mardi 15 février 2011

Dernières nouveautés chez Guerlain: Shalimar Parfum Initial et La petite robe noire 2.

 Ces nouveautés ne réjouiront peut-être pas les amoureux des grands classiques de Guerlain, néanmoins elles méritent qu'on s'y attarde car elles sont vraiment jolies dans leur style.  Shalimar  Parfum Initial décontenancera sûrement les adeptes de l'original, mais si on le considère comme un parfum à part entière et non  tel un flanker, on trouve un joli parfum jeune et sexy, certes un peu sucré, mais réellement bien exécuté dans ces esprit: en effet, on ne peut y nier la qualité des matières premières. Quant à la Petite Robe noire 2,  je la préfère nettement à la première, je la trouve plus douce, moins gourmande, plus élégante, peut être pas novatrice, mais très agréable dans son genre. 

Shalimar Parfum Initial, qui sortira à la fin de ce mois, s'adresse, je présume,  aux jeunes filles qui n'oseraient pas s'essayer à Shalimar, telle une invitation à se laisser tenter par le fameux best seller de la maison Guerlain, comme un premier pas vers le plus célèbre des orientaux.  Il s'ouvre sur des notes hespéridées, bien que la bergamote soit moins présente que dans l'original, car c'est surtout un bel iris, ou plutôt beurre d'iris qu'on sent poindre nettement dès l'ouverture. Les notes florales moins perceptibles de Shalimar ont ici été poussées, (rose, jasmin) pour un effet assez différent de son grand frère. Si l'effet est plus floral, il est aussi nettement plus gourmand, notamment en raison de la présence de la fêve tonka, en note de fond, qui apporte une sensation moelleuse et ronde au parfum. Il n'est pas impossible que quelques notes fruitées, apportent un petit quelque chose de pimpant, pétillant à la composition.  L'effet  "rajeuni" est bien là, mais l'iris très présent lui confère ce charme poudré qui le distingue des parfums fleuris fruités ou  gourmands que l'on sent partout en ce moment. 

Il s'étire enfin sur des notes vanillées, addictives, si typiques de la maison Guerlain. Les notes de fond sont effet celles où l'on retrouve vraiment Shalimar, même si l'effet reste bien distinct d'un bout à l'autre de la composition.  Alors, oui, ce parfum lorgne vers le style jeune fille qui est en vogue, en ce moment, mais c'est très joliment orchestré. 

La petite robe noire ne m'avait pas emballée lors de sa sortie. Pas mon style de parfum, pas le registre où l'on attendait Guerlain, et puis un réglisse tellement présent qu'il m'évoquait trop Lolita Lempicka. Bien sûr, c'était bien fait, mais je n'ai pas accroché. La seconde version, tout juste sortie ou qui va sortir dans les prochains jours, tourne autour de la fleur d'oranger,  avec un côté guimauve, mais plus en finesse que la première, une jolie gourmandise légère en quelque sorte. Certes on reste dans un registre "accessible", mais c'est très "mignon". Il faut dire que les notes de fleur d'oranger et de vanille y sont pour beaucoup puisque ce sont des notes que j'affectionne particulièrement.  Des notes, fugaces, de bergamote en tête, une évolution où domine nettement la fleur d'oranger, élément central du parfum, relevé d'un côté très guimauve (on reste dans la gourmandise).  Cet effet a quelque chose d'amandé, voire un peu dragée.  On note aussi une facette poudrée,  probablement dûe à la présence d'iris dans la composition. Le fond s'alanguit sur des notes vanillées, musquées et légèrement cuirées, ce qui n'est pas pour me déplaire, apportant un peu d'originalité au parfum tout en contrebalançant le côté guimauve.  Sur touche cet effet fleur d'oranger et cuiré persiste longtemps et n'est franchement pas dénué de charme!


(nb: cet article vient d'être légèrement modifié suite à de nouveaux essais. )

mardi 18 janvier 2011

Nouvelle boutique pour les amoureux du parfum

Une nouvelle boutique a ouvert il y a plusieurs semaines maintenant, dans le quartier du parfum par excellence, Opéra.  Un nouveau pari donc, car d'autres s'y s'ont essayé auparavant, mais il semble qu'il soit difficile, à Paris, où tout est déja à portée de main, aux Galeries Lafayette ou au Printemps, sans compter les boutiques propres aux maisons elles-mêmes (Guerlain, L'artisan Parfumeur, ou Frédéric Malle pour ne citer qu'eux), de créer son propre établissement ici, plutôt qu'en Province par exemple. 

