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mercredi 9 octobre 2013

Joy Forever de Jean Patou: coup d'éclat au "parfum le plus cher au monde"?

      Si Patou est une des maisons de couturiers qui s'est illustrée dans les beaux jours de la Parfumerie du début du XXème siècle, (Joy, Vacances, Colony, Moment Suprême), elle pourrait presque aujourd'hui se targuer de faire partie des marques de "niche" tant son rayonnement est devenu confidentiel.  Non  qu'elle soit tombée en désuétude, ses parfums continuent de vivre et d'être achetés par une clientèle fidèle, mais en privilégiant une adresse unique dans Paris, une discrétion de communication et une gamme qui ne cède pas aux dicktats du marketing,  elle se rapproche plus aujourd'hui des codes de ce qu'on appelle la Haute Parfumerie que de ceux du mainstream. 

    Devenue, notamment,  célèbre grâce à Joy, un floral composé d'une très belle qualité d'essence de rose et de jasmin, alors excessivement coûteux à produire,  (le "parfum le plus cher au monde") offert à ses clientes américaines ruinées comme un pied de nez à la crise de 1929, la marque Patou fait  aujourd'hui un clin d'oeil à cette situation en lançant un flanker de son best-seller, Joy Forever,  en pleine période de crise économique également. 



 J'ai trouvé ce parallèle intéressant, ainsi que la fragrance en elle-même, puisqu'elle m'a semblée totalement inscrite dans l'esprit de la maison,  contemporaine, sans verser dans le rajeunissement à tout prix. Exit, donc, la vaniline, l'éthyl maltol (caramel)  et les fruits rouges pour capter une nouvelle clientèle. 
  Ici, pour  esquisser ce que serait une version "moderne" du beau et grand classique Joy, Thomas Fontaine, le parfumeur qui a repris les rênes de la maison Patou, apporte de la fraicheur au traditionnel accord floral en lui greffant quelques notes de mandarine et de pêche,  ciselant une sensation duveteuse et lumineuse à l'envolée du parfum. Cette lumière s'épanouit en coeur avec la rondeur ingénue de la fleur d'oranger et le poudré de l'iris, mariés à la rose et au jasmin, (l'adn de Joy). Ce bouquet floral, à la fois dense et aérien, comme un lien entre la profondeur de l'original et les codes actuels de notre époque, évolue en se fondant dans le santal, d'ailleurs assez présent sur ma peau. 



   Au final, comme Juliette de Poivre Bleu, je trouve une petite touche années 80 à Joy Forever,  dans le bon sens du terme, en raison d'un certain classicisme, (revendiqué d'ailleurs, la clientèle visée est certes plus jeune, mais qu'il s'agisse du prix ou du style on ne s'adresse pas non plus à une jeune fille): un coeur floral sur un fond boisé crémeux, relevé de cette petite touche de pêche en tête qui a marqué certaines créations de ces années là. Mais tout en restant plus "léger", épuré, sans l'effet "épaulette" - qui personnellement ne me déplait pas - mais pouvant dater un parfum au "nez" de certains. Joy Forever pourrait être le parfum de cette femme à l'allure  romantique, féminine, raffinée, à l'image de l'esprit Patou, dont l'élégance et la qualité ont fondé la réputation. 



(Disponible courant octobre 2013 à la boutique Patou). 



lundi 9 septembre 2013

Lys Epona: une collaboration exceptionnelle pour une création très originale


        Depuis près d'un an se murmurait sur les forums de perfumistas la rumeur d'une collaboration entre une aficionados du forum et  la boutique Jovoy. Travailler au sein de cette boutique dédiée à l'univers des parfums de niche depuis plusieurs mois maintenant m'a donné l'opportunité de suivre ce projet de près. 

    C'est au détour d'une discussion entre celle dont l'anonymat n'est plus de mise, Annabelle, alias Cymoril,  et l'équipe de Jovoy qu'est né ce projet. A l'origine, une vision olfactive d'Annabelle: l'image d'une jeune femme, un bouquet de lys dans les bras croisant un cavalier de l'Ecole Militaire, à Paris, par une  journée d'été, où les effluves se trouvent souvent amplifiés par la chaleur. C'est la rencontre de l'odeur charnelle et lactée des fleurs blanches et celle, animale de la peau d'un cheval (crins, cuir, écurie...) qui a suscité l'envie de retranscrire ce moment en parfum. Au point de proposer à Amélie Bourgeois (parfumeuse chez FLAIR) de travailler sur ce "brief",  à qui l'idée parlerait à coup sûr, puisqu'elle est elle-même cavalière. Mais je vous invite à parcourir le blog de la muse de ce parfum, Lys Epona, pour en suivre la genèse. 

      Au cours de ces derniers mois, j'ai pu observer la fabrication totalement à l'ancienne de cette fragrance: mise en flacon, pose des étiquettes, le tout fait main, un vrai travail artisanal. Pour servir le propos du parfum, un lot d'une centaine de flacons art déco a été retrouvé par un antiquaire, tous emballés dans du papier journal d'époque.... où l'on peut suivre le résultat des courses hippiques. La boucle était donc bouclée. Au-delà de l'essence même du parfum, cette création pourra certainement séduire les collectionneurs et autres amateurs d'art, puisqu'il s'agit d'un projet limité: seuls cent flacons ont été mis en vente. 
        Mais assez parlé du contenant, venons à la fragrance elle-même.  La rencontre d'un bouquet de lys et d'un cavalier se matérialise dans un parfum floral cuiré. L'envolée verte, solaire et sensuelle de la tubéreuse embrasse le côté sombre du cuir: dès les notes de tête, le décor est posé. Si je perçois de prime abord plus une tubéreuse qu'un lys, peu à peu cela se mue en un bouquet de fleurs blanches, dont le jasmin vient apporter ses notes indolées aux facettes animales du cuir. En filigrane se dessine un aspect foin, probablement dû à la présence de narcisse dans la composition, qui se mêle au cuir pour rappeler l'univers "équestre"de la fragrance : on se figure l'écurie, les naseaux du cheval, l'odeur de la crinière, l'arnachement. En fond, le musc vient souligner les tonalités animales du labdanum, incontournable dans ce parfum puisqu'il apporte aussi cette  facette cuirée.


     Une création totalement unique en son genre,  qui a donné vie à un fantasme olfactif à découvrir d'urgence, que vous soyez amateur de parfums audacieux, collectionneur invétéré, ou simple curieux d'effluves aux émotions plus personnelles, loin des clichés en bouteille que l'on retrouve partout sur les étagères des Sephora. 




lundi 1 juillet 2013

White Zagora, petit coup de coeur parmi les nouvelles Colognes de The Different Company

   The Different Company vient d'ajouter 3 nouvelles "Colognes" à sa collection lancée l'année dernière (Sienne d'Hiver, Tokyo Bloom, Limon Do Cordoza et  After Midnight).   C'est Emile Coppermann qui a, une nouvelle fois, signé cette collaboration avec la marque, toujours dans l'esprit de proposer des fragrances d'allure légère mais à l'évolution plus complexe qu'une cologne au sens traditionnel du terme. 

    C'est ainsi que Kâshân Rose, South Bay et White Zagara ont vu le jour, trois parfums créés respectivement autour d'une rose à la fois fraîche, fruitée et boisée, autour d'un pamplemousse sur lit boisé, et d'une fleur d'oranger aussi bien fraîche que lascive.

   De ces trois nouvelles fragrances, celle qui m'a le plus séduite est White Zagara, qui réconcilie  l'effet de fraîcheur d'une cologne avec la sensualité d'un accord floral blanc et épicé.  Cette dualité évoque celle de cet oasis éponyme, entre luxuriance et abondance, contrastant avec le début du désert où elle se trouve située.


 N'étant pas une adepte des colognes aux notes d'agrumes fraîches et pétillantes, je me suis pourtant laissée surprendre par l'agréable envolée désaltérante de White Zagora, légèrement citronnée mais surtout fleurie, où le néroli apporte ses tonalités plus innocentes que l'absolu de fleur d'oranger. D'ailleurs si l'on a cherché avec cette collection à détourner la cologne de sa structure classique avec une complexité cachée derrière une apparente simplicité, on remarque que c'est ici le néroli qui caractérise le départ de ce parfum, comme un rappel aux codes du genre, puisque le néroli, associé aux agrumes, est une note emblématique de la cologne.

