jeudi 1 septembre 2011
Modalités d'inscription pour la soirée des lecteurs du 14 septembre.
lundi 2 mai 2011
Fiftie's mood: petit tour olfactif des années 50...
Il y a deux semaines j'ai été invitée à un évènement au Palais de Tokyo, intitulé Le Menu de Cannes, organisé en partenariat avec Electrolux, dont le but était de départager deux équipes qui s'affrontaient dans le but d'organiser un dîner pour les membres du Jury durant le prochain Festival de Cannes. Deux équipes composées d'un chef cuisinier, d'un styliste et designer préparaient un dîner idéal, aussi bien en terme d'ambiance que de cuisine, sur le thème des années 50. Pour ce faire, le designer décorait le lieu, le cuisinier nous préparait les meilleurs plats raffinés pour régaler nos papilles, et une styliste nous habillait en "fifties'girls", tenues que l'on avait la chance de pouvoir garder après l'évènement. Voici quelques images de la très agréable journée que nous avons passé au Palais de Tokyo:
Vous me direz, ok, mais quel est le lien avec le parfum? En effet, au prime abord, aucun. Mais de voir tous les invités déguisés en fifties girls and boys, m'a permis d'imaginer ce qu'il aurait fallu pour compléter jusqu'au bout la tenue, un accessoire indispensable ... le parfum. Et oui, qu'aurions nous dû tous et toutes porter si l'on avait voulu être complètement raccord avec le thème? Quels sont les parfums emblématiques des années 50?
Période de renouveau après-guerre, les années 50 voient la parfumerie se démocratiser, mais aussi l'émergence de la parfumerie américaine. Les fragrances spécialement dédiées aux hommes se développent, bref cet univers se renouvelle.
Comme parfums typiques de cette époque, on retrouve des grands floraux, comme par exemple Diorissimo ou L'air du temps. Ce dernier a été créé à l'aube des années 50, en 1948,et est considéré aujourd'hui comme un des grands intemporels qui ont marqué le XXème siècle. Parfum joyeux né dans une période de renouveau, il inspirera de nombreuses autres créations, qui en garderont cette trame fleurie épicée qui le caractérise. Avec un oeillet très présent, L'air du temps revisite le genre de la fragrance fleurie, avec ses notes de rose et de jasmin sur un fond à la fois boisé et musqué. Classique, élégant, féminin, indémodable.Autre grand fleuri, Diorissimo, un des premiers parfums célèbres à se concentrer autour du muguet, note enfin reproduite de manière réaliste et stylisée par Edmond Roudnistka, puisqu'on ne peut extraire l'odeur de cette fleur à l'état naturel. Doté d'un sillage très aérien, ce parfum de 1956 offre une composition joyeuse, en hommage à la fleur porte bonheur de Christian Dior, toute de notes vertes et fleuries, à la fois naturelles et synthétiques, (hydroxycitronnellal, alcool phényléthilique, jasmin, ylang-ylang...), en rupture avec un style de créations que le créateur, trouvait déja, à l'époque, trop synthétiques et sucrées.
D'autres grands classiques floraux de la parfumerie marqueront les années 50 tels que l'Interdit de Givenchy, par exemple, (dans un style floral aldehydé assez classique), mais aussi beaucoup plus opulents, comme le beau Fracas, de Piguet. Composée par Germaine Cellier, qui avait coutume de proposer des parfums sans compromis, overdosés d'une matière, cette fragrance est une superbe tubéreuse, crémeuse à souhait, dont on a ici exploré les facettes solaires et lascives, en la parant d'une fleur d'oranger assez présente et d'un aspect un peu "coco" (aldehyde C18). Créé en 1948, Fracas connaîtra un beau succès, notamment outre Atlantique, où les américaines raffolent de la tubéreuse, (paradoxalement aux fragrances propres et fraîches qu'elles aiment d'ordinaire adopter). On raconte d'ailleurs que c'était le parfum de Marilyn Monroe, lorsqu'elle ne s'endormait pas avec quelques gouttes du célèbre N°5 de Chanel.