Pour relever ce défi, il semble que le meilleur choix s'avère de proposer des marques de niche, rares qui plus est, pour attirer une clientèle d'avertis.  Et c'est une bonne idée, puisque cela nous permet de découvrir des marques inconnues ou presque, dont François Hénin et son collègue, Hugo,  nous retracent l'histoire avec passion, le tout dans un cadre des plus somptueux. 


Outre diverses marques distribuées par Différentes Latitudes (Amouage, Frapin, Nobile, Isabey ...), on peut également y découvrir des maisons russes, une marque japonaise et bien d'autres curiosités ignorées ou presque, jusqu'ici.  Afin d'éviter l'atmosphère surchargée en effluves des parfumeries qui parasite l'essai d'une fragrance lorsqu'on souhaite s'en imprégner pleinement, il vous suffit de soulever le capot des flacons anciens pour sentir chaque parfum. 


Parmi les marques peu connues des perfumistas que l'on peut découvrir ici, je citerais Dorin, maison née au XVIII ième siècle, Grossmith, maison grassoise, dont les anciennes formules ont ressuscitées par Robertet, Mille et une Histoires de parfums, (avec l'assez original "histoire charnelle", un parfum à la note coco pas trop sucrée pour une fois sur un fond que l'on devine ambré), M. Micaleff, maison issue d'une histoire d'amour, dont j'ai beaucoup aimé le Gardénia, (mais j'en reparlerai). On y trouvera aussi Rancé, le parfumeur attitré de Napoléon, dont les flacons rappellent ceux, anciens, de Quelques Fleurs, d'Houbigant, Masaki Matsushima, une marque japonaise, et aussi Atelier Flou, une nouvelle marque de niche dont j'entendais murmurer la sortie depuis quelques mois déja. Au total, une quinzaine de marques sont illustrées ici, ce qui promet bien des réjouissances pour nous autres passionnés de parfums.



Et enfin, bien sûr, la marque éponyme de la boutique, Jovoy, relancée en 2006 par François Hénin ( également propriétaire de ce nouveau haut lieu de la parfumerie), qui se compose de sept parfums, dits "capitaux" aux noms correspondant aux différentes familles olfactives ("chypré", "poudré", "oriental", "boisé"...).   Je n'ai malheureusement pas pu tester la totalité des fragrances proposées, il y en a beaucoup, et en tester trop risquerait de me faire passer à côté de l'originalité d'un parfum, mais c'est un prétexte pour y retourner très prochainement. 

Mention spéciale à l'accueil  de chaque visiteur, on sent vraiment la passion et le souci de conseiller au mieux le client, ce qui est un réel plaisir.  A noter également que des ateliers olfactifs, sur réservation, sont ou seront dispensés à l'étage,( ce qui est assez innovant en un sens, puisque jusqu'ici, ce sont plutôt les marques, et non les distributeurs, qui proposaient des ateliers). 

Jovoy, 29, rue Danielle Casanova, 75001 Paris.


mardi 4 janvier 2011

Quoi de neuf chez Différentes Latitudes cet hiver?

Comme je l'avais annoncé cet été, Les Ailes du Désir, le dernier Frapin, (et qui est à tomber), devait sortir en 2010. Malheureusement, sa sortie a dûe être retardée, mais on peut l'attendre raisonnablement pour le mois de Février. 

Le dernier-né de la marque, réalisé par Bertrand Duchaufour, devra en revanche changer de nom, pour s'intituler 1697. Toutefois, sa composition reste fort heureusement inchangée, avec son ouverture "rhum arrangé" qui évolue sur des notes plus ambrées presque cuirées. C'est en fait le davana,  une matière première liquoreuse à souhait, légèrement fruitée, originaire du sud de l'Inde, qui est l'élément central de ce parfum.  J'attends donc impatiemment sa sortie pour pouvoir en parler plus longuement. 