  C'est bientôt la fleur d'oranger qui se glisse au coeur de la composition, dévoilant ses notes charnelles, miellées et solaires. Même s'il n'est pas listé dans la pyramide officielle, il me semble déceler du jasmin, qui associé aux baies roses, évoquerait un peu les effluves sensuels  fleuris épicés de Fleurs d'Orangers de Serge Lutens, mais qui auraient été ici comme plongés dans un bain de fraîcheur plus estival. Si la tubéreuse vient se joindre à la rondeur de ce bouquet de fleurs blanches, les accents verts et  abricotés de l'osmanthus ajoutent quant à eux un brin d'espièglerie et de candeur à la composition.

   Le parfum s'étire sur un fond plus ambré et musqué, mais sec, minéral, dans l'idée d'évoquer le désert qui jouxte l'oasis marocaine,  source d'inspiration du parfum. C'est d'ailleurs pour cette raison que le choix de la note majeure  s'est ici tourné vers la fleur d'oranger,  matière s'il en est emblématique du Maroc, et qui sait se faire aussi bien fraîche que sensuelle et féminine, or c'est justement ce qu'Emilie Coppermann souhaitait transmettre dans ce parfum: un sentiment de légèreté sans être dénué de volupté pour autant.







mercredi 12 juin 2013

Iris Nazarena, ou quand l’iris passe à travers le prisme d’Aedes de Venustas.

Depuis quelques jours à peine,  Iris Nazarena, le deuxième parfum d’Aedes de Venustas, se dévoile en exclusivité  chez Jovoy aux curieux qui souhaiteraient le découvrir.



  Cette boutique de parfums new-yorkaise au décor baroque, prisée des perfumistas outre atlantique, avait déja séduit la blogosphère avec son premier opus  et ses notes excentriques de rhubarbe, sur fond boisé parsemé d’encens, où s’exprimait la patte créative de Bertrand Duchaufour.

  C’est Ralph Schwieger, (Lipstick Rose, L’Eau des Merveilles, Orange Sanguine) qui a composé cette deuxième fragrance, où l’on retrouve la trame d’encens qui pourrait bien être la signature d’Aedes de Venustas - le parfum éponyme chez L’Artisan Parfumeur tournait déja autour de cette note.

  Mais c’est l’iris et ses multiples tonalités qui tiennent le premier rôle, notamment une variété méconnue jusqu’ici: l’iris Nazarena. Bien que ce soit le rizhôme qu’on utilise pour le beurre d’iris, Ralph Schwieger a imaginé l’odeur de cette fleur particulière, qui, telle une muse, l’a inspiré: la beauté de ses pétales teintés de brun et de pourpre, comme autant de visages différents de l’iris. 


 

Centré autour de cet accord iris encens, deux matières puissantes, cet Iris Nazarena, les réunit pourtant dans un effet de clarté et de transparence dénué de lourdeur.


 C’est d’abord la facette râpeuse des accents carotte de l’iris que vous souffle la première bouffée du parfum, avant qu’elle ne s’enroule dans les volutes un peu “foin” du maté. Si c’est dans une évolution boisée et fumée que va se fondre la composition, on perçoit en arrière plan un nuage d’ambrette qui vient souligner les facettes florales un peu “grasses” et légèrement “whisky” de l’iris.  

  Le parfum s’épanouit ensuite dans les inflexions boisées de l’iris, où s’entremêlent le patchouli et le vétiver dans une étreinte presque fumée où domine l’encens. Une touche de cuir et de bois de oud, (plus suggéré ici à mon nez que réel), en fond, achèvent de mener la composition vers un univers plus sombre, aux confins du genre oriental.
  


jeudi 14 mars 2013

Vanille de Mona Di Orio: vanille "sans sucre ajouté".



       Comme je vous l'avais confié  précédemment, j'ai un gros faible pour la Vanille de Mona Di Orio. J'affectionne depuis toujours les orientaux, les poudrés, les floraux orientaux poudrés, les fleurs blanches l'été ... et les vanilles lorsqu'elles ne dégoulinent pas de sucre, qu'elles ne sont pas enrobées de 3 couches d'éthylmaltol (note caramel), mais plutôt traitées de manière originale, autour des facettes de la gousse,  tout en conservant leur rondeur sensuelle, bien sûr.


     Ce n'est donc pas une suprise que je sois tombée sous le charme de cette Vanille un peu sèche, à l'envolée fraîche voire un peu verte, sur  fond boisé, très légèrement fumé. S'il y a une association que j'aime particulièrement, c'est l'accord de notes boisées et vanillées, ainsi que l'alliance tabac-vanille.  Ce n'est pas pour rien qu'Habanita est un de mes parfums préférés, (bien qu'il ne puisse se résumer qu'à ça évidemment).

    L'envolée de cette vanille peut sembler de prime abord déconcertante, avec ses agrumes, ses accents d'orange amère et la verdeur du petit grain. Cette apparente fraicheur est d'ailleurs accentuée par l'aspect solaire de l'ylang ylang que dévoile ensuite le coeur de la composition. Mais ce n'est qu'une facette de la fragrance, puisque celle-ci joue aussi sur les nuances liquoreuses de l'absolu de vanille, avec cette note de rhum, dont l'effet est renforcé par les épices, notamment le clou de girofle. Rappelons ici que Mona Di Orio avait pensé cette vanille en imaginant les bateaux qui ramenaient des cargaisons de rhum, de gousses et d'épices des Comores ou de la Réunion. L'aspect liquoreux et épicé prend donc ici tout son sens.


  Mais attention, il ne s'agit pas ici d'un remake de Spiritueuse Double-vanille de Guerlain pour autant. La dimension rhum/epices reste en retenue, laissant ce parfum s'aventurer autour des inflexions boisées de la gousse, voire légèrement fumées, avec sa touche de bois de gaïac en fond, sensation que vient renforcer le vétiver. Que les adeptes de notes ambrées et chaleureuses se rassurent, la composition n'est  pas dénuée de toute rondeur, la fêve tonka et les baumes venant prolonger la douceur sensuelle de l'absolu de vanille.

  A essayer d'urgence pour les adeptes de l'Eau Duelle, de Vanille Insensée d'Atelier Cologne ou de Vanille absolument de l'Artisan Parfumeur.  Subtile et déroutante, cette fragrance est assez révélatrice de  la patte de Mona Di Orio, du moins celle que l'on retrouve dans la Collection des Nombres d'Or. Une manière de détourner une note, d'emmener sur un autre terrain que celui auquel on s'attendait d'après le nom du parfum, notamment pour le Musc, l'Oud ou la Tubéreuse.



  Un nouveau parfum viendra enrichir la gamme très prochainement, l'Eau Absolue, hommage à l'amour de la créatrice pour la Méditerranée, qui fait la part belle au petit grain, au basilic et aux notes boisées.  Une eau fraîche mais texturée, un peu épicée, un peu verte, mais au fond plus ambré, une fragrance à la fois vive et joyeuse, rayonnante comme un sourire avenant.


mardi 4 octobre 2011

De bonnes surprises pour la rentrée côté parfum.


Une fois n'est pas coutume, je trouve la rentrée riche en  émotions côté parfums. En effet, qu'il s'agisse de niche ou de mainstream, le mois de septembre nous a réservé quelques bonnes surprises. Trois parfums ont particulièrement retenu mon attention: Love eau intense de Chloe, Mon parfum Chéri d'Annick Goutal, et enfin, le Baiser volé de Cartier.

Love, eau intense n'a rien perdu de cet accord poudré et très propre, évoquant le gel douche Dove, en tête, qui caractérisait l'original, sorti en septembre dernier. Mais cet effet à la fois sage, propret, poudré, cotonneux, est ici comme  dévergondé de notes baumées et sensuelles en fond, délaissant le style féminin sage et chic de son aîné pour une eau de parfum plus séductrice et plus aguicheuse. Comme si cette version intense était le pendant nocturne du permier Love, Chloe.  On retrouve l'accord aisément identifiable de son aîné en tête, mais celui cohabite très vite avec un coeur et un fond enrichis en notes orientales.  Les notes de fleur d'oranger sont toujours  présentes, aux côtés de cet accord cosmétique rose-violette caractéristique des notes poudrées, d'odeur de maquillage et de talc. Mais si l'on reconnaît facilement cet accord, et donc la trame de l'original,   s'ajoutent de l'iris, (l'héliotrope y est aussi accentué), et surtout, un fond ambré, où la vanille joue la vedette aux côtés d'autres notes baumées, qui achèvent de donner ce charme sensuel et sexy qui manquait un peu au premier opus.


