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vendredi 3 mai 2013

Olfactorama 2012, le prix des amoureux du parfum.

    Les consommateurs souvent,  les vendeuses, parfois,  "le parfum, tout le monde s'en cogne", résumait tristement un de mes acolytes  lors du lancement pourtant très sympathique de la boutique Liquides mercredi 24 avril dernier, à deux pas de la rue de Bretagne. 
  
    Tout le monde? Non. Une petite poignée d'irréductibles,  qui semble résister à ce cynisme ambiant,  s'est réunie dans les locaux de l'ESP (nouvelle école destinée aux métiers de l'olfaction,  accessible directement après le bac), samedi dernier pour la remise des prix de la première édition de l'Olfactorama 2012

    L'olfactorama,  comme vous l'avez peut être lu sur d'autres blogs récemment, est un prix organisé par cinq blogueurs, dans l'idée de récompenser les lancement de 2012 les plus remarquables, qu'il s'agisse du mainstream, ou de la niche, d'un coup de coeur ou d'audace technique.

   Guerlain, qui semble rafler tous les prix cette année avec sa Petite Robe Noire (Fifi awards, Marie Claire etc...) s'est illustré ici avec Shalimar Initial L'eau, pour le prix du grand féminin. Un flanker, parmi tout autant de flankers ou éditions limitées pour les nominés... Une sélection  qui semble déroutante de prime abord mais qui n'est qu'à l'image d'une année 2012 pauvre en créativité chez les grandes marques  (Manifesto, La Vie est Belle et j'en passe), la qualité se révélant plutôt dans des fragrances éphémères ou des déclinaisons (Baiser Volé edt, Alien collection Le Goût du Parfum, First Eau de parfum intense, L'eau en blanc Lolita Lempicka).  Thierry Wasser nous a gratifié d'un beau discours pour l'occasion, rappelant que c'est à travers notre  communauté de passionnés, qui s'exprime aujourd'hui beaucoup sur la toile, que le parfum continue à vivre pleinement.

   Les hommes ont été plus gâtés que nous l'an passé, puisqu'entre Noir de Tom Ford, Spicebomb (la bonne surprise de Victor& Rolf) ou Déclaration d'Un Soir de Cartier, le choix fût cornélien. C'est ce dernier qui a  remporté l'adhésion des jurés, pour sa beauté et son originalité, une rose sombre, boisée et épicée que nous a concoctée Mathilde Laurent, dont la présence parmi nous en a ravi plus d'un,  (surtout une personne en particulier dont je tairais le nom ici...).



  La parfumerie alternative n'était pas en reste, qu'il s'agisse d'émotion avec le prix de l'enthousiasme, ou d'audace créative pour le prix de la virtuosité, l'année 2012 a été plutôt prolifique côté niche. Si mon chouchou était Bijou Romantique d'Etat Libre d'Orange, avec un petit faible pour Lumière Blanche d'Olfactive Studio, c'est Séville à l'Aube de l'Artisan Parfumeur qui a séduit le jury pour le prix de l'Enthousiasme.
   Difficile de choisir entre des créations telles que Bois d'Ascèse de Naomi Goodsir, Musc Tonkin de Parfum d'Empire ou Perle de Mousse d'Ann Gérard, mais c'est Mito de Vero Profumo, un chypre à l'envolée hespéridée radieuse qui a remporté le prix de la virtuosité.



  Parce que le parfum c'est aussi une histoire d'ambiance,  la bougie Tubéreuse de Frédéric Malle, dans la veine du beau Carnal Flower, s'est imposée comme le gagnant du prix Atmosphère. Enfin,  les initiatives autour de l'univers olfactif méritant qu'on s'y attarde, le jury de l'Olfactorama a souhaité souligner les démarches telles que celle de Constance de Roubaix, avec In The Ere, l'évènementiel par les Sens ou encore celle du Ministère au Parfum.

   Une première édition de ce prix des blogueurs très enthousiasmante, qui laisse présager d'autres bons moments en perspective.




