mardi 4 mai 2010

Parfum de printemps: Tulipe de Byredo

D'origine suédoise, la  marque  Byredo rencontre un franc succès au Bon Marché, notamment pour son Bal d'Afrique, un boisé mettant en scène, entre autres, le vétiver.  Elle nous propose également un oriental, Gipsy water, un floral vert, Green, un fruité assez original dans le style même si ce n'est pas le mien, Pulp, une déclinaison du fameux accord rose patchouli répondant au nom de Rose Noir, un aldéhydé-muscs propres, Blanche, une cologne plutôt masculine, teintée d'agrumes et de notes boisées, Fantastic man, et un épicé encens légérement orientalisant, Chembur.

Cette marque, que vous pouvez actuellement découvrir entre autres, au Bon Marché, et chez Colette, pour les parisiens,  nous invite à célébrer le printemps autour de la Tulipe, son tout dernier parfum. J'avoue que le communiqué de presse de cette nouveauté m'intrigue particulièrement, au vu des notes annoncées, à savoir: "rhubarbe, freesia et cyclamen en tête, la tulipe et des fleurs blanches en coeur, sur un fond boisé, de vétiver de bois blond". 

Or, tout comme le freesia, la Tulipe n'est pas une fleur que l'on peut distiller et dont on peut extraire l'odeur par procédé classique.  D'ailleurs la tulipe n'a pas à proprement parler d'odeur il me semble, ou du moins très légère. J'en retiens plus la beauté de la fleur, la texture de ces pétales, et sa fraicheur.  C'est sur cet aspect que la marque semble donc s'être concentrée, puisque la première chose qui m'a frappée en sentant le dernier né de Byredo, c'est ce sentiment de fraîcheur printanière,  la sensation de respirer la rosée du matin, qui est assez bien reproduite ici. 

Tulipe s'ouvre sur des notes fraîches, très légèrement fruitées, peut-être en raison de l'odeur du freesia, fleur à laquelle on prête également des accents poivrés ou miellés. Or, l'odeur du freesia, à la fois douce, épicée, légèrement fruitée, miellée, n'est pas évidente à retranscrire puisqu'il ne s'agit pas non plus d'une fleur que l'on distille. L'accent légèrement miellé peut également provenir de la note rhubarbe, qui donne au parfum une senteur d'emblée légèrement sucrée. 

Je note également dans la composition la présence de cyclamen, et c'est curieux car c'est exactement à cette fleur que j'avais songé en sentant ce parfum pour la première fois. C'est sans doute cette note qui apporte au parfum cette sensation de texture de fleur, de pétale, et cette impression de rosée du matin. Or encore une fois ici le communiqué de presse me laisse perplexe puisque le cyclamen n'est pas une fleur qui se distille. Toujours est-il que l'odeur est ici assez fidèle. Cet effet de fraîcheur matinale et printanière est accentué ici par  la présence d'une touche un peu verte, (peut-être du galbanum?),  un peu herbacée qui évoquerait  la tige d'une fleur .

L'ensemble des notes de tête donne ici une sensation générale de douceur légèrement miellée, teintée de notes vertes qui annonce un coeur floral qui s'épanouit peu à peu sur la peau. Cette impression d'ensemble persiste longtemps au coeur du parfum, m'évoquant le tilleul, associé à des fleurs blanches, un peu à la manière de la Chasse aux papillons, en moins opulent, moins épicé et moins sensuel également, plus ingénu. Le coeur, censé être composé de "tulipe" est  très fortement empreint de jasmin, accompagné de fleurs blanches, peut-être de fleur d'oranger, et d'un soupçon de tubéreuse.


Ce coeur floral s'épanouit sur un fond boisé, très doux, composé de vétiver et probablement de cèdre. Le tout donne un parfum frais, printanier, qui évoque les premières journées au soleil, dans l'herbe, mais aussi la jeunesse et l'innocence. 



lundi 26 avril 2010

Parfums à petits prix: profitez des soldes flottants aux Galeries Lafayette...

Juste un petit mot rapide pour alerter ceux qui souhaiteraient se faire plaisir à petit prix que les Galeries Lafayette proposent des soldes flottants jusqu'à demain, 27 avril 2010.

Et pour l'occasion, certains parfums semblent ressortis des fonds de placard puisqu'ils n'étaient plus exposés jusque là, comme  notamment Miss Me de Stella Cadente, ou Anaïs Anaïs en édition collector, soldés parfois jusqu'à - 40%.