Le Baiser Volé, de Cartier, s'éloigne du registre du désormais regretté Baiser du Dragon, mais n'en reste pas moins une belle création, assez en marge de ce qui se fait en mainstream aujourd'hui.  Créé autour de l'idée d'un beau lys, fleur dont on ne peut extraire l'odeur à l'état naturel et dont il faut en restituer l'effet par d'autres procédés, ce parfum s'ouvre sur des notes un peu vertes, avec un effet "croquant", et un peu laiteux qui me rappelle vaguement Amaranthine. Peu à peu, le lys s'impose, dévoilant ses facettes "fleurs blanches" et épicées.  Je ne sais pas si ce lys a été ici reproduit à l'aide du headspace ou si on l'a reconstitué à l'aide d'autres fleurs blanches telles que l'ylang-ylang, mais ici ses aspects salés, que l'on retrouve dans Lys Méditerrannée de Fredéric Malle , sont délaissés au profit de notes épicées presque poivrées,  et d'une évolution poudrée, asssez inattendue pour ce registre. On distingue du galbanum en tête, de l'yang-ylang, pour l'effet bouquet floral, de l'eugénol, des notes poudrées telles que l'iris ou l'héliotropine, de la vanille en fond. L'effet est à la fois chic, sage, élégant, et empreint d'une certaine personnalité tout en restant dans un registre sobre.







Mon parfum Chéri m'avait beaucoup intriguée lors de son lancement en juin dernier,  car ses notes à la fois terreuses et presque "poussiéreuses" se déroulant vers une évolution plus fruitée (prunol), et poudrée (iris, héliotropine) en faisaient un parfum original et facetté.  Il me  faisait l'effet d'une fragrance tout droit sortie des années 40, rappelant les chypres de l'époque, avec cet effet un peu "fourrure", très Femme.  Cette structure très facettée fait que selon les jours où je le sens, certains aspects ressortent plus que d'autres. Aujourd'hui par exemple, c'est cet effet irisé, poudré, qui m'interpelle, m'évoquant des robes satinées, quelque chose de très féminin, d'autres fois, ce sont plutôt les accents terreux du patchouli et l'effet presque champignon, végétal de la feuille de violette, (et de l'octine, peut-être?),  qui me sautent au nez.  Deux aspects au prime abord assez éloignés qui cohabitent ici pour un effet tout en contraste: la féminité, le frôlement d'une robe en soie, en satin, qu'expriment les notes poudrées, cotoyant quelque chose de naturel, un peu "brut". Cet ensemble crée quelque chose de nouveau, jamais senti auparavant, même si bien sûr, Mon Parfum Chéri peut rappeller à coup sûr les grands chyprés d'époque,  (notamment avec cette prune que l'on retrouvait dans Femme de Rochas), il me semble d'ailleurs qu'un internaute a parlé d'un "parfum de garce" sur auparfum, et c'est une image qui me parle. 

mardi 30 août 2011

Petit tour d'horizon des nouveautés parfum

Comme chaque année, la fin des vacances nous offre son lot de nouveautés parfumées, histoire de se consoler des beaux jours qui s'achèvent . De nombreuses marques mainstream  font donc leur rentrée, et c'est l'occasion d'une petite revue olfactive.

Maddly, de Kenzo, sur papier, avait tout pour me plaire:   fleur d'oranger, héliotropine, vanille, cèdre... la lecture de la pyramide olfactive m'avait mis l'eau à la bouche. Malheureusement,  sur peau,  c'est une autre histoire. Certes il y a bien cette texture poudrée, un peu cosmétique (dûe à la présence de rose, d'héliotropine, et de vanille), qui rend le parfum assez séduisant,  avec des notes de tête hespéridées et fraîches, qui apportent un peu d'équilibre à la composition, mais.... très rapidement le parfum s'essouffle, à tel point que j'ai du mal à distinguer les différentes notes, tant il se mue en quelque chose de terne et de sourd. J'ai d'abord pensé que c'était ma peau qui l'étouffait, mais il semble que sur touche ce soit pareil. Très peu diffusif, et mis à part sa texture poudrée, ses notes florales, et un fond plus vanillé boisé-musqué, Madly de Kenzo reste discret au point qu'il est difficile de lui trouver un quelconque caractère. C'est dommage, les premières effluves de la composition ainsi que les notes annoncées laissaient rêveur....






Candy de Prada: Le registre sucré et gourmand chez Prada avait de quoi en surprendre plus d'un.... L'élégance classique et discrète de la marque cède ici la place à des notes gustatives, dans la mouvance actuelle, ce qui pouvait laisser craindre le pire. Heureusement, la gourmandise est traitée avec une relative finesse, dans l'esprit de la marque.  Nous ne sommes pas dans le caramel lourd et praliné auquel on aurait ajouté, comme dans de nombreux parfums gourmands qui ont suivi Angel, du patchouli et des notes fruitées. Non ici il s'agirait plutôt d'une odeur de caramel brûlé, sans autres notes sucrées pour l'alourdir sinon la sensualité des baumes. Résultat, même si le caramel et les bonbons ne sont pas ma tasse de thé, ces effluves caramélisées brûlées, un peu poudrées (présence d'héliotropine et d'iris), vanillées et baumées, restent plaisantes, dans le genre. L'éthyl maltol, qui domine la composition d'un bout à l'autre, gagne à être associé au benjoin, qui vient  lui apporter un peu d'élégance, mais aussi de la sensualité, là où de nombreuses notes fruitées réussissent d'habitude à le rendre écoeurant. Ethylmaltol, benjoin, mais aussi héliotropine, vanille, vaniline, baume du tolu et muscs, autant de notes qui font de cette gourmandise une réussite dans ce registre, preuve que chez Prada, la sucrerie peut avoir son charme, (même si ce n'est pas mon univers préféré),  sans tomber dans l'ultracalorifique à vous rendre malade.

  
L'homme libre, d'YSL:  avec son dyhydromercenol (DHmol) omniprésent, il fait partie des cancres de la rentrée. Pas d'évolution particulièrement intéressante, rien de nouveau sous le soleil, juste l'envie de passer son chemin. 

Le Dahlia Noir: joli nom pour cette nouveauté qui change des titres à rallonge  et des déclinaisons à n'en plus finir du style  "Very very irresistible summer fuit fresh"  que l'on retrouvait dernièrement chez Givenchy. Comme Méchant Loup, je suis partagée concernant ce parfum; je lui ai trouvé un effet un peu rétro, un peu chypré loin des néo chypres  que l'on retrouve partout. D'un autre côté, l'accord rose patchouli , omniprésent dernièrement en parfumerie, est ici, une fois de plus, repris.  Et surtout, on sent en fond cet effet bois ambré très montant, qui donne cette tournure  un peu chimique à la composition, assez décevante. Ensuite, il faut lui reconnaître  que cet aspect poudré que l'on sent poindre dès les notes de tête,  a son charme,  et que le parfum se distingue un peu de ces fragrances aux notes rose-patchouli-pêche que l'on sent partout, mais son fond très ambroxan agresse un peu et donne une sensation chimique peu agréable.

A très bientôt pour vous donner les consignes d'inscription concernant la soirée du 14 septembre!




lundi 4 juillet 2011

Batucada: l'Artisan Parfumeur visite le Brésil.

C'est avec plaisir que je reprends ici la plume, suite à une période d'inactivité: manque d'inspiration (oui, comme vous l'aurez peut-être constaté par vous-même, les derniers mois, entre l'Air de Nina Ricci,  Jimmi Choo et autres splendeurs de la parfumerie moderne, l'actualité ne s'est pas beaucoup prêtée aux coups de coeur), problèmes sur blogspot, manque de temps.... autant de raisons qui m'avaient momentanément fait délaisser mon blog.  