  

   

jeudi 21 février 2013

Plusieurs lancements à suivre dans la Parfumerie alternative

   Entre un déménagement, un nouveau travail et des textes à écrire, j'essaie de trouver le temps de vous parler des dernières nouveautés qui rythment ce début d'année côté niche. Frédéric Malle et son Dries Van Noten, qui vient tout juste de sortir, et dont on murmure les notes depuis plusieurs semaines déja, L'Artisan parfumeur et son Caligna qui sortira en avril prochain, et enfin, le tout dernier Olfactive Studio dont le lancement avait lieu mardi dernier.
   C'est autour du traditionnel accord pamplemousse-vétiver qu'ont choisi de broder Céline Verleure et le parfumeur Olivier Cresp pour ce 5ème opus de la marque. Ici l'originalité consiste en l'ajout d'une belle note rhubarbe qui apporte du peps et de l'espièglerie à un genre plutôt sobre et classique.  La fraîcheur acidulée et piquante des notes de têtes, prolongée par la note pomme, relevée d'un effet épicé-poivré,  contraste avec l'aspect fumé et sombre du vétiver.  Comme à chaque fois, la fragrance est mise en perspective avec une photographie, ici un travail intéressant de Laurent Segretier, autour d'un cliché pris à travers du verre brisé, éclaté, pour un rendu original et assez captivant.


   On ne peut pas dire qu'on abuse de la nouveauté chez Frédéric Malle pour attirer le public, bien au contraire, on mise plutôt sur une certaine sobriété. Aussi, les rumeurs alimentant l'existence d'une nouvelle création furent nombreuses l'an dernier, chacun y allant de son pronostic sur le parfumeur ou le genre de la future fragrance (floral muguet, boisé etc...).
   Il s'agit en fait d'un boisé épicé gourmand, construit autour d'un santal crémeux et lacté, composé par Bruno Jovanovic, en hommage à l'univers de la marque Dries Van Noten, (dérogeant ainsi au concept habituel des éditions de parfum).
  La première fois que je l'ai senti, sur la peau de quelqu'un d'autre, il m'a fortement évoqué la bougie Russian Nights de Sophia Grosjman.  Sur la mienne toutefois, cette impression se dissipa assez vite, pour laisser place à un départ boisé et gourmand, (santal, vanille), mais aussi épicé (cannelle), plutôt savoureux. J'aurais presque pu penser à Bois des Iles de Chanel,  mais le rendu est au final assez différent, malgré un départ aux accents pains d'épices et fruits confits, renforcé dans la gourmandise par la note caramel de l'éthyl maltol. On note aussi d'après les dossiers de presse l'ajout d'une   molécule sulfurol pour renforcer l'aspect "biscuit" du santal.                                                      


   L'évolution est très surprenante, puisqu'en coeur j'ai la sensation soudaine d'entrevoir le spectre de Dans tes bras, avec son aspect champignon-peau salée. C'est probablement la violette présente dans cette fragrance qui fait écho à la facette feuille de violette- octine du parfum de Maurice Roucel, mais c'est assez surprenant voire déconcertant lorsqu'on ne s'y attend pas.  Pendant une bonne heure, je sens alternativement un santal gourmand et épicé, puis la base de Dans Tes Bras, m'empêchant ainsi de saisir  l'effet d'ensemble à la composition. Dommage,  les notes de tête étaient assez prometteuses. Le fond s'éteint presque, pour laisser place à un effluve tantôt vanillé, tantôt terreux, plutôt indistinct,  bref il semble que définitivement,  ma peau ne rende pas justice à ce parfum.

   Au-delà de son évolution, le parfum dégage de bout en bout une sensation compacte, que je n'ai d'abord pas comprise, avant qu'une amie plus piquée de mode que moi m'explique que cela collait parfaitement aux créations de Dries Van Noten.  En outre, il semble que Frédéric Malle ait voulu traduire l'atmosphère confortable et chaleureuse de l'univers flamand de la maison de mode par un accord gourmand et épais,  en ce sens c'est réussi.  Dommage que sur ma peau, la composition s'effondre aussi rapidement.

  Un autre lancement est à prévoir au début du printemps prochain, chez L'Artisan Parfumeur,  évoquant une promenade dans l'arrière pays grassois. Des notes de figue, de jasmin, de chêne, mais surtout de sauge ponctuent cette ballade, mais je vous en dirais plus prochainement.