Parlons justement des Etats-Unis, puisqu'ils participent activement au paysage olfactif de cette décennie. C'est l'époque où Estée Lauder se faît connaître, une des premières maisons de parfum américaines. Loin des odeurs aseptisées qui ont tendance à plaire là-bas, elle lance, en 1952, Youth Dew, (dans la veine de Tabu de Dana) et qui inspirera, plus tard, Opium, d'Yves Saint Laurent. Cet oriental met en scène le patchouli, autour de notes florales et épicées (oeillet, clou de girfle, rose, ylang-ylang). Puissant, sensuel, imposant, Youth Dew est d'abord commercialisé sous la forme d'une huile de bain, dont le succès est tel qu'Estée Lauder en proposera rapidement une eau de toilette.
Les années 50 sont aussi celles de la remise au goût du jour de grands chyprés tels que le très connu Miss Dior ou encore, plus tard, de Cabochard (Grès). Miss Dior est légèrement antérieur, puisque ce grand classique de la marque vît le jour en 1947, et correspond au goût de Monsieur Dior pour la famille des chyprés. A la fois verte (galbanum, jacinthe) et fleurie (rose, jasmin, gardénia), cette création se caractérise par des notes épicées mais surtout par un fond chypré (patchouli, mousse de chène), légèrement cuiré. Un parfum culte, qui fît la renommée de Dior au moment où son style New Look le propulsait sur le devant de la scène couture. Impossible d'oublier, à cette époque, Femme de Rochas, qui, s'il a été créé en 1944, fût aussi beaucoup porté à cette époque, et qui est, même si je ne pas une adepte du genre, mon chypré préféré, (c'est notamment pour ça que j'y reviendrai, plus tard, dans un post spécialement dédié).
Et les hommes? En effet, les années 50 représentent l'avènement de la parfumerie masculine avec le début d'eaux de toilettes spécialement dédiées aux hommes. On retrouve beaucoup de colognes, telles que L'Eau d'Hermès par exemple, ou des choses fraîches et hespéridées telles que Pour Monsieur de Chanel. Mais cette décennie, c'est aussi des créations avec plus de corps, boisées telles que le Vétiver de Guerlain, composé par Jean-Paul Guerlain en 1959. Cette création, désormais grand classique de la marque, met en valeur la facette un peu "pamplemousse" du vétiver avec des notes agrumes en tête, puis une évolution plus boisée-épicée, avec le vétiver,le tabac, le santal, mais aussi la fameuse fève tonka chère à la guerlinade.
Voici un donc un tableau olfactif de cette période et qui donne une idée de l'ambiance parfumée qui aurait pu régner, ce samedi 16 avril dernier, au Palais de Tokyo, si nous avions été télétransportés dans les années 1950.
samedi 12 mars 2011
Interview de Marc Antoine Corticchiato, créateur de la marque Parfums d'Empire.
Dans son laboratoire de Louveciennes, Marc Antoine nous parle de ses créations, de son parcours, et de sa vision de la parfumerie.
C'est avant tout la curiosité scientifique qui m'a mené à la parfumerie. En effet, comprendre le processus de création du parfum au cœur des végétaux attisait ma curiosité, déjà enfant. J'ai donc effectué un doctorat en chimie analytique, avant de rejoindre l'Isipca. J'ai ainsi débuté ma carrière dans un laboratoire de recherche axé sur l’analyse des plantes à parfum et leurs méthodes d’extraction. J'ai notamment publié, à l'époque, des études dans des revues de recherches en chimie. L'envie d'être parfumeur m'est venue au fur et à mesure, ceci d'autant plus que cette curioisté sur l'univers des plantes s'est trouvée renforcée par le fait d'évoluer dans un milieu propice aux odeurs: d'abord le Maroc, puis la Corse. C'est une région fabuleuse, avec son maquis où l'on peut respirer de l'immortelle, de la mousse de chène ou encore du ciste. Ma passion pour l'équitation y est aussi pour quelque chose, puisqu'on y cotoie un univers fait de cuir, de foin, de paille...