Autre bonne affaire, pour les amateurs de gourmandise vanillée, L, de Lolita Lempicka, en version extrait de parfum,  est actuellement proposée à -60%.  On retrouve également certains parfums (Rose poivrée, Bois d'iris...)  de The Different Company, à moitié prix.



Pour conclure, difficile d'évoquer l'actualité des Galeries Lafayette, sans parler des Heures de Cartier, réalisées par Mathilde Laurent et dont la XIIIème Heure a remporté le prix des spécialistes et celui des parfumeurs, puisqu'elles sont mises en avant pour  encore une semaine sur le podium de la coupole. C'est aussi le moment de découvrir l'Heure Folle, jusque là inconnue, avec son ouverture acidulée et sucrée, aux notes de groseille, de cassis, de mûre, dont l'évolution se fait plus fleurie et plus verte au fil du temps.  Une belle variation fruitée, de qualité, qui se distingue des nombreux et insignifiants fruités floraux qui inondent actuellement le marché.
 

lundi 19 avril 2010

Les coulisses d'un atelier Mugler en partenariat avec le site Osmoz

J'ai été conviée, en compagnie de Méchant Loup,  lundi dernier, à participer à un atelier organisé par Thierry Mugler en partenariat avec la société Firmenich.

Outre le fait que j'étais grippée et qu'il est relativement difficile d'apprécier un parfum dans cet état, l'originalité de cet atelier résidait  avant tout dans l'analyse des matières premières à l'aide des coffrets "Les coulisses du parfum" proposés par le site Osmoz.  En effet, depuis maintenant presque un an, le site créé par Firmenich  propose de redécouvrir les grands thèmes de la parfumerie à travers cinq coffrets dédiés à l'exploration olfactive.  Ainsi, 12 essences vous sont présentées dans chaque volume, répartis de la manière suivante: Vibrations Epicées, Délices Olfactives, Fleurs Originelles, Bois et Résines légendaires, sans oublier les Accords Mythiques, qui présentent chaque grande famille olfactive.



 Au cours des quatre heures charmantes qu'a duré cet atelier, nous nous sommes concentrés sur les trois  derniers  volumes, pour étudier, tour à tour, des essences de fleur d'oranger, d'iris, de rose,  (et ses dérivés synthétiques tels que le damascone), de ciste labdanum, de vétiver et j'en passe.  Nous avons aussi passé en revue les différents modes d'extraction, d'enfleurage et de distillation. Fabienne Antonewski,  qui animait l'atelier, s'est également penchée sur le cas des fleurs dont on reconstitue l'odeur, telles que l'oeillet, le muguet ou la violette.

Nous avons fini en beauté sur les Accords Mythiques, ( hespéridé, chypre, oriental etc..), avec illustration de grands parfums à l'appui. C'est d'ailleurs le coffret que j'ai choisi d'étudier chez moi. Un peu différent des autres volumes en ce qu'il ne propose pas douze matières premières comme les autres, il a  l'intérêt de présenter 7 accords fondamentaux évoquant les grandes familles olfactives, accompagnées de 5 nuances, ou "notes", à savoir celles qui vont affiner la classification d'un parfum. Par exemple, en associant une note gourmande à un accord oriental,  c'est Angel qui fait son apparition. J'en profite ici pour préciser que chaque coffret est assorti d'une notice explicative ainsi que d'une centaine de touches, ce qui est idéal pour poursuivre l'exploration olfactive chez soi.


Je pourrais vous narrer la totalité  des matières  premières ou des accords sentis, mais je ne ferais que répéter, dans les grandes lignes, en quoi consiste un atelier. Je préfère m'attarder ici sur l'ambiance très conviviale qui régnait dans les locaux de Thierry Mugler,  notamment grâce à l'énergie  de Constance de Roubaix, ou encore sur la présence passionnante de Fabienne Antonewski qui a animé l'atelier.  Responsable de la communication chez Firmenich, mais aussi journaliste réputée pour ses billets parfumés, elle a éclairé l'atelier d'un  regard pertinent et enrichissant  sur l'univers du parfum.

Ces quatre heures fûrent aussi propices aux échanges animés autour de cette passion commune, qu'il s'agisse de commenter les résultats du Grand Prix de la Fragrance Foundation France ou de s'insurger contre la paranoïa ambiante concernant la  présence de matières synthétiques dans un parfum, et les règlementations de l'IFRA. Bref, un vrai bon moment à partager entre perfumistas !


Plus de renseignements sur le site d'osmoz.com

ou sur le site de Thierry Mugler:
http://www.ateliersparfums.com/

lundi 29 mars 2010

Ambre Narguilé, d'Hermès, parfum enivrant.