Heureusement, l'inspiration est revenue, notamment grâce au dernier-né de l'Artisan Parfumeur, Batucada, une eau de toilette soufflant le chaud et le frais, en hommage au Brésil. Composée par deux nez, français et brésilien, Karine Vinchon Spehner, (à qui l'on doit le Coeur de Vétiver Sacré, sorti l'an dernier) et Elisabeth Maier, cette eau de toilette évoque aussi bien les fameuses caïpirinhas, que les odeurs de peau ensoleillées, sur fond baumé de sensualité latine. 

Dédiée à cette danse sensuelle, la Batucada, qui signifie "les battements du coeur", cette nouvelle eau de toilette s'ouvre sur des notes hespéridées de citron vert (limette), mariées à de la menthe crépue, mais aussi à de la lie de vin, pour évoquer l'odeur de la caïpirinha, (un de mes cocktails favoris, au passage). Cette sensation très réaliste est assez saisissante ici, tandis que le davana vient ajouter un effet légèrement fruité, qui ajoute à l'aspect rafraïchissant des notes de tête. 

Mais Batucada n'est pas seulement un parfum frais, puisqu' il va dévoiler en coeur le côté charnel et ensoleillé des fleurs blanches, avec un ylang-ylang très présent, dont on a déployé l'effet solaire avec  des notes salicylées, mais aussi un accord fleur de tiaré. Comme l'ylang -ylang développe parfois des effluves un peu "banane", (comme dans Vanille Galante d'Hermès par exemple), je me demande si ce n'est pas le cas ici, et si l'on aurait pas ajouté un peu d'acetate de benzyl à la composition, à moins que ce ne soit la combinaison avec le davana qui donne cette sensation. 

Sans tomber véritablement dans l'effet opulent des fleurs blanches, le parfum prend à ce stade une tournure "peau chauffée au soleil", évoquant un peu les effluves de crèmes solaires dont on s'enduit l'été sur la plage. Des aldehydes C 18, (note coco), viennent ajouter à l'effet exotique de la composition, et une légère note calone apporte un côté iodé et aquatique, heureusement assez discret. 

Batucada s'achève sur un fond plus chaud, boisé et baumé, où le benjoin se mêle au santal d'Australie, au patchouli et au vétiver. Il est intéressant de noter ici qu'il s'agit d'un vétiver du Brésil, assez rare, puisqu'on utilise plutôt généralement du vétiver de Haïti, de Madagascar ou de Java. Le vétiver du Brésil est assez fumé en comparaison des variétés de Haïti ou Madagascar, mais moins que celui de Java. Quant au patchouli, il s'agit ici d'une fraction de patchouli, gommant ainsi l'aspect un peu camphré du patchouli au profit de ses facettes  chocolatées et gourmandes, qui se marie ainsi parfaitement bien aux notes de fond baumées, chaleureuses et sensuelles. 

C'est donc une composition originale que nous propose encore une fois l'Artisan Parfumeur, atypique et poétique,  même si pour ma part, je lui aurais préféré un peu plus de sillage. 


Disponible à partir du mois d'octobre dans les boutiques de l'Artisan Parfumeur. 







lundi 13 décembre 2010

Coup de coeur: Mitzah de Dior.

    Mitzah fait partie des nouvelles colognes de Dior que l'on peut actuellement découvrir au Bon Marché. Comme New Look 1947, Vétiver, Granville ou Cologne Royale, il s'agit en fait d'eaux de parfum, tout comme  le sont aussi devenues pour l'occasion Bois d'Argent, l'Eau noire et le reste de la collection.
  
     Cette nouvelle série de "colognes" se veut évoquer la vie de Christian Dior,  ce qui en fait grincer les dents plus d'un puisque cela n'est pas sans rappeler franchement les Exclusifs de Chanel. Mitzah rend ici hommage à la muse et conseillère du créateur, Mitzah Bricard, femme captivante à la féminité exacerbée. Ce parfum éponyme se voulait donc à son image: élégante,  sensuelle, mystérieuse, voire féline. 


    C'est donc sur la famille orientale que le choix de François Demachy s'est porté, et plus particulièrement sur les notes ambrées.  L'ouverture de  Mitzah m'évoque fortement Ambre Sultan de Serge Lutens, en raison de la note de coriandre qu'on retrouve aussi en tête de ce dernier, avec une légère sensation de fruits confits, mais surtout d'épices, (peut-être un peu de cardamome), notamment la cannelle, qui annonce le coeur du parfum, aux côtés de la Rose de damas.  

    A mesure que s'épanouissent les notes de coeur du parfum, celui-ci se fait plus doux qu'en tête, plus enveloppant, plus ronronnant.  Même si la composition ne cite que rose et cannelle  en coeur,  et que c'est ensuite, en fond, que sont citées vanille, labdanum, patchouli et autres notes orientalisantes, Mitzah lorgne déja, à ce stade,  très fort vers un accord ambré, et plus précisément vers l'ambre 83. Cette base est très utilisée pour les accords ambrés, et Ambre Sultan, justement,  en est une belle interprétation.

   
C'est d'ailleurs cet aspect très confortable, très rond et chaud, typique de cette base, qui fait le charme de ce parfum, qui lui donne toute cette sensualité, et ce côté un peu félin. Comme Sixtine d'Ambre Gris, je ne trouve pas ce parfum particulièrement évolutif, mais il est très agréable à porter.  Les notes de vanille et de miel vont certes renforcer la chaleur moelleuse de Mitzah, mais on les sent plus comme incorporées à un fond compact ambré, relevé d'encens qui vient souligner le charme épicé du parfum. On y perçoit également des notes boisées, telles que le patchouli, mais c'est surtout le labdanum,  qui me saute au nez,  dominant au côté de l'ambre 83 une bonne partie de l'évolution du parfum.

  Mitzah est donc, vous l'aurez compris, un parfum des plus adaptés à cette saison, idéal pour lutter contre ces froides températures. hivernales, de par toute la sensualité qu'il dégage.  Je ne pense pas qu'on puisse le qualifier d'extrêmement original ou novateur, mais il est très addictif  tout en offrant une très belle illustration du charme des accords ambrés.  Voici donc une "cologne" qui plaira à coup sûr aux adeptes des notes orientales et autres parfums capiteux.


mardi 23 novembre 2010

Spiritueuse Double Vanille de Guerlain, ou quand la vanille se fait "absolue".

Je n'avais pas craqué pour cette vanille la première fois que je l'avais sentie. Si j'aime les notes vanillées, je ne suis pas adepte pour autant des soliflores vanille, les trouvant souvent trop sucrés, trop gourmands. Ici, c'était le problème inverse, l'effet tabac amsterdammer de cette vanille est tellement présent sur moi que cela m'avait décontenancée au premier essai.


Les goûts évoluant au fûr et à mesure que l'on sent et ressent des parfums, cette vanille  enivrante a fini par me séduire. Les premières notes me font penser à une gousse de vanille qu'on aurait plongée dans du rhum arrangé, avec des épices, des raisins et des bois. On note aussi de la bergamote en tête, et des baies roses, ce qui peut donner cet aspect épicé à l'ouverture du parfum. 

Cet effet rhum se dissipe rapidement sur ma peau pour laisser place à cette odeur particulière de tabac ansterdammer, de tabac à pipe, où le cèdre prédomine très nettement. J'y perçois aussi des notes florales, comme de la rose, je pense, peut-être du jasmin et du ylang -ylang, aussi, bien qu'ici on soit clairement dans  le registre d'une  vanille boisée, loin de la vanille tahitensia, qui, elle, est fleurie et poudrée. L'encens, présent en coeur, vient prolonger la trame épicée annoncée en tête par les baies roses, tout en apportant un peu de chaleur  boisée et de caractère à cette vanille.