Cela dépend, mais il y a toujours la volonté de sublimer une matière naturelle en particulier, en la rattachant à une culture. Pour l'Eau de Gloire, le premier, sorti en 2003, il s’agit d’un univers imaginé pour retracer le parcours de tous ces corses partis de leur village à la conquête du monde. A l’image de mon père qui a tout quitté pour s’installer au Maroc, sur des terres bientôt plantées d’hespéridés, mais aussi à l’image du plus célèbre d’entre eux, Bonaparte. C'est pourquoi je me suis concentré sur les odeurs évocatrices de la Corse, et du maquis, telle que l'immortelle ou le ciste, en fond. Si l'on prend Cuir Ottoman, sorti en 2005, l'idée était vraiment de travailler un cuir véritable. Contrairement aux autres parfums, pour Cuir Ottoman j’ai d’abord travaillé l’accord de fond, donc l’accord cuir. Mais, j’ai eu ensuite beaucoup de mal à y attacher les notes de tête et de cœur en raison de la puissance du cuir.Il a fallu contrebalancer ces notes de fond, aller chercher de belles matières naturelles, de la fève tonka du Venezuela, de l'iris de Florence, du jasmin d'Egypte, notamment, pour équilibrer ce fond cuiré vanillé très imposant. Mais, quelle que soit la création, le but est vraiment de privilégier l'usage de belles matières premières naturelles. Je ne renie pas la synthèse, bien au contraire, mais elle doit être là pour magnifier les matières premières naturelles, et non pour les remplacer.
Dans le mainstream, tout est trop tourné vers la nouveauté à tout prix, au détriment de la qualité. Il faut sans arrêt faire de la valeur avec de la nouveauté. C'est aussi le système qui veut ça, la presse réclame régulièrement un nouveau produit pour parler d'une marque ou d'un créateur. La quantité supplante parfois la qualité. Mais il est difficile de pouvoir aller à l'encontre de ce système, à moins d'avoir l'aisance financière nécessaire. Je pense que pour pouvoir travailler dans un vrai esprit d'amour de la parfumerie, il ne faut pas espérer s'enrichir, dans le cas d'une marque artisanale.
Quels parfums, quelles senteurs vous ont particulièrement marqués?
L'eau du sud d'Annick Goutal, L'Heure Bleue de Guerlain, L'Eau Noire de Dior.... Et plus généralement, sans doute en raison de ma passion pour l'équitation, les notes cuirées, ambrées.
Sans tomber dans la quête de nouveautés à tout prix, quelle est l'actualité de Parfums d'Empire?
Une bonne partie de l’année
Pour en savoir plus sur l'univers de la marque, je vous invite à vous rendre sur le site de Parfums d'Empire, et pour un autre résumé de cet échange, notamment plus centré sur le parfum Cuir Ottoman, rendez-vous sur le site de Ca fleure bon à partir de lundi!
mardi 18 janvier 2011
Nouvelle boutique pour les amoureux du parfum
jeudi 9 décembre 2010
Compte-rendu de notre soirée des lecteurs du 30 novembre dernier: encore un grand merci à tous!
Malgré les températures négatives dehors, l'ambiance est plutôt chaleureuse, puisque c'est l'occasion de se retrouver tous entre passionnés de parfum, lecteurs ou bloggueurs, dans un cadre prestigieux (notez cette superbe vue sur l'Opéra de Paris): celui des Ateliers Mugler. Tout ceci grâce, entre autres, à l'énergie et l'enthousiasme de Constance, Aurélie et Camille. Le champagne et les délicieux mets du traiteur n'ont bien sûr fait qu'ajouter à cette ambiance festive.
Nous profitons, Juliette, Thierry et moi, de ce compte-rendu pour reparler de chaque parfum choisi pour illustrer les différents accords olfactifs.
Accord Chypré: Femme de Rochas, ici vintage. Ce parfum marque pour la première fois l'utilisation du prunol. C'est aussi et surtout un très beau chypré, je trouve la version un peu plus ancienne sublime. J'aime ses notes florales et boisées associées aux épices (cannelle, cumin...) qui en font une fragrance à la fois chic, racée et sensuelle. Par ailleurs, peu sensible pourtant à l'univers publicitaire autour d'un parfum, j'ai toujours adoré, enfant, son flacon et les pubs des années 80 qui le mettaient en valeur, le tout était assez cohérent et fidèle à l'univers du parfum.
Accord oriental: L'heure Bleue évidemment. Bon, j'ai beaucoup hésité, ne portant quasiment que des orientaux, Habanita, Musc ravageur.. il y en a beaucoup que j'aurais aimé présenter, mais bon celui-ci reste mon préféré entre tous. C'est d'ailleurs plus un floral oriental poudré qu'un simple oriental, plus la peine de le présenter ici, juste de préciser qu'il s'agissait d'une version edp, qui a légèrement macéré, faisant ressortir toute sa profondeur, ses notes de fond, et toute sa complexité.
