Affichage des articles dont le libellé est Revues de parfum.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Revues de parfum.. Afficher tous les articles

mercredi 19 octobre 2011

Immortelle Marylin, le parfum aux deux visages.

Immortelle Marylin  n'est pas un parfum que je porterais, mais je le trouve néanmoins très intéressant à divers points de vue.

Le nom, dans un premier temps, ce jeu de mots qui évoque aussi bien Marylin Monroe, l'icône, éternelle, du glamour par excellence, que l'immortelle, cette plante caractéristique du maquis, matière première épicée rappelant l'odeur du curry.


La fragrance en elle-même, ensuite, propose un accord inhabituel, celui des notes épicées (noix de muscade, immortelle) associées à une trame poudrée (iris).  Dès les notes de tête, ce parfum surprend, avec sa touche de noisette, très inhabituelle dans une composition.  S'y ajoutent l'amorce épicée qui s'intensifiera au fûr et à mesure, avec l'immortelle; mais aussi une pincée de framboise, relativement discrète, mais  assez présente pour évoquer, aux côtés des notes poudrées, un effet maquillage un peu "lipstick".   Cette framboise se manifeste d'ailleurs plus, je trouve,  par un effet "ionone" (aux tonalités framboise, violette ou boisées) qu'à proprement parler fruit rouge. On note aussi dans la composition de l'ylang-ylang, même si sur ma peau, cette note florale reste en sourdine. 


Sur peau, justement, l'effet poudré et cosmétique, voire presque, ici, gourmand,  s'affirme plus que sur touche,  où les notes épicées et cuirées vont peu à peu prendre le dessus. Le parfum a tendance  à s'arrondir au porté,  alors que sur touche, en tête,  persiste une note plus  mordante, "dérangeante", au sens inhabituel du terme, peut-être dûe à l'association ylang-framboise - noisette et immortelle, mais aussi à la noix de muscade qui prend de l'ampleur dans l'évolution. Comme le souligne l'article qui est dédié à Immortelle Marylin sur Au parfum,  cette fragrance est intéressante, car l'on y perçoit une facette cosmétique, douce, à fois féminine et enfantine (un peu à la manière de Louve par exemple),  qui cohabite avec quelque chose de plus corsé, plus sombre, qui lui donne toute son originalité. Ces deux facettes peuvent symboliser l'ambivalence de la célèbre star, entre l'image solaire et sophistiquée qu'elle projetait sur le devant de la scène, et les angoisses plus noires qui l'habitaient. 

Passée l'ouverture du parfum s'impose donc la noix de muscade mais aussi le beurre d'iris, avec presque cet effet un peu "carotte", qu'on lui prête parfois. Apparaît progressivement une dimension cuirée, qui va s'harmoniser totalement avec l'aspect fumé de l'immortelle. Le parfum se fond peu à peu dans un ensemble sombre, dense et épicé, autour de l'absolu d'immortelle,  et ses accents "curry", dont la ténacité et la rémanence sont soutenues par les muscs et l'ambroxan en fond. 

Immortelle Marylin est donc une fragrance ambivalente, superposant une facette poudrée, symbole de la féminité absolue à un fond épicé, plus sec, qui peut plaire ou déplaire, mais assez novatrice dans son style. 




lundi 11 avril 2011

1697: un parfum nommé Désir

C'est peu dire que j'attendais impatiemment la sortie du dernier parfum Frapin depuis six mois. En effet, l'ayant senti à deux reprises, en juillet, puis en décembre dernier, j'avais eu une sorte d'énorme coup de coeur pour cette nouveauté. Pourtant nous n'avions que peu de temps pour faire connaissance, à peine deux fois, furtivement, mais alors, quel souvenir m'avait laissé cet élixir liquoreux à souhait, nouveau venu dans la gamme des parfums distribués par Différentes Latitudes. 

Si l'on excepte ce changement de concentration, intervenu entre temps, (comme je l'ai lu sur grain de musc et c'est en effet ce que m'avait annoncé l'équipe de DL), de 12 à 14%, qui modifie légèrement la fragrance en ce qu'elle me semble moins ample dans son déroulement des notes, désormais plus abrupte et compacte, mon plaisir reste entier à enfin pouvoir me l'approprier maintenant qu'elle est officiellement sortie.