Les avis divergent beaucoup au sujet de cette double vanille spiritueuse, certains la jugeant  trop  gourmande, alors, et c'est peut-être une question de peau, que justement, sur la mienne, elle ne joue pas la facilité. Certes, on reste dans le thème d'une vanille, le parfum est nécessairement un peu sucré, mais ce n'est vraiment pas l'aspect qui domine. Ce n'est qu'en fond, quelques heures plus tard, que SDV s'achèvera sur des notes plus gourmandes et plus traditionnelles.  Le parfum se fond sur des notes plus ambrées, empreintes sans doute de labdanum, mais où percent surtout de l'absolu de vanille et du benjoin, apportant beaucoup de sensualité au parfum. Il est possible que de la fève tonka vienne également arrondir les dernières notes, envoûtantes, du parfum.

C'est amusant d'ailleurs car SDV devient presque plus féminin dans ses notes de fond que dans celles de tête ou de coeur, où justement elle se dévoilerait à merveille sur la peau d'un homme, pour cet univers un peu liquoreux, un peu tabac, très prononcé au prime abord. SDV peut avoir un côté réconfortant, pas pour la facette douce et rassurante de la vanille gourmande, mais justement en raison de cet aspect liquoreux et tabac, qui peut évoquer des odeurs que l'on a tous senti dans l'enfance, lorsque l'on cotoyait des adultes. C'est entre autres ce qui rend ce parfum agréable à porter, qui m'a valu d'ailleurs pas mal de compliments.


Créée avant Havana vanille de l'Artisan Parfumeur, Spiritueuse double vanille visite le  même univers, tout en donnant quelque chose d'assez différent olfactivement. L'idée est de montrer la vanille telle qu'elle est lorsqu'on la sent en absolu, avec ses accents rhum et tabac justement, légèrement cuirés, loin de la vanille crémeuse et gourmande qu'on associe à la vaniline.S'inscrivant totalement dans l'univers de la maison Guerlain, Spiritueuse double vanille rend ici hommage à une des matières premières maîtresse de la fameuse "guerlinade".


mardi 21 septembre 2010

Kiss me tender, parfums Nicolaï, héliotrope romantique.

Douceur, romantisme et dégradé de pastel.... autant de mots qui me viennent à l'esprit lorsque je sens le dernier-né de la maison de Nicolaï.  Centré autour de la fleur d'héliotrope, dont l'élément de synthèse  est l'héliotropine,  découverte en 1868, que l'on utilise en parfumerie puisqu'on ne peut extraire directement l'odeur de la fleur,  ce Kiss me tender est une sorte de gourmandise légère, qui m'évoque un peu le sucre glace des patisseries auquel on aurait ajouté un peu de fraîcheur en tête. 


De même que lorsque l'on sent l'héliotropine seule, il y a dans Kiss me tender ce zeste de fraîcheur en tête associé à des notes amandées et poudrées qui caractérisent l'héliotropine. On note dans la composition de la fleur d'oranger et du jasmin, mais j'avoue que ces notes florales ne sont pas très présentes sur ma peau. J'y  perçois bien un soupçon de fleur d'oranger mais ce sont surtout des notes de cannelle et de vanille qui s'annoncent, m'évoquant un peu l'odeur du spéculoos. 

C'est un peu comme si le dégradé de couleurs pastel évoluait vers un ensemble plus doré. La facette amandée se fait alors plus vanillée, sans tomber pour autant dans quelque chose d'hyper calorifique. D'un bout à l'autre de son évolution,  Kiss me tender reste  une gourmandise tout en finesse, sans lourdeur aucune. En effet, la nature amandée de l'héliotropine est équilibrée ici par la présence de notes florales, même si elles ne dominent pas, qui évitent ainsi  l'overdose de sucre. En outre, la texture de ce parfum a quelque chose de léger qui ajoute à ce sentiment de douceur et de subtilité.


En conclusion,  Kiss me tender se situe pour moi à mi-chemin entre la douceur poétique et romantique d'Après l'Ondée et les charmes sucrés-sexy de Louve, de Lutens.

mardi 7 septembre 2010

Songes, un peu de soleil dans un ciel gris.

Dans l'attente de pouvoir sentir plusieurs nouveautés qui me font de l'oeil (minuit noir de lolita lempicka, sensuous noir d'estée lauder ou encore la déclinaison plus vanillée de Shalimar), j'ai eu envie de revenir sur un de mes chouchous, Songes, d'annick Goutal, espérant ainsi ramener un peu d'été indien en cette grisaille parisienne.

Par un étrange hasard j'ai eu un coup de foudre un samedi après-midi pour ce parfum, pour découvrir en rentrant chez moi, que grain de musc venait juste de lui consacrer un article le jour même. Heureuse coïncidence? Toujours est-il que depuis un an je ne me lasse pas de ces délices exotiques composés de fleurs blanches et de vanille, et que si je ne me parfume pas précisément dans ce but, c'est néanmoins celui qui me vaut le plus de compliments. 

En effet, la première chose qu'évoque Songes, c'est le monoï, les vacances, la peau chauffée au soleil sur une plage à l'autre bout du monde... Pas étonnant qu'il plaise autant donc, puisqu'il renvoie à une image communément positive pour tout un chacun. Pourtant quand on le porte souvent et qu'on l'analyse un peu, ce n'est pas une simple odeur de monoï qu'il dégage. Sa première bouffée jasminée est un vrai plaisir, qui laisse  deviner une autre brassée de fleurs blanches saupoudrée de vanille. 

C'est la fleur de frangipanier et la  tiaré, en annonçant le coeur du parfum, qui donnent cette touche si exotique à Songes, car en effet, pour qui en a déja respiré sous les tropiques, l'effet est saisissant.  Je pense qu'à ces fleurs blanches s'ajoute sans doute de la tubéreuse même si elle ne figure pas dans la pyramide olfactive, du moins pour l'eau de toilette, qui a des accents verts, contrairement à l'eau de parfum, plus sucrée, plus ronde, un peu plus "grasse" aussi.  Car ce n'est rien de dire que Songes est un parfum à texture crémeuse, très enveloppant, notamment grâce à l'ylang-ylang, qui vient arrondir ce beau bouquet de fleurs blanches, avant de se fondre dans une belle note vanillée. Celle-ci ne fait qu'enrober de sensualité un parfum déja très charnel, envoûtant. 


Ce coeur s'épanouit sur un fond à la fois ambré et sucré, équilibré par une touche boisée, grâce à l'encens, le santal et le vétiver, qui l'empêche de tomber totalement dans un effet "monoï", trop gourmand.  Songes est un vrai délice à porter, car il se prête magnifiquement aux températures estivales, mais il ajoute un peu de chaleur et de bonne humeur en hiver, d'ailleurs son sillage y ressort tout aussi magnifiquement. Pour bien faire, je dirais que l'idéal est de porter l'eau de toilette l'été, qui, avec son petit côté vert l'allège un peu, et d'opter pour l'eau de parfum l'hiver, plus capiteux, plus enveloppant. 

mercredi 18 août 2010

Love, de Chloe: quand poudré rime avec modernité ...

La description de la dernière nouveauté de chez Chloe m'avait mis l'eau à la bouche: un poudré remis au goût du jour, en effet,  il ne m'en fallait pas plus pour attendre impatiemment sa sortie. Au final, je ne sais pas si c'est un parfum que je porterais, mais en tout cas je m'avoue assez séduite par l'esprit de cette création. 

Directement inspiré des poudres de riz et notamment de la célèbre poudre de Coty, de cet effet "talc", qui peut paraître daté ou ancien aux yeux de certains, Love de Chloe n'en est pas moins un parfum plutôt sexy qui trouvera son public j'en suis sûre.  Il m'évoque un chassé croisé de plusieurs parfums en fait: un peu de Lipstick rose de Frédéric Malle pour le côté poudré/cosmétique mais néanmoins vif,  jeune, un peu d'Ombre Rose de Jean Charles Brosseau, le parfum "poudre de riz" par excellence,  un peu de Rahat Loukoum de Lutens pour le côté amandé gourmand mais tout en finesse...Bref des références plutôt sympathiques en somme. 


Les premières notes de Love m'évoquent donc cet effet cosmétique que l'on retrouve également dans Drôle de Rose de l'Artisan Parfumeur. Cette senteur très poudrée, où l'on sentirait presque de la rose et de la violette, même  si elles n'apparaissent pas dans la composition. En fait Love n'est pas doté de ces deux notes, mais c'est un effet, une sensation que provoque ce parfum, en raison de cette dimension très cosmétique, un peu rétro, parce qu'il s'apparente à ces floraux poudrés très féminins qui, souvent, en contiennent. Sauf que très rapidement c'est la fleur d'oranger qui s'impose, pour donner un côté moelleux au parfum, plus sexy aussi, plus aguicheur.