Accord boisé: Bois de Violette, de Lutens. Une des variations autour du superbe Féminité du Bois, ici plus centrée sur la note florale et sur le cèdre. Finesse, élégance, beauté.... autant de mots que l'on peut associer à ce parfum qui met bien en valeur l'adéquation entre des notes florales et le côté résineux des bois. La violette diffère ici de son utilisation souvent poudrée en parfumerie, et le cèdre est un de mes bois préférés...
Accord épicé: Noël au Balcon, d'Etat Libre d'Orange. J'ai choisi celui-ci car il m'a toujours rappelé les thés de Noël que j'affectionne tant, où la cannelle et le clou de girofle réchauffent délicieusement l'hiver. Très féminin et sexy, ses notes épicées associées à une facette moelleuse et miellée en font un parfum très sensuel, et assez original dans la mesure où la vanille, traditionnellement associée aux notes de fond, est portant mise en valeur en tête et coeur du parfum.
Cette soirée est, j'espère, la première parmi d'autres qui suivront. C'est d'ailleurs entre autres, pour cette raison, que nous avions mis à la disposition des lecteurs une boite à idées, pour que nous prenions en compte leurs envies quant aux sujets abordés sur nos blogs, mais aussi, pourquoi pas, quant à de futurs évènements autour du parfum. Personnellement, l'émulation et la réactivité de la gente masculine assise au fond m'a beaucoup amusée, et m'a donné l'envie d'organiser un blind test sur le parfum, en équipe, par exemple.
Encore merci à tous, merci aux lecteurs qui se sont déplacés pour nous écouter et participer, ainsi qu'à l'accueil chaleureux de l'équipe des Ateliers Mugler!
PS: je tiens également à remercier Irina pour les belles photos prises au cours de la soirée.
samedi 4 décembre 2010
Toutes les adresses parfumées de Paris!
dimanche 31 octobre 2010
Soirée des lecteurs, venez nous rencontrer!
lundi 27 septembre 2010
Résonances entre deux arts, la musique et le parfum.....
jeudi 17 juin 2010
Jeu Concours Ego Facto
mardi 25 mai 2010
Ballade parfumée au coeur d'Opéra...
mardi 11 mai 2010
Les parfums, l'exposition parisienne, en septembre prochain.
L'occasion de découvrir ou re-découvrir de nombreuses marques de niche, dans une ambiance conviviale dédiée aux arômes, puisqu'en effet le salon se consacre également au chocolat, à l'épicerie fine et aux spiritueux.
lundi 26 avril 2010
Parfums à petits prix: profitez des soldes flottants aux Galeries Lafayette...
Pour conclure, difficile d'évoquer l'actualité des Galeries Lafayette, sans parler des Heures de Cartier, réalisées par Mathilde Laurent et dont la XIIIème Heure a remporté le prix des spécialistes et celui des parfumeurs, puisqu'elles sont mises en avant pour encore une semaine sur le podium de la coupole. C'est aussi le moment de découvrir l'Heure Folle, jusque là inconnue, avec son ouverture acidulée et sucrée, aux notes de groseille, de cassis, de mûre, dont l'évolution se fait plus fleurie et plus verte au fil du temps. Une belle variation fruitée, de qualité, qui se distingue des nombreux et insignifiants fruités floraux qui inondent actuellement le marché.
mercredi 10 mars 2010
Parfumée sous les tropiques
mardi 23 février 2010
"Variations sur le même thème"
Comme, par exemple, de conseiller aux amoureuses de Shalimar de découvrir Musc Ravageur, des éditions de Frédéric Malle, (si ce n'est pas déja fait), qui propose une variation parfois vue comme plus masculine de cet accord agrumes-vanille, plus coriace, plus épicée. Pour ma part, c'est une histoire de peau, je préfère sur la mienne Musc ravageur, mais certain(e)s trouveront le chef d'oeuvre oriental de 1925 peut-être plus subtile, plus doux.... Dans le même registre on peut également citer L de Lolita Lempicka, créé par le même Maurice Roucel qui a imaginé Musc Ravageur. Quant aux "branchés", ils pourront faire un tour chez Colette pour découvrir Labdanum 18 du Labo, qui propose aussi une alternative à Shalimar, légèrement plus douce et boisée.