Dans un esprit de cohérence totale avec l'univers de la fameuse marque de cognac, les notes de tête de 1697 donnent d'emblée le ton de la composition: liquoreux. De l'absolue de rhum, mais aussi le davana cher au créateur Bertrand Duchaufour, font de l'ouverture de ce parfum une sensation de rhum arrangé semblable à celle dont il avait déja paré Havana Vanille, mais cette fois, on serait plutôt ici dans un rhum arrangé au pruneau. On perçoit tout de suite la texture très veloutée que va garder le parfum tout au long de son évolution, dans un décor sombre teinté de couleurs pourpres et ambrées. 


Tandis que se déploie un coeur plus floral, (ylang-ylang, jasmin), apparaît  également  une rose sombre, qui s'accorde à merveille avec les notes épicées de cannelle et de clou de girofle du parfum, tissant et étirant l'univers licencieux du parfum.  Comme celui-ci est assez facetté, il développe également un aspect cuiré en fond (isbutylquinoléine?), que vient arrondir la vanille, probablement en absolu, du moins il ne s'agit pas ici d'une vaniline aux accents vanillés sucrés. 1697 est aussi un parfum délicieusement ambré, en raison de la forte présence, en fond, du ciste labdanum et de la fève tonka. Il me semble aussi y déceler du cèdre, assurant la continuité du fil épicé et liquoreux des notes de tête et de coeur, et du patchouli, qui est sans doute à l'origine de cette texture très veloutée, avec un effet presque cacao-van houten, de la fragrance. Il va sans dire ici que les notes de fond sont particulièrement addictives et chaleureuses. 

Si la sensation très alcoolisée en tête, très vineuse, accentuée par la nouvelle concentration et qui perdure tout au long de la composition n'est pas l'aspect que je préfère dans 1697, je raffole de ces multiples facettes s'emmêlant les unes aux autres, entre liqueurs,épices, fleurs, ambre et cuir. Le tout donne une sensation très sensuelle, charnelle, totalement en accord avec le nom de la fragrance choisie initialement: Les Ailes du désir, avant que des problèmes juridiques (liés au film éponyme de Wim Wenders) viennent en imposer un autre, 1697 (année de l'anoblissement de la famille Frapin par Louis XIV). 


J'avoue que je souhaitais parler bien plus tôt de ce beau 1697, sorti en édition limitée et numérotée, mais le temps m'a manqué, ce qui est dommage puisque les flacons ont dû tous être vendus depuis, mais on peut peut-être espérer une plus large diffusion?  

mardi 15 février 2011

Dernières nouveautés chez Guerlain: Shalimar Parfum Initial et La petite robe noire 2.

 Ces nouveautés ne réjouiront peut-être pas les amoureux des grands classiques de Guerlain, néanmoins elles méritent qu'on s'y attarde car elles sont vraiment jolies dans leur style.  Shalimar  Parfum Initial décontenancera sûrement les adeptes de l'original, mais si on le considère comme un parfum à part entière et non  tel un flanker, on trouve un joli parfum jeune et sexy, certes un peu sucré, mais réellement bien exécuté dans ces esprit: en effet, on ne peut y nier la qualité des matières premières. Quant à la Petite Robe noire 2,  je la préfère nettement à la première, je la trouve plus douce, moins gourmande, plus élégante, peut être pas novatrice, mais très agréable dans son genre. 

Shalimar Parfum Initial, qui sortira à la fin de ce mois, s'adresse, je présume,  aux jeunes filles qui n'oseraient pas s'essayer à Shalimar, telle une invitation à se laisser tenter par le fameux best seller de la maison Guerlain, comme un premier pas vers le plus célèbre des orientaux.  Il s'ouvre sur des notes hespéridées, bien que la bergamote soit moins présente que dans l'original, car c'est surtout un bel iris, ou plutôt beurre d'iris qu'on sent poindre nettement dès l'ouverture. Les notes florales moins perceptibles de Shalimar ont ici été poussées, (rose, jasmin) pour un effet assez différent de son grand frère. Si l'effet est plus floral, il est aussi nettement plus gourmand, notamment en raison de la présence de la fêve tonka, en note de fond, qui apporte une sensation moelleuse et ronde au parfum. Il n'est pas impossible que quelques notes fruitées, apportent un petit quelque chose de pimpant, pétillant à la composition.  L'effet  "rajeuni" est bien là, mais l'iris très présent lui confère ce charme poudré qui le distingue des parfums fleuris fruités ou  gourmands que l'on sent partout en ce moment. 

