredo, celle du Labo, ou encore les nouveautés bio de chez Honoré des Prés.  A préciser que c'est ici  l'occasion de sentir Baudelaire, de Byredo, qui n'est pas disponible au Bon Marché (pour des raisons juridiques tenant au nom il me semble). C'est toujours amusant de faire un tour chez Colette, mais l'univers ne se prête vraiment pas à la découverte d'un parfum, entre le bruit, le monde, et la diversité des produits proposés. 

Nous avions gardé pour la fin de notre parcours parfumé la maison Montale, et nous avons bien fait, car nous n'aurions pu rien sentir ensuite si nous l'avions visitée dès le matin.  C'est une des rares fois  dans ma vie où je suis sortie d'un magasin de parfums en ayant la migraine, cela mérite d'être souligné. En effet, leurs parfums sont dans l'ensemble très lourds, et je trouve qu'ils manquent souvent de subtilité. La responsable de boutique n'est pas désagréable, mais a fortement tendance à imposer ses goûts à ses clients, ce qui est regrettable. Et nous a quand même coupé lorsque nous parlions de différents classiques tels que First, Chanel n°19  etc..  en nous expliquant que "ça, ce n'est pas de la parfumerie". (sic). Certes, c'est certainement un des meilleurs endroits pour respirer des créations à base d'oud, puisque c'en est vraiment l"univers, mais je préfère nettement dans le genre Homage, d'amouage, bien plus beau et en finesse, (bon et beaucoup plus cher malheureusement il faut bien le reconnaître).

Nous n'avons pas eu le temps et le "nez" de passer aux Salons du Palais Royal (Lutens) et chez Divine (rue Scribe) mais ce sont vraiment deux belles boutiques à inscrire sur votre parcours si vous sillonez les alentours d'Opéra en quête de découvertes parfumées.