Pour ceux ou celles qui n'aiment pas les vanilles trop classiques, trop sucrées ou trop douces, et qui rêvent d'une vanille un peu "tabac", un peu cubaine, ils auront le choix entre Havana Vanille de l'Artisan Parfumeur ou Spiritueuse Double Vanille de Guerlain, qui, loin d'être identiques, évoquent cette même vanille un peu gousse, aux accents de rhum et de tabac.
lundi 4 janvier 2010
Un an d'écriture parfumée...
Durant cette année, beaucoup de découvertes parfumées, des parfums de Serge Lutens aux exclusifs de Chanel, en passant par les éditions de Frédéric Malle ou les créations de Véro profumo. Quelques coups de coeur, Attrape-coeur, Songes, L'âme soeur, Musc ravageur et j'en passe.... Et un parfum qui est venu rejoindre mes chouchous, (L'heure bleue, Habanita ou Allure sensuelle), et qui m'est devenu tout aussi indispensable, Chamade en extrait.
De belles rencontres et de belles lectures, qu'il s'agisse d'auparfum.com, de graindemusc, d'olfactorum, de poivrebleu, de 1000 fragrances ou d'espritdeparfum pour ne citer qu'eux. Des échanges enrichissants sur un forum d'accro aux parfums, beaute-test.
Cette nouvelle année 2010 sera, je l'espère, aussi riche et dense en découvertes parfumées, comme le laissent déja présager les Heures du parfum de Cartier ou Tonka Impériale de Guerlain. J'ai malheureusment moins eu le temps d'écrire ces derniers temps, mais ce n'est pas pourtant pas le manque d'idées et d'envies qui fourmillent dans ma tête.
Je vous souhaite donc une bonne et heureuse année à tous en concluant sur mon top ten, un an après avoir commencé ce blog.
1. L'heure bleue
2. Habanita
3. Chamade
4. L'âme soeur
5. Musc ravageur
6. Allure sensuelle
7. Attrape coeur
8. Songes
9. Cuir béluga
10. Louve
mercredi 15 juillet 2009
Petite ballade parfumée dans le Marais

mardi 30 juin 2009
Sous le Parasol....
Non, je ne suis pas encore en vacances sur la plage. En revanche, avis aux personnes amatrices d'anciens parfums, j'ai découvert il y a peu une petite boutique intitulée "Sous le Parasol" qui pourrait les intéresser.
Sous le parasol, avant-guerre
Alors que j'ai dû passer maintes et maintes fois devant, je n'avais jamais remarqué cette petite boutique à proximité des halles et d'Etienne Marcel. Et pour cause, en devanture, on n'aperçoit que du maquillage bon marché et des gels douche, loin de s'imaginer qu'il peut aussi s'agir d'une petite parfumerie, habitué(e)s que nous sommes à vivre dans une ville où seules les grandes enseignes survivent, à l'image des Marionnaud et autres Sephora.
Or, on y trouve en effet du maquillage, mais surtout des huiles essentielles, des eaux de colognes, des produits de beauté "naturels", et enfin... des parfums. Enfin, quelques parfums. Notamment, pour les amateurs de marques anciennes, on peut y (re) découvrir la marque L.T.Piver, et son Héliotrope blanc, à des prix défiant toute concurrence. Personnellement, après l'avoir essayé, cet héliotrope n'est pas ma tasse de thé, mais c'est intéressant de savoir qu'on peut le trouver à petits prix dans cette boutique.
On y trouve également presque toute la gamme d'Habanita: eau de toilette, concrète, lait pour le corps ou gel douche, à des prix sympathiques. L'eau de toilette d'Habanita, 30 ml à 14 euros par exemple, bonne idée pour se faire plaisir sans se ruiner, ou pour faire des stocks, même si, dans ce conditionnement, le flacon est moins joli que le classique Lalique noir. On peut d'ailleurs y sentir la quasi totalité des parfums de la marque Molinard, Nirmala, Ambre, Patchouli...