Il s'étire enfin sur des notes vanillées, addictives, si typiques de la maison Guerlain. Les notes de fond sont effet celles où l'on retrouve vraiment Shalimar, même si l'effet reste bien distinct d'un bout à l'autre de la composition.  Alors, oui, ce parfum lorgne vers le style jeune fille qui est en vogue, en ce moment, mais c'est très joliment orchestré. 

La petite robe noire ne m'avait pas emballée lors de sa sortie. Pas mon style de parfum, pas le registre où l'on attendait Guerlain, et puis un réglisse tellement présent qu'il m'évoquait trop Lolita Lempicka. Bien sûr, c'était bien fait, mais je n'ai pas accroché. La seconde version, tout juste sortie ou qui va sortir dans les prochains jours, tourne autour de la fleur d'oranger,  avec un côté guimauve, mais plus en finesse que la première, une jolie gourmandise légère en quelque sorte. Certes on reste dans un registre "accessible", mais c'est très "mignon". Il faut dire que les notes de fleur d'oranger et de vanille y sont pour beaucoup puisque ce sont des notes que j'affectionne particulièrement.  Des notes, fugaces, de bergamote en tête, une évolution où domine nettement la fleur d'oranger, élément central du parfum, relevé d'un côté très guimauve (on reste dans la gourmandise).  Cet effet a quelque chose d'amandé, voire un peu dragée.  On note aussi une facette poudrée,  probablement dûe à la présence d'iris dans la composition. Le fond s'alanguit sur des notes vanillées, musquées et légèrement cuirées, ce qui n'est pas pour me déplaire, apportant un peu d'originalité au parfum tout en contrebalançant le côté guimauve.  Sur touche cet effet fleur d'oranger et cuiré persiste longtemps et n'est franchement pas dénué de charme!


(nb: cet article vient d'être légèrement modifié suite à de nouveaux essais. )

mardi 4 janvier 2011

Quoi de neuf chez Différentes Latitudes cet hiver?

Comme je l'avais annoncé cet été, Les Ailes du Désir, le dernier Frapin, (et qui est à tomber), devait sortir en 2010. Malheureusement, sa sortie a dûe être retardée, mais on peut l'attendre raisonnablement pour le mois de Février. 

Le dernier-né de la marque, réalisé par Bertrand Duchaufour, devra en revanche changer de nom, pour s'intituler 1697. Toutefois, sa composition reste fort heureusement inchangée, avec son ouverture "rhum arrangé" qui évolue sur des notes plus ambrées presque cuirées. C'est en fait le davana,  une matière première liquoreuse à souhait, légèrement fruitée, originaire du sud de l'Inde, qui est l'élément central de ce parfum.  J'attends donc impatiemment sa sortie pour pouvoir en parler plus longuement. 

Mais d'autres nouveautés déja disponibles sur le stand Différentes Latidudes des Galeries Lafayette nous permettent de patienter, qu'il s'agisse de l'Opus IV  de la collection Library chez Amouage, du dernier Memoir pour femme, sans oublier  des bougies de la même marque.  L'opus IV est un parfum mixte, épicé, avec ses notes de coriandre en tête, (associées au pamplemousse et à la mandarine), de cardamome, de baies roses et de cumin en coeur,  entourées de la rose. On y sent aussi une légère dimension arômatique, probablement en raison de la présence d'élemi et de feuille de violette. Le fond s'arrondit légèrement en raison de la ciste, et du baume du pérou, tandis que l'encens d'oman prolonge doucement l'effet épicé que l'on perçoit tout au long de l'évolution du parfum. Ces sensations proviennent néanmoins d'une impression sur touche, donc elles restent à préciser.

Autre nouveauté chez Amouage, le dernier "Memoir" pour femme, un chypre centré autour de la note absinthe, mais où l'on perçoit nettement la présence de la  rose et de  la tubéreuse sur un fond boisé. D'une texture très crémeuse sur peau, et très diffusant, ce chypre m'a immédiatement rappelé un parfum des années 80 mais sur le coup, impossible de me souvenir lequel.... Une impression fugace comme ça.. peut-être un petit côté Poison, tout en étant différent bien sûr....mais les notes épicées, la rose,  les fleurs blanches et le fond boisé m'en ont en tout cas évoqué le souvenir.


Robert Piguet propose également une nouveauté, Calypso, apparemment assez différent de l'original. N'ayant pas connu la version initiale, il m'est difficile de les comparer et d'apporter un regard objectif, néanmoins il s'agit d'une composition où l'iris est assez prononcé, associé à des notes fruitées (mandarine en tête, orange en coeur) , à la rose (rose de mai et rose bulgare), sur fond ambré, puisque l'ambroxan y est très présent, aux côtés du patchouli. Ce parfum offre un fort sillage, au charme poudré (du fait de l'iris et de la rose), tout en étant d'une écriture moderne, même si l'on peut être déçu de ne pas connaître une composition fidèle à celle d'origine.