Une fleur d'oranger crémeuse, suave, assortie d'un beau bouquet de fleurs, composé entre autres de lilas, de jacinthe et de glycine d'après la composition, auquel vient s'ajouter l"iris, évidemment, comme dans de nombreux parfums poudrés. Mais c'est surtout l'héliotropine que l'on devine, sous ce bouquet floral, et qui donne cet effet poudre de riz au parfum. Il est même possible que cette sensation ronde, rassurante et légèrement amandée soit accentuée par la présence de coumarine, même si celle-ci ne figure pas dans la composition officielle de Love.

Les notes de fond me semblent moins perceptibles, peut-être parce que la tenue est moyenne, peut-être parce qu'elles sont tout simplement plus en sourdine.  Love s'alanguit sur un fond musqué,  (muscs blancs), doux, sans doute enrichi d'une pointe de vanille, qui prolonge cet aspect talc et poudré, douillet. A mon sens, la force de ce parfum est d'allier ces notes poudrées, au charme rétro, à quelque chose de moderne, pimpant et sexy.

jeudi 5 août 2010

Des nouveautés chez Différentes Latitudes, (suite).

Après Amouage, c'est au tour de Frapin de nous mettre l'eau à la bouche à la rentrée, ou plus exactement en octobre.   On connaît avant tout Frapin pour le cognac, mais Différentes Latitudes a permis à cette marque de s'exprimer également dans le domaine du parfum (dont l'oenologie  n'est  finalement pas un art si éloigné) et de développer des fragrances mettant en valeur les étapes de la création du cognac en senteurs. C'est ainsi qu'on doit à la marque Frapin le parfum 1272, un oriental boisé, ou encore l'Humaniste, plus hespéridé/arômatique, entre épices et agrumes.


Le prochain parfum de Frapin se nomme Les Ailes du Désir, un bien joli nom que servira un très beau flacon d'après les descriptions qui m'en ont été faîtes, bien que je ne l'aie pas encore vu. Créé par Bertrand Duchaufour, on retrouve l'esprit rhum arrangé en ouverture qui caractérise celle d'Havana Vanille, sauf qu'ici, la première idée qui m'est venue à l'esprit serait celle d'un rhum arrangé au pruneau plutôt qu'à la vanille. L'univers liquoreux est  donc d'emblée bien présent  avec cette absolu de rhum, pour évoluer vers quelque chose de très charnel, qui colle bien au nom de la fragrance. 

Doté également d'une facette florale, peu présente sur ma peau lors de l'essai sur le poignet, plus évidente sur touche en revanche, composée apparemment de rose et de jasmin, le parfum prend doucement une dimension ambrée, annoncée par des notes d'épices qui apportent chaleur et caractère au parfum.  On perçoit également beaucoup d'accents boisés dans l'évolution du parfum, dont je  ne connais pas la composition exacte, mais sans doute du ciste labdanum, qui donne cette chaleur ambrée au parfum,  et peut-être aussi du cèdre et du patchouli.  Le tout donne quelque chose de très sensuel, enivrant, qu'il me tarde de réessayer plus longuement sur la peau. Le parfum s'épanouit également sur une note cuirée, (décidément le cuir est à l'honneur cet automne), qui se mêle harmonieusement au fond ambré et boisé du parfum. J'ai pour habitude de tester plusieurs fois un parfum avant de craquer ou de m'en faire un avis définitif, mais, en tout cas, au premier essai, j'ai presque eu un coup de foudre!


D'autres nouveautés vont enrichir la gamme de produits que propose Différentes Latitudes, à savoir les parfums Odin, du concept store new-yorkais éponyme. Distribuée  jusqu'ici  qu'à New York, cette marque   a déja sorti 3 parfums, Nomad, Owari et Century,  que l'on retrouvera en France, à la rentrée, mais aussi leur tout dernier, Petrana. Cette quatrième fragrance sera articulée autour de l'accord iris-violette.






vendredi 23 juillet 2010

Shalimar: je t'aime moi non plus.

De la même  manière que beaucoup de petites filles ont un jour rêvé d'emprunter le maquillage de leur mère ou leurs talons aiguilles, moi j'ai toujours rêvé de porter Shalimar. En effet, cela m'apparaissait comme une évolution logique de ma quête parfumée, non seulement parce que j'étais sensible aux volutes vanillées d'Habanita, mais aussi parce que Guerlain était une référence en terme de parfums, qu'il s'agisse de ma découverte récente de l'Heure bleue, ou  du goût de ma mère pour Samsara et Après l'Ondée.  Vous me direz, pourquoi oser porter Habanita à 14 ans mais pas Shalimar? Je ne sais pas,  peut-être que ce dernier m'impressionnait, me paraissant plus Femme. 



Si l'on ajoute à cela que son flacon me faisait rêver, sans parler de la beauté de ce nom, (véritable ôde à l'amour), ce n'est rien de dire que  j'attendais impatiemment d'avoir la petite vingtaine pour porter Shalimar. Mais, malheureusement, lorsque je me sentis en âge de le faire, je ne retrouvais  pas le sillage envoûtant  que je sentais sur les autres.  Ce n'est pas faute d'avoir persévéré pourtant, grâce à un beau flacon sucrier que je reçus en cadeau, une eau de toilette, qui, c'est vrai, me paraît un peu plus belle que l'actuelle, (plus profonde, où  l'on percevrait presque quelques accents cuirés), bien que je ne porte pas assez fidèlement Shalimar pour déceler nettement  les éventuelles reformulations que l'on lui prête.



Pendant près d'un an, je le portais en alternance avec d'autres parfums, m'obstinant,  mais le fait est que c'est  un des rares parfums qui ne me valut aucun compliment, sans compter qu'il avait parfois tendance à me donner la migraine. J'aurais pu supporter cela si je m'étais sentie entourée de ce hâlo sensuel et subtil, rond et vanillé, délicieusement équilibré tel qu'on le connaît, mais non, sur moi je ne sentais qu'un mélange de bergamote, citron et opoponax, lourd,  voire un peu agressif.  Un effet "peau de chamois" comme je l'ai déja lu quelque part, sec voire un peu aigre.  C'est pourquoi je le laissais tomber peu à peu, résignée par le fait  que l'alchimie avec ma peau ne devait tout simplement pas fonctionner, retournant avec délices à mon Heure bleue et autres trésors parfumés.  Et c'est vrai, on lit souvent que Shalimar évolue beaucoup d'une peau à l'autre, ceci expliquant peut-être cela.

Depuis, je réessaie régulièrement de le porter, guettant les réactions de mon entourage, essayant de me concentrer pour ressentir la fameuse magie de ce parfum, le plus souvent sans succès.  J'ai tout essayé, extrait, eau de parfum, eau de toilette, crèmes  et autres dérivés, mais rien à faire, le charme n'opère pas. Mon copain, pourtant  sensible aux beaux orientaux vanillés,  semble à chaque fois dubitatif, et une amie, qui sans être passionnée, connaît assez bien les classiques de Guerlain, m'a même dit  un jour: "Tiens c'est marrant, je l'aurais pas reconnu sur toi,  Shalimar".  Seule ma mère persiste à me dire que "j'hallucine", et qu'il sent tout à fait normalement sur ma peau. Mystère, donc. C'est d'autant plus frustrant que c'est probablement un des parfums qui me transporte le plus lorsque je le sens par hasard au détour d'une rue. 