Mais d'autres nouveautés déja disponibles sur le stand Différentes Latidudes des Galeries Lafayette nous permettent de patienter, qu'il s'agisse de l'Opus IV  de la collection Library chez Amouage, du dernier Memoir pour femme, sans oublier  des bougies de la même marque.  L'opus IV est un parfum mixte, épicé, avec ses notes de coriandre en tête, (associées au pamplemousse et à la mandarine), de cardamome, de baies roses et de cumin en coeur,  entourées de la rose. On y sent aussi une légère dimension arômatique, probablement en raison de la présence d'élemi et de feuille de violette. Le fond s'arrondit légèrement en raison de la ciste, et du baume du pérou, tandis que l'encens d'oman prolonge doucement l'effet épicé que l'on perçoit tout au long de l'évolution du parfum. Ces sensations proviennent néanmoins d'une impression sur touche, donc elles restent à préciser.

Autre nouveauté chez Amouage, le dernier "Memoir" pour femme, un chypre centré autour de la note absinthe, mais où l'on perçoit nettement la présence de la  rose et de  la tubéreuse sur un fond boisé. D'une texture très crémeuse sur peau, et très diffusant, ce chypre m'a immédiatement rappelé un parfum des années 80 mais sur le coup, impossible de me souvenir lequel.... Une impression fugace comme ça.. peut-être un petit côté Poison, tout en étant différent bien sûr....mais les notes épicées, la rose,  les fleurs blanches et le fond boisé m'en ont en tout cas évoqué le souvenir.


Robert Piguet propose également une nouveauté, Calypso, apparemment assez différent de l'original. N'ayant pas connu la version initiale, il m'est difficile de les comparer et d'apporter un regard objectif, néanmoins il s'agit d'une composition où l'iris est assez prononcé, associé à des notes fruitées (mandarine en tête, orange en coeur) , à la rose (rose de mai et rose bulgare), sur fond ambré, puisque l'ambroxan y est très présent, aux côtés du patchouli. Ce parfum offre un fort sillage, au charme poudré (du fait de l'iris et de la rose), tout en étant d'une écriture moderne, même si l'on peut être déçu de ne pas connaître une composition fidèle à celle d'origine.

Pour finir, si la marque Byredo a été assez prolifique côté sorties en 2010 (Tulipe, Palerme, M/Mink), elle a en outre décidé d'augmenter la concentration de ses eaux de parfum. C'est ainsi que Bal d'Afrique voit sa tenue s'affirmer, grâce à une concentration de plus de 20%, ce qui permet aux notes de coeur et de fond d'être plus présentes, faisant ainsi plus ressortir la "tagète", plante issue d'Afrique dont l'odeur est justement proche de celle du davana.

En quelques mots, pour résumer, rien de tel qu'un petit tour sur le stand Différentes Latitudes des Galeries pour bien commencer l'année!

lundi 13 décembre 2010

Coup de coeur: Mitzah de Dior.

    Mitzah fait partie des nouvelles colognes de Dior que l'on peut actuellement découvrir au Bon Marché. Comme New Look 1947, Vétiver, Granville ou Cologne Royale, il s'agit en fait d'eaux de parfum, tout comme  le sont aussi devenues pour l'occasion Bois d'Argent, l'Eau noire et le reste de la collection.
  
     Cette nouvelle série de "colognes" se veut évoquer la vie de Christian Dior,  ce qui en fait grincer les dents plus d'un puisque cela n'est pas sans rappeler franchement les Exclusifs de Chanel. Mitzah rend ici hommage à la muse et conseillère du créateur, Mitzah Bricard, femme captivante à la féminité exacerbée. Ce parfum éponyme se voulait donc à son image: élégante,  sensuelle, mystérieuse, voire féline. 


    C'est donc sur la famille orientale que le choix de François Demachy s'est porté, et plus particulièrement sur les notes ambrées.  L'ouverture de  Mitzah m'évoque fortement Ambre Sultan de Serge Lutens, en raison de la note de coriandre qu'on retrouve aussi en tête de ce dernier, avec une légère sensation de fruits confits, mais surtout d'épices, (peut-être un peu de cardamome), notamment la cannelle, qui annonce le coeur du parfum, aux côtés de la Rose de damas.  