Pour finir, si la marque Byredo a été assez prolifique côté sorties en 2010 (Tulipe, Palerme, M/Mink), elle a en outre décidé d'augmenter la concentration de ses eaux de parfum. C'est ainsi que Bal d'Afrique voit sa tenue s'affirmer, grâce à une concentration de plus de 20%, ce qui permet aux notes de coeur et de fond d'être plus présentes, faisant ainsi plus ressortir la "tagète", plante issue d'Afrique dont l'odeur est justement proche de celle du davana.

En quelques mots, pour résumer, rien de tel qu'un petit tour sur le stand Différentes Latitudes des Galeries pour bien commencer l'année!

dimanche 14 novembre 2010

La traversée du Bosphore, de l'Artisan Parfumeur: promenade au coeur d'Istambul.

Cela faisait plusieurs mois que l'on attendait impatiemment ce nouvel Artisan parfumeur, tant les descriptions nous avaient mis l'eau à la bouche. Et c'est rien de le dire puisque cette Traversée du Bosphore surfe sur une vague à la fois gourmande et orientalisante, aux accents cuirés, plus ou moins affirmés selon les peaux.

Orientalisant, oui, tel était le pari à l'origine de cette nouveauté, censée évoquer une ballade à Istambul, la ville trait d'union entre orient et occident. Mais il s'agissait ici de ne pas faire un oriental avec les habituels codes vanillés. Ici c'est plutôt le cuir, évoquant les tanneries de la ville,  les épices et  les notes amandées pour  rappelant  ses gourmandises qui donnent le ton oriental au parfum. 


Un parfum s'ouvrant d'abord sur un accord pomme verte, nous transporte sur les coussins d'un bar à chicha, pour fumer un narguilé arômatisé à la pomme. Celle-ci  permet aussi de donner un peu de fraîcheur en tête au parfum, avant qu'il ne s'épanouisse sur des notes plus épicées, annoncées d'emblée par le piquant du gingembre, en tête, et joliment relevées par le safran. La grenade fait bien sûr aussi partie du paysage, au côté de la tulipe, présente dans la composition, même si elle n'est pas évidente à première vue.

L'iris pointe ensuite le bout de son nez,  tandis que se développe doucement une subtile note de cuir, (loin de la reconstitution classique à l'aide du bois de bouleau que l'on peut connaître), ici c'est plutôt  une note cuir un peu odeur de "peau". Puis, et c'est là où réside entre autres l'attrait de ce parfum, cet effet cuir se retrouve équilibré, arrondi par un accord gourmand, qui va d'ailleurs s'affirmer de manière définitive sur ma peau.

 En effet, La traversée du Bosphore varie beaucoup d'une peau à une autre, chose que j'adore. Sur certaines l'équilibre entre le cuir et l'esprit loukoum est divin, sur la mienne,  ayant naturellement tendance à  sucrer les parfums, malheureusement, l'aspect amandé est un peu trop présent, me donnant l'impression d'être un loukoum géant à la rose et à la pistache. Néanmoins, cela donne un  charme poudré au parfum, ce qui n'est pas pour me déplaire.

L'effet loukoum est saisissant, on a vraiment l'image d'une patisserie orientale recouverte de sucre glace, et les notes pistaches, assez originales dans un parfum je trouve, semblent plus vraies que nature. Toujours pour évoquer les charmes d'Istambul, il s'agit bien sûr d'un loukoum à la rose, une rose de Damas, une rose turque, aux accents traditionnellement fruités en tête et qui s'accorde bien ici avec la construction du parfum. Cet aspect loukoum se prolonge longtemps sur ma peau... au point d'en éclipser un peu les autres subtilités de la Traversée du Bosphore mais que je vais  quand même tenter d'évoquer.

Outre cet accord loukoum, l'idée était aussi de créer plusieurs couches de cuir, à différents stades du parfum, à chaque fois équilibrées par d'autres notes. Le cuir,  en sourdine sur ma peau, est donc ici un cuir  doux, un peu daim, un peu fumé aussi, symbolisant les tanneries d'Istambul. Les notes baumées qui viennent l'adoucir ajoutent d'ailleurs à sa délicatesse. Le parfum se fond enfin sur des notes plus boisées, et musquées, mais  l'ensemble reste  très sucré amandé sur ma peau, bien que l'on sente, une facette cuir, veloutée, un peu timide, cachée sous ces délices gourmands.