Il est des parfums qui ne sonnent bon à mon nez que le soir car je me sentirais incapable de  les porter dès le matin, comme Musc Ravageur par exemple. C'est aussi le cas le cet Ambre Narguilé, qui, s'il me touche par sa beauté, m'a semblé trop liquoreux  lorsque je l'ai essayé en journée, pour le trouver ensuite magnifique  et tout à fait appropriable une fois la nuit tombée.

Paru dans la collection des Hermessence en 2004, cet Ambre narguilé nous plonge immédiatement au coeur d'un univers orientalisant, tout de miel et d'épices. Ce qui n'est pas pour me déplaire si ce n'est cette note qui me gène, dès le matin, celle d'un  rhum arrangé aux raisins. Mais cette impression ne dure pas, ou du moins je m'habitue vite à ces effluves dûes à la note rhum associée à celle du caramel en tête, que viennent relever la canelle et les graines de césame. 


La facette miel prend d'ailleurs le dessus à mesure  que se dévoile le coeur, imposant une texture douce et feutrée, un peu velours, en raison notamment de la présence de la fève tonka. Celle-ci se mêle à  une note praline pour apporter une touche gourmande au parfum, sans pour autant tomber dans l'alimentaire ou la lourdeur. Il s'agirait ici plutôt d'une fragrance  envoûtante, enivrante plus que  simplement gourmande. La fève tonka annonce aussi un fond plus tabac amandé, plus sombre, qui prend parfois des accents légèrement cuirés, mais d'une extrême douceur et délicatesse. La vanille, le benjoin, et le labdanum achèvent de donner cette dimension très sensuelle à cet Ambre narguilé.

Jeanne Doré, d'auparfum parle d'un parfum presque illicite, et c'est vrai, que derrière le tabac miellé aux accents liquoreux se cache une sensualité certaine, en raison des images orientales et lascives qu'évoque l'univers de cet Ambre Narguilé. Car  ce parfum nous entraîne dans un imaginaire teinté de rouge, licencieux, tout en conservant une certaine finesse, quelque chose de léger dans sa texture sans doute propre à son créateur, Jean Claude Ellena.  Un vrai plaisir.

mercredi 10 mars 2010

Parfumée sous les tropiques

Je n'ai pas pour habitude de changer spécialement de parfum selon les saisons, mes choix dépendent plus de mes humeurs, du contexte, de ma tenue etc... Excepté pour Cuir Béluga qui est vraiment un parfum d'hiver à mon nez, je  porte  mes orientaux ou floraux orientaux  tout au long de l'année. La seule différence est que je réserverais les parfums capiteux plutôt pour le soir, à plus petite dose.

Vous me direz, pourquoi parler d'été précisément en ce moment? ? (oui je sais il fait un temps anormalement froid en Europe, et non ce post n'est pas un acte de sadisme...) Parce que je suis en vacances actuellement, et que je redécouvre certains de mes parfums sous la chaleur tropicale avec bonheur. En effet, le temps, la distance, la température semblent être autant de facteurs qui influencent notre perception du parfum.


Habanita, par exemple, que l'on a souvent tendance à ressentir comme un parfum enveloppant pour l'hiver, (et il l'est, bien sûr), délaisse la simple sensualité pour devenir torride. Certes, je ne me risquerais pas à le porter en pleine journée lorsqu'il fait 30 d°C, mais le soir ses effluves me plongent au coeur de  la havane, dans une ambiance chaude et moite. Aussi bien dépaysant qu'envoûtant.

Attrape coeur est aussi un parfum à redécouvrir en été. Ses délices ambrés à peine empreints de notes  fleuries et fruitées ne se contentent pas  de venir réchauffer nos hivers. Ils se teintent d'une saveur plus lactée, plus sucrée même à mesure que la température monte. L'hiver, sur ma peau en tout cas, Attrape coeur se fait plus ambré, et plus sec aussi, alors qu'en été la note fruitée (pêche) est plus présente, et la facette vanillée s'intensifie pour sucrer le parfum. J'aurais pourtant tendance à préférer une dominante ambrée à un excès de sucre, mais la beauté de ce parfum tient, entre autres, à  sa gourmandise tout en finesse. Sous les tropiques, ce parfum prendrait presque des accents exotiques.

Le plus surprenant, pour moi, (car finalement le parfum est toujours une histoire de ressenti personnel), reste l'Heure bleue.  C'est comme s'il quittait son manteau mélancolique pour développer une atmoshère plus sereine, plus souriante.  A petites touches d'extrait le soir en regardant le soleil, L'heure bleue se dépare de ses accents les plus nostalgiques pour contempler calmement le paysage, créer ue aura de quiétude,  que seules viennent troubler ses effluves sensuelles, tout en douceur,  et sa beauté. (Ceci dit, cette perception tient peut-être au fait que je privilégie l'extrait l'été et l'eau de parfum l'hiver).