D'autres parfums oubliés trônent sur les étagères tels que Canoe et Tabu de Dana ou encore Soir de Paris, de Bourgeois, au côté des eaux de cologne artisanales. Un petit bazar sympathique où se cotoient essences sans prétention et parfums jadis prestigieux à redécouvrir.
Les vendeuses sont vraiment charmantes et ont l'air, une fois n'est pas coutume, amoureuses des parfums qu'elles vendent. Bref, le choix est limité, mais pour les amateurs/trices d'Habanita ou de parfums oubliés, ça peut être un bon plan.
Sous le Parasol,
75, Boulevard de Sébastopol,
75002 Paris.
www.sousleparasol.fr
mercredi 13 mai 2009
Le parfum, une histoire de peau?
Je me posais justement cette question car il m'arrive en effet de ressentir de légères différences au fil des jours où je porte un parfum. Je trouvais par exemple que les dernières fois où j'ai porté Habanita, celui-ci était légèrement moins subtile et tenace qu'à l'accoutumée. Je récoltais d'ailleurs moins de compliments, aussi n'était peut-être pas qu'une impression.
Je pense pourtant bien conserver mes parfums, à l'abri de la chaleur, de l'humidité et de la lumière. Je m'empressais donc de poser la question sur différents sites de passionnés et c'est ainsi que m'est venue l'idée de faire quelques recherches et d'écrire un post sur le sujet.
Différents facteurs jouent dans notre perception des parfums. Avant toute chose, le choix d'un extrait, d'une eau de parfum ou d'une eau de toilette est crucial. Un extrait de parfum offre généralement une meilleure tenue, une plus belle évolution, tout en étant plus subtile et plus proche de l'idée que le parfumeur se faisait de la fragrance qu'il a créée. On en porte quelques gouttes le plus souvent au creux des poignets ou des coudes, derrières les oreilles, sur la nuque ou dans le décolleté. A l'inverse une eau de toilette est moins tenace par exemple. On la diffuse plutôt sur les vêtements ou sur les cheveux. Le choix de ces différentes concentrations va donc faire que l'on sentira différemment le même parfum d'une personne à une autre selon la manière dont elle le porte.
Mais cela reste avant tout une question de peau. C'est en premier lieu le ph de la peau qui va guider l'alchimie entre un parfum et une personne. Loin des clivages brunes/blondes, c'est ce taux d'acidité qui va faire qu'un parfum tient plus ou moins bien, vire ou évolue différemment d'une peau à une autre. C'est pourquoi, d'ailleurs, on conseille d'essayer un parfum durant plusieurs heures sur le poignet avant de s'emballer ou de le rejeter.
Le taux de lipides jouerait également sur l'harmonie entre un parfum et la peau. D'après le professeur MacLeod, le gras décapite les odeurs en retenant certaines molécules plutôt que d'autres, tandis que le pH influe lui aussi sur le résultat final en captant les substances acides ou basiques. Ainsi, plus un parfum va être riche en matières naturelles, plus il va être complexe, plus on va obtenir de variations selon les peaux.
Un parfum évoluera également différemment selon que l'on a la peau sèche ou grasse. Il semblerait que plus une peau est hydratée, plus elle retient le parfum. Certains conseillent d'ailleurs d'appliquer un corps gras sans parfum (une crème par exemple), sur la peau avant de se parfumer pour mieux capter les notes de votre fragrance favorite et en prolonger la tenue.
Mais l'évolution et la tenue d'un parfum peuvent varier aussi en fonction du stress qui rejaillit sur notre peau. Vous avez peut-être déja constaté que lors des périodes de stress, votre peau se fait plus grasse ou plus grisâtre, vous donnant plus mauvaise mine? Le stress peut donc jouer sur notre peau. Or, lorsqu'on est angoissé, notre peau transpire, et ce phénomène chasse les molécules, provoquant ainsi de désagréables interactions entre le parfum et la peau, explique Jean-Claude Elléna.
L'alimentation aurait aussi son rôle à jouer dans notre rapport avec le parfum. En effet, plus on mange sainement, plus notre peau s'en ressent. Grain de peau affiné, teint plus frais.. autant de signes que ce qu'il y a dans nos assiettes a des répercussions sur notre peau. Il en va de même pour l'alchimie avec le parfum. Les aliments choisis vont donc influencer directement l'évolution du parfum sur la peau. "C'est surprenant de découvrir son parfum réinventé par une sud américaine habituée aux plats épicés ou sur une asiatique au régime opposé", s'étonne Jo Malone.