Alors hier, j'ai encore voulu tenter l'expérience. Mais cette fois, j'ai profité d'une journée zen, où je prenais le temps de le découvrir par toutes petites touches d'extrait, et d'un peu d'eau de toilette sur les vêtements.  Une journée calme, où j'étais d'humeur lente, comme pour profiter de chaque évolution de Shalimar. Une journée non ponctuée par des impératifs de travail ou quelconque forme de stress, plutôt sous le signe de la  "dolce vita". C'est curieux, de la même manière que certains états prédisposent aux rencontres amoureuses par exemple (une certaine disponibilité de l'esprit notamment), il semble que certaines humeurs prédisposent aux rencontres parfumées.  Car, hier, enfin, j'ai pu me laisser bercer par la sublime musique de Shalimar, savourer doucement chaque note des délicieuses effluves qu'on lui connaît, sur ma peau.  J'ai enfin retrouvé cet  équilibre subtile entre les notes de têtes hespéridées, et ce fond vanillé, un peu animal, tout en étant poudré grâce à l'iris en coeur. Cette vanille, non écoeurante ou alimentaire, très élégante,  majestueuse, soutenue par l'opoponax,  et relevée de notes très légérement cuirées en fond, d'une féminité absolue et d'une sensualité frôlant l'érotisme.  J'ai beau apprécier toute une foule de parfums orientaux aux accents vanillés,  on ne peut nier que Shalimar a ce petit quelque chose en plus, comme le petit truc qui distinguerait  une Marilyn de centaines d'autres blondes pulpeuses par exemple.

Ce n'est pas pour autant  que je  vais porter Shalimar tous les 4 matins, contrairement à l'Heure Bleue, pourtant très complexe, mais dans lequel je me sens immédiatement bien comme on peut l'être dans son jean préféré. Non,  Shalimar est un parfum que je réserverai pour certains moments, mais je suis contente d'en avoir au moins, pour une fois, saisi la magie.

lundi 12 juillet 2010

Or des Indes, de Maître parfumeur et gantier: habanita de bonne famille

C'est certes une interprétation toute personnelle, mais ce bel Or des indes de MPG m'évoque un Habanita un peu assagi, un Habanita qu'on aurait coiffé de collier de perles et qui aurait reçu une éducation plus stricte.

Pourtant, on le décrit bien volontiers comme le Shalimar de cette marque, ou comme un mélange de celui-ci et de l'Heure bleue, mais c'est vraiment à Habanita qu'il me fait le plus penser, en moins tabac cuiré et encore plus poudré.

Avec un départ un peu "savon à l'ancienne", cet Or des indes dévoile néanmoins rapidement ses cartes, puisqu'on sent nettement l'évolution ambrée vanillée que le parfum va prendre.  En effet, les notes de lavande, de géranium et de bergamote en tête laissent assez vite place à un coeur dense épicé et vanillé. Or des indes a quelque chose de compact, dont il est difficile de démêler chaque note, mais  il semble que l'oppoponax soit une des majeures composantes de ce parfum. On en trouve également dans Shalimar et c'est sans doute pour cette raison qu'on le compare souvent à ce dernier.  Cet oppoponax se pare ici de notes épicées, notamment la canelle je pense, même si elle n'apparaît pas dans la pyramide olfactive. 

Mais si l'oppoponax est bien présent, c'est avant tout la vanille qui règne en maître dans ce parfum aux résonnances lointaines et orientales. Elle est ici enrichie de notes poudrées, qui lui apportent autant de douceur que d'élégance, mais aussi d'accents boisés, tel que le santal,  notamment en fond. Cet Or des Indes s'étire longtemps sur un fond baumé, ambré, addictif. Sensuel, il l'est pourtant de manière moins débridée qu'Habanita. Il lui ressemble certes beaucoup avec sa vanille, ses notes boisées et poudrées, mais plus en retenue. Peut-être parce qu'on sent moins ce côté "garçonne", inhérent à la création  d'Habanita, et qui lui donne ce petit quelque chose d'un peu canaille, dont Or des Indes est dépourvu. 

Mais cette création de MPG n'en reste pas moins très belle, avec ses connotations exotiques,  censées évoquer l'opulence des Palais des Maharadjas, source d'inspiration.

jeudi 24 juin 2010

Nuit Noire, de Mona Di Orio.

Il y a longtemps que le fameux Nuit Noire de Mona di Orio m'intriguait, ayant lu de très bons avis  sur auparfum.com,  à la différence de ceux de Luca Turin, qui dans son guide, assassine toutes ses créations.  Je trouve ça curieux, car en effet, sans avoir testé de manière approfondie tous les parfums de Mona di Orio, la plupart semblent empreints  de ce charme vintage du début du siècle, notamment Nuit Noire.  Je crois que Jeanne d'au parfum le décrivait comme "tout droit sorti du laboratoire d'Aimé Guerlain" et c'est en effet la sensation que cette création donne: de la densité, de la complexité et de belles matières premières associées à quelque chose d'animal. 

Cette animalité saute d'ailleurs au nez dès les premières minutes lorsqu'on vaporise le parfum.  Cette impression un peu "violente" m'avait d'ailleurs plus marquée sur touche, car elle se fait plutôt furtive sur peau. Certes le parfum garde cette dimension animale tout au long de son évolution, mais les premières notes  sont un peu "criardes", acides, et peuvent surprendre, d'autant plus qu'elles laissent percevoir la présence de civette  (ou un équivalent moderne) dans la composition. Le départ est pour le moins original, avec sa dose d'agrumes articulés autour de la fleur d'oranger. C'est d'ailleurs peut-être  l'orange guinnée  qui  contribue à donner ce départ inhabituel au parfum, (qui ne s'apparente pas à quelque chose d'hespéridé classique). Ceci d'autant plus qu'elle est associée à la cardamome, comme pour annoncer la dimension épicée du parfum, qui finit d'achever cette sensation un peu violente des notes de tête.  Mais ce sentiment s'estompe plutôt vite finalement, tandis que la fleur d'oranger continue de s'imposer au coeur de l'évolution du parfum.


Cet élément central est d'ailleurs bien choisi puisque Nuit Noire, (outre un hommage à Serge Lutens)  se veut aussi une ôde aux  nuits tunisiennes. En effet, passées les notes de tête, la fleur d'oranger domine toujours mais  s'accompagne d'autres fleurs blanches, telles que le jasmin semble-t-il, ou encore la tubéreuse d'après la pyramide. A ce stade, le parfum s'adoucit nettement, pour laisser place à une texture veloutée, toute en rondeur, féminine à souhait. Des épices viennent tout de même troubler cette sensation de douceur, notamment le clou de girofle, qui pourrait presque évoquer l'oeillet ici, contribuant à apporter ce charme un peu vintage au parfum. D'autres épices relèvent un peu le coeur, comme la cannelle et l'oliban, qui apportent cette dimension orientale, d'autant plus qu'ils s'associent peu à peu à une facette boisée. Sur ma peau le cèdre est très affirmé au côté de la fleur d'oranger, mais on note également du santal dans la composition. Tout ce coeur dense donne quelque chose d'à la fois doux et chaud, toujours empreint de cette touche animale qui s'étire sur le fond.

Malheureusement sur ma peau je ne distingue pas trop l'accord ambré promis dans les notes de fond, mais en revanche je sens nettement un fond très musqué,  doux, mais charnel. Si la fêve tonka est présente, les notes cuirées ne s'affirment pas vraiment non plus, tandis que persiste longtemps, très longtemps, cette base musquée, animale, dans la veine des grands classiques du début du siècle. En effet Nuit Noire tient très bien, en plus d'un sillage enveloppant.

Un  beau parfum en somme, doté d'une belle évolution, d'un caractère certain, qui peut plaire ou déplaire mais pas laisser indifférent.

A noter que si  Mona Di Orio consacre ici un hommage à Serge Lutens, c'est avec Edmond Roudnitsa qu'elle a fait ses classes. Vous pouvez notamment découvrir la totalité de ses créations à la boutique Marie Antoinette, dans le Marais, place Sainte Catherine.


mercredi 2 juin 2010

Parfum vintage: My Sin de Lanvin, (extrait et edt)

J'ai déniché, lors d'une brocante, un petit flacon  d'extrait de My Sin, et je suis tombée depuis sous le charme de ce parfum.  Je me suis ensuite lancée en quête d'une version eau de toilette sur ebay afin de mieux apprécier son sillage  lorsque je le portais. Pour tout avouer, je ne le connaissais pas avant de l'acheter, j'en avais déja entendu parler, or  il m'a semblé sur le coup que cet extrait vintage n'avait pas viré. J'ai donc craqué, bien m'en a pris.... Ce beau floral aldéhydé est de toute beauté et d'une animalité qui n'a rien à envier à certains orientaux. 