On pourrait disserter longtemps sur chaque parfum ainsi, mais je vous épargne la totalité de ma liste.  On peut juste, noter, en vrac, que l'eau de shalimar est plus consistante sous forte chaleur, que l'Ame soeur est des plus agréables à porter sous le soleil, tout en lumière et  joyeux, que Chamade célèbre  à merveille la sensualité des beaux jours qui reviennent, etc....  Mais ce qui  m'intrigue aussi, c'est que la distance accentue ce phénomène. J'ai déja lu sur d'autres blogs, que d'un pays à un autre, par exemple de NY à paris, un parfum peut se développer différemment. Et je serai curieuse de savoir pourquoi. 

En attendant, j'espère vous rapporter du soleil dans mes valises...





mardi 23 février 2010

"Variations sur le même thème"

Non, je n'ai pas décidé de délaisser les parfums pour la musique, en référence à cet album de Vanessa Paradis, écrit par Gainsbourg. 

J'avais juste envie de parler des parfums, qui sans se ressembler ouvertement, surfent sur le même univers, ou offrent une interprétation d'autres de leurs aînés. Envie de présenter quelques lignées de parfums qui peuvent plaire à une même personne en fonction de ses affinités olfactives........


Comme, par exemple,  de conseiller aux amoureuses de Shalimar de découvrir Musc Ravageur, des éditions de Frédéric Malle,  (si ce n'est pas déja fait), qui propose une variation parfois vue comme plus masculine de cet accord agrumes-vanille, plus coriace, plus épicée. Pour ma part, c'est une histoire de peau, je préfère sur la mienne Musc ravageur, mais certain(e)s trouveront le chef d'oeuvre oriental de 1925 peut-être plus subtile, plus doux.... Dans le même registre on peut également citer L de Lolita Lempicka, créé par le même Maurice Roucel qui a imaginé Musc Ravageur. Quant aux "branchés", ils pourront faire un tour chez Colette pour découvrir Labdanum 18 du Labo, qui propose aussi une alternative à Shalimar, légèrement plus douce et boisée.


Pour ceux ou celles qui n'aiment pas les vanilles trop classiques, trop sucrées ou trop douces, et qui rêvent d'une vanille un peu "tabac", un peu cubaine,  ils auront le choix entre Havana Vanille de l'Artisan Parfumeur ou Spiritueuse Double Vanille de Guerlain, qui, loin d'être identiques, évoquent cette même vanille un peu gousse, aux accents de rhum et de tabac. 

Les amoureux de l'Heure Bleue pourront trouver en Gucci eau de parfum (bientôt discontinué) une interprétation modernisée, bien distincte -certes, il n'est pas question de les confondre dans la rue- mais qui reprend bien cet apect floral oriental, riche en matières premières.  Il y a, bien sûr, Oscar, d'Oscar de la Renta, qui propose une version plus diurne du chef d'oeuvre de Guerlain. Dans cet esprit, bien sûr, autant remonter à l'initial L'origan de Coty, donc Jacques Guerlain s'est inspiré pour créer l'Heure bleue, mais encore faut-il avoir la chance de mettre la main sur un flacon... Enfin, certains pourront trouver dans Cuir Mauresque de Serge Lutens, dans English Royal Leather de Creed ou encore dans Bois de Copaïba de Pierre Guillaume, le côté baumé des notes de fond de l'Heure bleue, bien que pour ma part je leur préfère nettement ce dernier. Sacrebleu de Patricia de Nicolaî en est aussi une belle interprétation.

Les amoureux des poudrés orientaux pourront s'adonner à Bal à Versailles de Jean Desprez, qui est également un floral oriental dense  et poudré comme L'heure  Bleue, mais avec un relent plus animal et plus sombre façon Habanita.  D'ailleurs ce dernier peut également trouver un héritage en l'Or des Indes, de Maître Parfumeur et Gantier.

Si vous êtes amateur de grands floraux aldéhydés dans la veine du N°5 de Chanel, allez sentir l'Ame soeur , de Divine, qui offre un beau départ aldehydé sur coeur de fleurs blanches avant de s'épanouir sur un fond délicieusement poudré et ambré. Le sublime N°22 de Chanel propose aussi une variation plus sensuelle du grand classique N°5, avec des notes de santal très prononcées.  Dans la famille des floraux aldehydés, on peut également citer Calèche (d'Hermès) ou Arpège de Lanvin, malheureusement ceux-ci semblent avoir été réformulés. On peut aussi penser à First, de Van Cleef&Arpels. Si tous ces parfums ne vous laissent pas indifférents, rendez-vous chez Amouage pour y découvrir le très beau Gold. 