Bien d'autres facteurs viennent mettre leur grain de sel dans ce phénomène d'alchimie entre un parfum et la peau. La température du corps ou encore les hormones par exemple. Pendant une grossesse ou à l'approche des règles, le parfum pourra être ressenti différemment, avec une certaine acuité. Le climat aussi joue son rôle. Sylvaine Delacourte expliquait récemment sur son blog qu'elle recevait des commentaires différents pour les parfums selon les villes où elle les testait, semble-t-il.
Mais comme précisait Jeanne Doré sur son site, la perception d'un parfum est aussi psychologique. D'une part parce que l'odorat est un sens véritablement lié aux émotions, mais aussi parce qu'on ne percevra pas toujours la même chose selon les jours. Trop focaliser sur le ressenti d'un parfum peut en modifier légèrement notre perception, notre humeur également ou tout simplement le fait d'avoir respiré trop d'odeurs auparavant et d'avoir le nez saturé.
Il y a également un phénomène d'accoutumance olfactive. Une personne qui portera fidèlement le même parfum durant plusieurs années finira par s'y habituer et ne presque plus le sentir, alors que son entourage le percevra très bien. C'est ainsi qu'il y a quelques années, lorsque je portais assidûment Lolita Lempicka, mon maître de stage m'avait fait remarquer gentiment que j'avais un peu la main lourde sur le parfum puisque j'embaumais tout l'étage, alors que moi, je ne le sentais absolument pas! La fatigue olfactive peut quand à elle également modifier notre perception du parfum.
Enfin, la différence de perception d'un parfum peut provenir tout simplement du fait qu'il ait été reformulé comme bon nombre de classiques aujourd'hui. En effet, les témoignages du public lors de l'émission où se sont exprimés Bertrand Duchaufour, Octavian Coiffan et Denyse Beaulieu sur France Inter montraient que de nombreuses personnes ne sont pas dupes et qu'elle perçoivent de légères modifications dans leur parfum favori depuis quelques années.
lundi 27 avril 2009
Plus qu'un an pour profiter de vos parfums préférés...
En effet l'amendement 43 des nouvelles dispositions de l'IFRA porte sur l'interdiction ou sur une si forte limitation de l'usage de certaines matières premières naturelles que certains parfums seront désormais défigurés, surtout au nez de ceux ou celles qui sont fidèles depuis longtemps à un parfum en particulier.
J'ai longtemps hésité avant de me lancer dans l'écriture de ce post, car d'une part mes connaissances en chimie ne sont pas brillantes et, de plus, d'autres l'ont déja fait mieux que moi, je pense à graindemusc, à octavian ou encore à poivrebleu.
Mais au final, plus on en parle, mieux ce sera. J'ai peu d'espoir que cela puisse changer le cours des choses, mais qui sait? Au moins, les gens, autres que les perfumistas, en seront informés, et ça changera peut-être un peu la donne.
Bon, cela n'est pourtant pas un phénomène si nouveau. De nombreux parfums ont déja été reformulés, en prévision de ces restrictions, je pense entre autres à Femme de Rochas, maintenant presque méconnaissable, mais aussi à Mitsouko, dont la reformulation est en revanche réussie si l'on en croit Lucas Turin. Vous même, avez vous peut-être déja constaté qu'un parfum relativement ancien que vous portiez fidélement a légèrement été modifié. Mais ce nouveau règlement sonne définitivement le glas de nombreux parfums, et ce de manière officielle, sans il ne semble, de réelle opposition, contrairement aux mouvements que l'on a pu voir dans d'autres domaines, tels que le vin, lorsque de semblables lois étaient susceptibles de passer.
Ce qui est le plus dérangeant dans ce règlement, c'est le fondement de ces restrictions. Il n'est pas question ici d'éléments naturels cancérigènes par exemple, avec des constatations médicales avérées, non il s'agit de matières premières naturelles simplement et potentiellement allergènes.
Certains parfums peuvent coller la migraine, oui, dans ce cas il suffit de les éviter tout simplement. Je n'ai en revanche encore jamais rencontré de personnes allergiques aux parfums. Je sais bien que chacun est différent, mais je suis bien placée pour en parler, étant abonnée aux allergies diverses et variées.