    A mesure que s'épanouissent les notes de coeur du parfum, celui-ci se fait plus doux qu'en tête, plus enveloppant, plus ronronnant.  Même si la composition ne cite que rose et cannelle  en coeur,  et que c'est ensuite, en fond, que sont citées vanille, labdanum, patchouli et autres notes orientalisantes, Mitzah lorgne déja, à ce stade,  très fort vers un accord ambré, et plus précisément vers l'ambre 83. Cette base est très utilisée pour les accords ambrés, et Ambre Sultan, justement,  en est une belle interprétation.

   
C'est d'ailleurs cet aspect très confortable, très rond et chaud, typique de cette base, qui fait le charme de ce parfum, qui lui donne toute cette sensualité, et ce côté un peu félin. Comme Sixtine d'Ambre Gris, je ne trouve pas ce parfum particulièrement évolutif, mais il est très agréable à porter.  Les notes de vanille et de miel vont certes renforcer la chaleur moelleuse de Mitzah, mais on les sent plus comme incorporées à un fond compact ambré, relevé d'encens qui vient souligner le charme épicé du parfum. On y perçoit également des notes boisées, telles que le patchouli, mais c'est surtout le labdanum,  qui me saute au nez,  dominant au côté de l'ambre 83 une bonne partie de l'évolution du parfum.

  Mitzah est donc, vous l'aurez compris, un parfum des plus adaptés à cette saison, idéal pour lutter contre ces froides températures. hivernales, de par toute la sensualité qu'il dégage.  Je ne pense pas qu'on puisse le qualifier d'extrêmement original ou novateur, mais il est très addictif  tout en offrant une très belle illustration du charme des accords ambrés.  Voici donc une "cologne" qui plaira à coup sûr aux adeptes des notes orientales et autres parfums capiteux.


jeudi 9 décembre 2010

Compte-rendu de notre soirée des lecteurs du 30 novembre dernier: encore un grand merci à tous!

   Après plusieurs semaines de préparation, de rendez-vous avec l'équipe de Mugler et briefs entre bloggueurs, le grand soir est enfin arrivé: celui que nous avons organisé autour des huit accords olfactifs développés par Osmoz pour leurs fameux coffrets. 









Malgré les températures négatives dehors, l'ambiance est plutôt chaleureuse, puisque c'est l'occasion de se retrouver tous entre passionnés de parfum, lecteurs ou bloggueurs, dans un cadre prestigieux (notez cette superbe vue sur l'Opéra de Paris): celui des Ateliers Mugler. Tout ceci grâce, entre autres, à l'énergie et l'enthousiasme de Constance, Aurélie et Camille.  Le champagne et les délicieux mets du traiteur n'ont bien sûr fait qu'ajouter à cette ambiance festive. 


Nous profitons, Juliette, Thierry et moi, de ce compte-rendu pour reparler de chaque parfum choisi pour illustrer les différents accords olfactifs. 

Accord hespéridé: L'Eau d'Hadrien (edp) d'Annick Goutal. N'étant pas une grande adepte des parfums hespéridés, j'ai choisi un grand classique du genre. La fraîcheur du citron,  du pamplemousse et du cédrat éclatent en tête, entourés de notes de cyprès et de basilic, avant de se fondre sur des notes plus boisées et musquées. C'est un parfum vivifiant, que l'on associe volontiers à l'été, qui est d'ailleurs un des bests-sellers de la maison Goutal.

Accord arômatique: Jicky,  qu'on ne présente plus.... J'ai opté pour ce grand classique de Guerlain, car  ce parfum mixte montre comment un arômatique, souvent associé aux notes masculines, peut  aussi se faire animal et sexy. C'est aussi, rappelons-le, un des premiers parfums avec la Fougère Royale d'Houbigant, à marquer l'utilisation de la coumarine en parfumerie, ainsi que la vaniline, avant qu'elle ne soit joliment mise en valeur par Shalimar. D'ailleurs, surtout dans la version extrait, on sent très bien la filiation entre les deux.