Créé en 1924, époque qu'il reflète bien de par la séduction d'un autre temps, entre boudoirs et lingerie fine, il n'a pourtant rien de désuet puisqu'il m' valu quelques compliments. Soyeux, velouté, il  peut évoquer la peau d'une femme, l'extrême féminité, une certaine intimité également qui aurait quelque chose de charnel,  tout en finesse.  C'est à Mme Zed qu'on le doit, femme russe qui l'a créé pour Lanvin parmi quelques autres créations au cours de cette période.




My sin, Mon péché en français, porte bien son nom, tout chaleureux et profond qu'il est. Très aldéhydé en tête, surtout dans sa version edt, d'une tonalité plus claire et lumineuse que l'extrait,  dans laquelle on perçoit d'ailleurs plus la note citronnée et celle de la sauge, il laisse pourtant dès le départ entrevoir une petite touche  dorée, légèrement miellée. Nettement plus présente dans l'extrait, cette touche de néroli/fleur d'oranger (je ne saurais être précise ici),  donne le "la": celui du coeur où le parfum va peu à peu se dévoiler. 




En effet, My sin peut se vanter d'un magnifique coeur floral, composé de rose et jasmin, m'a-t-il semblé distinguer presque uniquement aux premiers tests. C'est au premier d'abord difficile d'en déceler chaque note, surtout dans l'extrait, tant il donne une sensation compacte de matières premières fondues et liées les unes aux autres. En persistant, on y sent très nettement du ylang ylang, qui vient assoir la petite touche dorée du départ. Celle-ci se fait d'ailleurs nettement plus lumineuse dans l'edt.  Pour autant, le parfum à ce stade n'est pas réellement opulent ou narcotique mais plutôt d'une exquise douceur, évoquant une intimité un peu charnelle.  On y perçoit aussi quelques relents épicés, sans doute dûs à la présence de clou de girofle,  tout en gardant quelque chose de très élégant, grâce à l'iris.  D'après sa composition, il semblerait que ce "péché" soit aussi doté de muguet, lilas et jacinthe, moins évidents à mon nez,  si ce n'est peut-être dans l'edt. 


La douceur et la féminité  de la rose et du jasmin s'étire sur un fond  un peu musqué, me semble-t-il, tout en  étant très  animal grâce à  la civette, qui lui donne ce "petit quelque chose" en plus.  La touche légèrement miellée du départ, se prolonge également grâce à la vanille  et au baume du Tolu, présents en notes de fond, ainsi qu'à une touche ambrée, bien que celle-ci n'apparaisse pas dans la pyramide.  Inutile de préciser que cet aspect ne fait qu'ajouter à la dimension sensuelle et captivante de My Sin. Enfin, des notes boisées de vétiver et de cèdre, surtout en edt, viennent achever de donner toute sa beauté et toute sa dimension au parfum.





Rond, séducteur un  peu à la manière du n°5 lorsqu'il était encore doté de ses notes animales en fond,  My Sin semble structuré d'une main de maître, tant à mes yeux c'est une véritable chef d'oeuvre d'un autre temps. Pourtant, je le trouve encore tout à fait portable, surtout si l'on cultive un look plus jeune qui contraste un peu avec. Le seul regret que j'avais tenait à son manque d'ampleur en extrait, dans le sens où il se fait parfum de peau, comme s'il  jouait en sourdine, bien là mais perceptible seulement des proches qui auraient le droit de s'approcher. Ceci n'est pas sans charme, mais j'aime les parfums à sillage, c'est pourquoi le compléter avec L'eau My Sin permet de dégager un peu plus de ses délicieuses effluves.  A noter d'ailleurs que cette eau de toilette est d'une excellente tenue pour  sa concentration, surtout si on la compare à la ténacité des edt actuelles.

lundi 31 mai 2010

Parfums ambrés....

En me promenant dans mon quartier l'autre jour, (alors qu'il faisait ... beau, oui oui), je fus happée par un sillage "doré", qui m'intrigua au plus haut point. Je tournai la tête frénétiquement en me demandant d'où pouvait-il bien venir, ne voyant que peu de personnes dans la rue, si ce n'est une petite personne âgée montant la côte avec lenteur. Ce sillage, chaud, un peu ambré, mais pourtant léger  en ce sens qu'il s'adaptait très bien  aux températures, ne cessait de venir, disparaitre, revenir.. Au bout de dix minutes, je dûs bien me rendre à l'évidence, c'est cette petite grand mère (certes un peu lookée, en y regardant de plus près, pour son âge) qui embaûmait délicieusement la rue de ses effluves... .

Je me résouds donc à lui demander son parfum, et quelle ne fût pas ma surprise quand elle me répondit "Ambre de l'Occitane". Ah bon.  Non pas que je considére les parfums de l'Occitane mauvais du fait qu'ils soient plus accessibles que ceux d'autres marques ou  auréolés de moins de prestige, mais je  ne me souvenais pas d'une telle odeur lorsque j'avais essayé tous leurs produits quelques années plus tôt. Me souvenant du bel article consacré au Labdanum de Séville de la même maison par Méchant Loup, qui m'avait en effet assez plu, je me rendais donc aujourd'hui  très enthousiasmée chez l'Occitane pour tester cet Ambre sur ma peau. 

Malheureusement, sur moi, je n'ai point retrouvé cette odeur délicieuse,  chaude et solaire, légèrement sucrée  mais pas trop, ambrée et à coup sûr empreinte de labdanum que j'avais respirée dans la rue ce jour là. Je ne sais pas si c'est cette dame qui peut se vanter d'une alchimie particulière avec son parfum, ou si c'était tout simplement les notes de  fond que j'ai senties dans la rue, mais la magie n'opère pas sur ma peau, ni sur touche d'ailleurs.

Le départ est très sucré, trop même à mon goût, à tel point qu'il mé'voquerait presque  le côté très gourmand d'Angel. Je pense d'ailleurs que l'Ambre d'Occitane se compose d'un petite touche fruitée en tête qui produit cet effet, probablement associé à un peu de patchouli dans sa pyramide.  Cette eau de toilette évolue ensuite sur un ambre très vanillé, ce qui à la base n'est pas pour me déplaire, si ce n'est cette note très sucrée qui persiste, là où j'avais espéré  plutôt sentir du labdanum très prononcé. Et on en trouve pourtant dans la composition,  mais ce n'est pas la note qui domine en coeur.  Certes le fond est très agréable, la touche sucrée  (un peu cheap à mon nez) s'atténue au profit d'un fond ambré vanillé  mais un peu plus boisé, qui me séduit plus. Malheureusement il m'a fallu attendre bien plus d'une heure pour sentir mon poignet avec délectation.

Je le re-testerai à l'occasion, car il faut toujours plusieurs essais sur peau lorsqu'on découvre un parfum.  Cela m'a  donné envie d'aller sentir à nouveau Ambre Précieux de Maître Parfumeur et Gantier. Il s'agit ici d'un ambre de texture plus "consistante", doté de notes de tête légèrement arômatiques  (peut-être en raison de la lavande présente dans sa structure) qui s'épanouissent vite  sur un ambre chaud,  assez dense.  On y décèle des épices,  (cannelle, noix de muscade), des notes d'encens, qui évoluent doucement sur un fond ambré vanillé, sensation accentuée par les notes de baume du Tolu et baume du Pérou, elles mêmes un peu vanillées. Malgré cet aspect très rond, cet ambre  ne tombe pas dans l'overdose de sucre  grâce aux notes boisées , résineuses et balsamiques, présentes dans sa composition,  qui l'équilibrent à merveille.   En revanche , 'est un parfum qui "se mérite", en ce sens qu'il faut lui laisser un bon quart d'heure pour qu'il dévoile ses charmes, car c'est son évolution qui est très belle, et non les notes de tête pas forcément des plus agréables.

L'ambre Précieux de MPG semble s'inscrire dans la même veine que celui de  l'Artisan Parfumeur,  de par sa rondeur, son aspect onctueux,  tout en étant plus complexe, plus résineux, plus évolutif.... et un peu plus mixte également. C'est un parfum très enveloppant, qui doit être délicieux à porter par temps froid, plein de chaleur et de sensualité. Peut-être un futur coup de coeur pour l'hiver prochain?