En effet, j'ai eu une allergie énorme sur le ventre durant plus de dix ans à cause des ceintures et boutons de jeans en niquel, élément que l'on retrouve souvent dans les bijoux fantaisie et dont un bon nombre de personnes développent des allergies. Je précise au passage que cette allergie s'est évanouie du jour au lendemain, sans raison, ce qui porte à croire que beaucoup de réactions ont une forte origine psycho somatique. Avec le temps, et une mère qui a sept chats, je suis devenue un peu allergique aux poils de chat. Je suis allergique à la poussière, aux acariens, et même à certains fonds de teint, les rares fois où j'en use, vendus en pharmacie pourtant. Il m'arrive même d'être allergique à ma propre transpiration, c'est pour dire! Et curieusement, malgré un tel terrain propice aux allergies, je n'ai jamais développé la moindre réaction à un parfum.
Ce qui me fait dire que le parfum ne semble pas, à première vue, déclencher des ravages médicaux. Surtout, je me demande pourquoi il n'y a aucune loi règlementant l'usage du niquel dans les boutons de jean et autres accessoires, je me demande aussi pourquoi on n'interdit pas le méthylparaben, présent dans de nombreuses crèmes hydratantes, censé pourtant être cancérigène. Et surtout, bien que fumeuse, pourquoi aucun des additifs rajoutés dans les cigarettes, dont le fléau est pourtant plus qu'avéré, n'a jamais fait l'objet d'une quelconque réglementation. Question d'intérêts financiers? On peut s'interroger, au vu du coût des matières premières naturelles.
Outre le fait de ne pas retrouver sa fragrance favorite, ce règlement pose d'autres problèmes, dont celui de la transparence. En effet, est-il normal de vendre le même flacon, avec le même nom, la même boite, et surtout le même prix, alors qu'il ne s'agira plus de la même formule, et ce, sans qu'aucune communication n'ait été faîte au consommateur?
N'aurait il pas été plus judicieux, voire logique, comme cela se fait aujourd'hui pour les cigarettes et l'alcool, et comme l'ont suggéré de nombreux bloggeurs, d'aposer simplement une mention légale sur l'emballage, précisant que le parfum peut potentiellement provoquer des allergies?
Autre interrogation découlant de ce règlement: à terme, si les parfums reformulés ne plaisent plus, ceux-ci ne se vendront plus aussi bien, mettant ainsi en péril l'existence de tout un patrimoine olfactif, que l'on ne retrouve aussi développé qu'en France. De nombreux classiques, voire chefs d'oeuvre, pourraient alors disparaître.
A l'heure actuelle, il est difficile de dresser la liste des parfums qui risquent d'être réellement endommagés, mais on ne saurait trop conseiller de stocker, pour ceux qui le peuvent, leurs parfums préférés, surtout s'ils comportent une forte concentration dans les éléments suivants: la mousse de chène, indispensable aux parfums chyprés, mais aussi, le jasmin et la rose, tous trois, entre autres, dans le colimateur de l'IFRA.
Plus largement, ce mouvement s'inscrit dans une politique globale assez alarmante je trouve. De nombreuses entreprises polluent tous les jours, mais c'est à nous, citoyens, de faire attention et de restreindre sans cesse nos plaisirs, qu'il s'agisse de mode, de cuisine ou de vie de famille tout simplement. Certes, nous avons tous des gestes élémentaires à adopter pour le respect de notre planète et celui des autres, mais je pense que les plus grands maux que subit l'environnement aujourd'hui proviennent certainement plus du profit qui guide les productions polluantes que de notre mode de vie. Cela fait belle lurette que je n'ai plus la télévision chez moi au vu des programmes navrants que l'on y propose, mais lorsqu'il m'arrive de feuillleter un programme télé, je suis toujours atterrée par la pauvreté intellectuelle qu'on y trouve, comme si c'était plus simple d'abêtir le public à petit feu. Tout est moins piquant, même faire la fête sur Paris par exemple est devenu compliqué au vu des lois restreignant les libertés. Tout devient de plus en plus fade. Et je ne sais pas pourquoi mais ce règlement relatif aux parfums me semble tout à fait cohérent avec ce mouvement général, celui d'un monde sans saveurs.