Depuis quelque temps, la tenue des parfums de cette belle maison semble  s'être améliorée (je pense notamment à Havana vanille ou Nuit de tubéreuse),  et c'est encore le cas ici de cette nouveauté. Sans être envahissant, lourd ou très enveloppant, le sillage est bien réel, les notes de fond restent sur la peau, et la tenue sur les vêtements est très bonne. Cette nouveauté, qui s'inscrit dans la collection des carnets de voyages de l'Artisan Parfumeur, brille donc par son originalité, celle d'un accord cuir-loukoum, pour le moins novateur.  

Pour vous faire un autre avis de cette  Traversée du Bosphore, rendez-vous sur le site de Poivrebleu!

dimanche 10 octobre 2010

Back to Black/Aphrodisiac, By Kilian: quand le tabac blond se fait aguicheur...

C'est seulement un an après sa sortie que j'ai eu envie de parler de Back to Black.  La première fois que je l'ai senti, j'ai failli fondre immédiatement pour son odeur de tabac miellé sensuel à souhait.  Mais comme je fais toujours plusieurs essais sur peau avant de craquer pour un parfum, j'y avais détecté cette note fruit rouge-framboise dans son évolution qui m'avait un peu déplu et j'avais passé mon chemin. (C'est peut-être en réaction à l'overdose de ce style sur le marché actuel, mais j'ai vraiment du mal avec les notes fruitées).

Un an plus tard me prend l'envie de retenter ma chance, comme ça, au cas où, par curiosité... Et là l'alchimie fonctionne, je  me sens totalement conquise par ses effluves "aphrodisiaques" (puisque c'est ainsi, également, qu'il se nomme). Et, en effet, Back to Black ne laisse pas indifférente la gente masculine, car le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est un parfum sexy. 


Certains lui prêtent une ressemblance avec Angel, d'autres lui trouvent un côté cacao en poudre mêlé à des accents fruités,  sur moi c'est surtout la facette tabac miellé qui ressort, puisqu'il semble s'exprimer très différemment d'une peau à une autre. Certes, ce n'est pas forcément très novateur comme thème; on retrouve  par exemple cet effet dans Ambre Narguilé d'Hermès (plus liquoreux cependant),  ou dans Tobacco Vanille de Tom Ford (plus sec), mais c'est joliment fait, avec de belles matières premières. Un côté un peu tabac "shicha",  mais plus vanillé, plus baumé, avec des notes de framboise qui se fondent dans un lit vaguement chocolaté, sans être écoeurant pour autant.  Comme l'a dit Poivre bleu, il renvoie à diverses références olfactives, c'est un parfum complexe, rond, riche, et il est par conséquent assez difficile d'en extirper chaque note.  C'est plus une sensation globale qu'il offre,  de rhum ambré-tabac-miel-fruits rouges et vanille, à la fois mixte et terriblement sensuel, gourmand, sans tomber pour autant dans l'effet habituel (complètement dissuasif à mon nez) du cocktail patchouli, sucre et fruits rouges, bien qu'il contienne pourtant  précisément ces trois notes. 

Dur, donc,  de le décrire, mais pour moi Back to Black, ce sont des notes épicées, de cannelle, safran et cardamome qui viennent s'enrouler autour de ce tabac miellé,  amandé, tandis que se dessine  peu à peu sur la peau cette note un peu "framboise" qui m'avait rebutée un an plus tôt.  Mais en fait elle s'harmonise plutôt bien avec l'ensemble de la composition, puisqu'elle pousse ce "tabac blond" vers le narguilé, loin des références fruitées mièvres que l'on sent fréquemment dans le "mainstream".  De la vanille et du benjoin achèvent de donner un tour oriental et sensuel au parfum, qu'équilibrent des notes boisées de patchouli, et de cèdre,  entre autres,  afin de l'empêcher de se vautrer dans l'ultra gourmand indigeste.  Le fond peut évoquer, parfois,  le cacao en poudre, bien que je ne ressente pas systématiquement cet effet.  Ce fond cacaoté donnerait plutôt une sensation de velours, assez agréable, comme j'ai pu le lire sur d'autres blogs. Et, pour ne rien gâcher, la tenue est excellente.