Accord fleurs blanches: Songes d'Annick Goutal, que je porte souvent d'ailleurs. On ne peut le résumer à un simple floral en raison de son évolution plus vanillée voire un peu boisée en fond, mais ses premières notes de jasmin sont absolument sublimes à mon nez. Tout comme son coeur de fleur de frangipanier et de ylang-ylang, qui illustre bien la beauté, le côté charnel et exotique des fleurs blanches.

Accord musqué: Clair de Musc, de Lutens. Je ne porte pas particulièrement de parfum musqué, j'aime les sentir sur les autres mais sur moi je trouve les muscs propres généralement ennuyeux, et les muscs plus "sales" m'étouffent vite. Pourtant si je devais en porter un, ce serait celui-ci, car je le trouve un peu à la frontière entre muscs blancs et muscs sexuels: assez nuancé, à la fois doux et sexy, avec ses notes fleuries qui évoquent un peu le N°5 de Chanel, son côté un peu poudré grâce à l'iris et ses muscs caressants qui peuvent rappeler la peau d'une femme.


Accord Chypré:  Femme de Rochas, ici vintage.  Ce parfum marque pour la première fois l'utilisation du prunol. C'est aussi et surtout un très beau chypré, je trouve la version un peu plus ancienne sublime. J'aime ses notes florales et boisées associées aux épices (cannelle, cumin...) qui en font une fragrance à la fois chic, racée et sensuelle. Par ailleurs, peu sensible pourtant à l'univers publicitaire autour d'un parfum, j'ai toujours adoré, enfant, son flacon et les pubs des années 80 qui le mettaient en valeur, le tout était assez  cohérent et fidèle à l'univers du parfum.

Accord oriental: L'heure Bleue évidemment. Bon, j'ai beaucoup hésité, ne portant quasiment que des orientaux, Habanita, Musc ravageur.. il y en a beaucoup que j'aurais aimé présenter, mais bon celui-ci reste mon préféré entre tous. C'est d'ailleurs plus un floral oriental poudré qu'un simple oriental, plus la peine de le présenter ici,  juste de préciser qu'il s'agissait  d'une version edp, qui a légèrement macéré, faisant ressortir toute sa profondeur, ses notes de fond, et toute sa complexité. 

Accord boisé: Bois de Violette, de Lutens.  Une des variations autour du superbe Féminité du Bois, ici plus centrée sur la note florale et sur le cèdre. Finesse, élégance, beauté.... autant de mots que l'on peut associer à ce parfum qui met bien en valeur l'adéquation entre des notes florales et le côté résineux des bois. La violette diffère ici de son utilisation souvent poudrée en parfumerie, et le cèdre est un de mes bois préférés...

Accord épicé: Noël au Balcon, d'Etat Libre d'Orange.  J'ai choisi celui-ci car il m'a toujours rappelé les thés de Noël que j'affectionne tant, où la cannelle et le clou de girofle réchauffent délicieusement l'hiver. Très féminin et sexy, ses notes épicées associées à une facette moelleuse et miellée en font un parfum très sensuel, et assez original dans la mesure où la vanille, traditionnellement associée aux notes de fond, est portant mise en valeur en tête et coeur du parfum.

Cette soirée est, j'espère, la première parmi d'autres qui suivront. C'est d'ailleurs entre autres, pour cette raison, que nous avions mis à la disposition des lecteurs une boite à idées, pour que nous prenions en compte leurs envies quant aux sujets abordés sur nos blogs, mais aussi, pourquoi pas, quant à de futurs évènements autour du parfum.  Personnellement, l'émulation et la réactivité de la gente masculine assise au fond m'a beaucoup amusée, et m'a donné l'envie d'organiser un blind test sur le parfum, en équipe, par exemple.

Encore merci à tous, merci aux lecteurs qui se sont déplacés pour nous écouter et participer, ainsi qu'à l'accueil chaleureux de l'équipe des Ateliers Mugler!

PS: je tiens également à remercier Irina pour les belles photos prises au cours de la soirée. 


samedi 4 décembre 2010

Toutes les adresses parfumées de Paris!