Nombreux sont ceux qui,  comme moi, ont d'abord connu et aimé le boisé Dolce Vita de Dior, avant de savoir qu'il existait un chef d'oeuvre en la matière, Féminité du Bois, de Sege Lutens (Shiseido à l'époque).  On en trouve de belles variations au sein de la maison des Jardins du Palais Royal, tel que Bois de Violette par exemple.

Pour ceux que les floraux orientaux avec un départ plus frais et vert séduisent, et qui se sont reconnus en Chamade de Guerlain, ils pourront en trouver une filiation certaine dans Parfum d'Hermès ou même Rouge de la même maison. 

Les addicts de l'amande qui ont aimé Castelbajac pourront succomber à Louve de Lutens, ou même goûter à son grand frère, plus complexe, rond avec une pointe de cerise plus nette, Rahat Loukoum. Pour une amande pus vanillée, et plus "diabolique", pensez aussi à Hypnotic Poison.  Les adeptes de gourmandises qui préfèrent les senteurs un peu guimauve découvriront avec plaisir Love, By Killian ou Mi Fa de Réminissence.

Si le tabac miellé et aux autres belles notes épicées vous séduisent, allez faire un tour chez By Killian pour sentir Back to Black, mais aussi chez Hermès pour découvrir Ambre Narguilé ou encore chez Tom Ford pour son Tobacco Vanille. Dans le même esprit, on peut aussi songer à Tea for two de l'Artisan Parfumeur ou encore à Noël au Balcon d'Etat Libre d'Orange.

Il existe encore bon nombre de belles variations à découvrir au sein des familles de parfum,  (chyprés, floraux verts), mais je n'ai pas la prétention de toutes bien les connaître, aussi, je vous laisse de soin, si l'envie vous en dit, de compléter cette liste.


lundi 15 février 2010

Fourreau noir, Serge Lutens

Cela faisait longtemps que j'avais envie de tester Fourreau Noir sur peau, car si, sur touche, je n'avais pas été emballée, je pressentais qu'il devait apporter une sensation toute différente en le portant.

Mais j'hésitais, les commentaires que je lisais citaient parfois une lavande bien présente, d'autres au contraire évoquaient ce fond doux, baumé, un peu tabac, un peu amandé. Non que je n'aime pas la lavande, mais si elle est trop présente, en effet ce n'est pas ma tasse de thé.


Heureusement sur peau, celle-ci se fait plutôt discrète. Elle s'évanouit doucement au bout d'un quart d'heure pour se réchauffer au contact des autres composantes. Je sens bien parfois des relents  foin au cours de l'évolution du parfum, mais cela relève peut-être d'une des facettes de la fêve tonka. Et ceux-ci se mêlent très bien au côté baumé, amandé, (légèrement vanillé) et sombre des notes de coeur et fond de ce Fourreau Noir qui porte très bien son nom. En effet, celui-ci évoque très bien la chaleur d'un manteau en plein hiver, dans lequel on aurait envie de se lover, pour résister au froid. Tout à fait de saison!

Lorsque la lavande s'atténue doucement, on sent monter un léger côté fruits confits, fugace, qui  évoque l'univers des parfums lutens, avant de se fondre dans un ensemble où la myrrhe, la fève tonka, le réglisse, l'immortelle et l'encens créent un fond chaud et oriental. On imagine  Fourreau Noir plutôt parfum de peau, tout en offrant une sensation enveloppante de par sa douceur, ses accents sensuels et sa texture un peu velours. L'effet parfois un peu tabac, un peu cuiré de la fêve tonka s'étire longuement sur la peau, notamment grâce aux muscs qui prolongent cet effet.

J'ai souvent lu que ce parfum avait quelque chose d'androgyne et c'est assez pertinent. La lavande, souvent associée aux parfums masculins provoque d'une part cette effet, mais également le fond chaud, qui tout en étant sensuel et doux, (assez féminin) ne s'étale pas pour autant dans un registre très vanillé ou sucré, ce qui peut  aussi lui donner une dimension masculine. A noter que la concrète  met plus en valeur, à mon nez, la facette masculine de ce parfum, tandis que je l'ai trouvé plus féminin en le testant à la boutique du Palais Royal. Disons qu'il est plus subtile comme cela, ce qui accentue les interprétations et les ressentis que l' on peut avoir.