vendredi 30 juillet 2010

Des nouveautés chez Différentes Latitudes

L'été et la rentrée s'annoncent prometteurs chez Différentes Latitudes, tant du côté d'Amouage  que de celui de Frapin. Ce distributeur de marques originales et créatives, que l'on retrouve essentiellement aux Galeries Lafayette, au Bon Marché et chez Colette sur Paris a su rapidement se faire aimer des perfumistas . Ceci grâce, entre autres, à un accueil éclairé et sympathique de son personnel sur les points de vente, mais aussi grâce à un choix de produits judicieux, qu'il s'agisse de redonner ses lettres de noblesse à une marque jadis prestigieuse (Piguet) ou de nous faire découvrir un univers jusqu'ici inaccessible tel que les créations d'Amouage. 

C'est  d'abord avec cette marque du sultanat d'Oman  que l'on retrouve de belles nouveautés, avec un opus de 3 parfums, qui, même s'ils ressemblent à une édition limitée, sont à priori censés rester au catalogue. Cet Opus I, II, III, a pour vocation de lier l'idée du livre et de la musique au parfum. Présentés un peu sous la forme d'un  volume de bibliothèque, ces parfums renvoient aussi à  la musique, référence au directeur artistique de cette marque, Christophe Chong, également chef d'orchestre reconnu à Londres. 


L'opus I est un chypre, qui me paraît plus clair, plus aérien que Jubilation 25.  Créé par Daniel Maurel, il s'ouvre sur des notes de bigarade, prune et cardamome, et évolue sur un coeur composé  de ylang ylang  et de tubéreuse, (assez présents je trouve), de jasmin, de rose et de muguet. Il s'épanouit ensuite sur du papyrus, cèdre, du gaiac, des graines de tonka, du vétiver, et d'encens argenté. En effet, ce dernier élément, belle matière première issue de l'Oman, signe un peu les créations d'Amouage, de la même manière, que l'oud est caractéristique  de la maison Montale.  Ce n'est pas ma famille de prédilection, mais j'ai trouvé ce chypre très beau, véritablement mixte, assez doux, lumineux.

Le deuxième opus, composé par Michele Saramito,  est une fougère, de facture assez classique, bien que de forts accents épicés viennent en relever la composition. En effet, des notes de poivre et de baies roses entourent la lavande en tête, sans oublier la cardamome en coeur que l'on sent d'emblée assez présente.  A ce coeur s'ajoutent également du jasmin, de la rose et de la cannelle, avant que cet opus II ne poursuive son évolution sur un fond de patchouli, cèdre, ambre, et muscs, sans oublier ce  fameux  encens argenté. Associé aux notes boisées, il  apporte une certaine profondeur au parfum , qui reste bien présent  sur touche,  après plusieurs jours. Cet opus me semble plus masculin, même s'il n'est pas toujours bienvenu de sexuer les parfums.

Le dernier opus est un floral oriental  créé par Karine Vinchon Spehner, qui m'a assez surprise avec ses notes de mimosa et de violette, que je ne m'attendais pas  forcément à retrouver dans l'univers d'Amouage.  C'est d'emblée plus l'aspect floral du parfum qui saute au "nez" que les notes orientales. Comme dans les autres parfums de la marque, on perçoit cette richesse des matières premières, cette opulence qui  donne à ces créations ce quelque chose des grands classiques qui ont marqué le 20ème siècle.  Or les notes poudrées du mimosa et de la violette associées  à l'oeillet (eugénol?) viennent accentuer cet effet. D'un autre côté,  la forte présence de violette apporte une touche dynamique au parfum,  une certaine vivacité. Cet opus III se compose également de jasmin, ylang ylang et fleur d'oranger en coeur, avant de s'alanguir sur un fond doté d'ambrette, de muscs, papyrus, cèdre, santal, gaiac, benjoin et vanille. Sur touche, on perçoit un fond en effet plus oriental, où semble dominer le benjoin.

A noter qu'il sera également possible de retrouver un beau coffret de bougies autour du thème de l'oud, ainsi qu'une très belle bougie assortie au parfum  Gold.

A partir de 275 euros le flacon, ces nouveautés sont disponibles sur le stand de Différentes Latitudes aux Galeries Lafayette dès la fin du mois de Juillet.

J'évoquerai les autres nouveautés dans un prochain article afin de ne pas surcharger ce post.

(Nb:   Merci à David Frossart pour la découverte de ces nouveautés.  Impressions d'après touches parfumées et informations d'après le dossier de presse. )