Juste un petit communiqué pour vous signaler la sortie du livre Paris Parfum, le Guide du Parfum à Paris, très pratique pour qui veut s'offrir une virée parfumée dans la ville des lumières, mais aussi pour relire avec plaisir l'histoire des plus grandes maisons de parfums et de leur best-sellers.Vous trouverez également dans ce guide de nombreuses astuces pour mieux se parfumer.


Il vous est possible dès maintenant, et ce jusqu'au 15 décembre, de le commander sur le site d'Osmoz, les frais de port vous seront offerts! A noter également que ce même site de parfum vous propose une édition limitée de ce livre avec un coffret de 6 fragrances inspirées de lieux mythiques de Paris. 

mardi 23 novembre 2010

Spiritueuse Double Vanille de Guerlain, ou quand la vanille se fait "absolue".

Je n'avais pas craqué pour cette vanille la première fois que je l'avais sentie. Si j'aime les notes vanillées, je ne suis pas adepte pour autant des soliflores vanille, les trouvant souvent trop sucrés, trop gourmands. Ici, c'était le problème inverse, l'effet tabac amsterdammer de cette vanille est tellement présent sur moi que cela m'avait décontenancée au premier essai.


Les goûts évoluant au fûr et à mesure que l'on sent et ressent des parfums, cette vanille  enivrante a fini par me séduire. Les premières notes me font penser à une gousse de vanille qu'on aurait plongée dans du rhum arrangé, avec des épices, des raisins et des bois. On note aussi de la bergamote en tête, et des baies roses, ce qui peut donner cet aspect épicé à l'ouverture du parfum. 

Cet effet rhum se dissipe rapidement sur ma peau pour laisser place à cette odeur particulière de tabac ansterdammer, de tabac à pipe, où le cèdre prédomine très nettement. J'y perçois aussi des notes florales, comme de la rose, je pense, peut-être du jasmin et du ylang -ylang, aussi, bien qu'ici on soit clairement dans  le registre d'une  vanille boisée, loin de la vanille tahitensia, qui, elle, est fleurie et poudrée. L'encens, présent en coeur, vient prolonger la trame épicée annoncée en tête par les baies roses, tout en apportant un peu de chaleur  boisée et de caractère à cette vanille.

Les avis divergent beaucoup au sujet de cette double vanille spiritueuse, certains la jugeant  trop  gourmande, alors, et c'est peut-être une question de peau, que justement, sur la mienne, elle ne joue pas la facilité. Certes, on reste dans le thème d'une vanille, le parfum est nécessairement un peu sucré, mais ce n'est vraiment pas l'aspect qui domine. Ce n'est qu'en fond, quelques heures plus tard, que SDV s'achèvera sur des notes plus gourmandes et plus traditionnelles.  Le parfum se fond sur des notes plus ambrées, empreintes sans doute de labdanum, mais où percent surtout de l'absolu de vanille et du benjoin, apportant beaucoup de sensualité au parfum. Il est possible que de la fève tonka vienne également arrondir les dernières notes, envoûtantes, du parfum.

C'est amusant d'ailleurs car SDV devient presque plus féminin dans ses notes de fond que dans celles de tête ou de coeur, où justement elle se dévoilerait à merveille sur la peau d'un homme, pour cet univers un peu liquoreux, un peu tabac, très prononcé au prime abord. SDV peut avoir un côté réconfortant, pas pour la facette douce et rassurante de la vanille gourmande, mais justement en raison de cet aspect liquoreux et tabac, qui peut évoquer des odeurs que l'on a tous senti dans l'enfance, lorsque l'on cotoyait des adultes. C'est entre autres ce qui rend ce parfum agréable à porter, qui m'a valu d'ailleurs pas mal de compliments.


Créée avant Havana vanille de l'Artisan Parfumeur, Spiritueuse double vanille visite le  même univers, tout en donnant quelque chose d'assez différent olfactivement. L'idée est de montrer la vanille telle qu'elle est lorsqu'on la sent en absolu, avec ses accents rhum et tabac justement, légèrement cuirés, loin de la vanille crémeuse et gourmande qu'on associe à la vaniline.S'inscrivant totalement dans l'univers de la maison Guerlain, Spiritueuse double vanille rend ici hommage à une des matières premières maîtresse de la fameuse "guerlinade".