lundi 10 août 2009

Coup de coeur: Ubar d'amouage

J'ai souvent lu de bons commentaires au sujet des parfums Amouage, mais j'avais peur d'y "mettre mon nez", tant leurs parfums sont coûteux.... Certes, on ne peut nier la qualité mais le prix freine considérablement..

Travaillant le temps d'une courte mission aux Galeries Lafayette au stand Memo, je n'ai donc pu résister à la tentation de découvrir les parfums Amouage puisque leur stand côtoie le mien.

Et j'ai, entre autres, "craqué" pour Ubar. Point d'achat impulsif en vue, mais juste un vrai coup de coeur pour ce floral oriental au nom d'une ancienne ville marchande du moyen orient.

Il semble qu'il y ait eu une première version en 1995 de ce parfum qui a été discontinué pour sortir à nouveau récemment. Malheureusement je ne connais pas cette ancienne version, mais à lire les différents blogs qui en ont parlé, apparemment l'actuelle est légèrement différente tout en étant aussi belle.

Ubar s'ouvre sur du Lys de la Vallée paré de bergamote et de citron, assorti à un côté crémeux-poudré qui persiste tout au long de la fragrance même s'il s'atténue en notes de fond, et que l'on retrouve également dans Gold ou Dia de la même marque. Assez rapidement le parfum dévoile des notes de rose, puis de jasmin, ce qui lui donne un côté très femme, l'aura d'un grand parfum classique. La rose est assez présente puisque le parfum se compose à la fois de rose de damas, et de rose bulgare.

Puis Ubar change un peu de ton pour s'épanouir sur un fond plus oriental, d'abord teinté de santal. La vanille ensuite, l'enveloppe de sensualité tandis que la civette l'animalise un peu. Le tout en fait un parfum noble, élégant, sensuel, d'une très bonne tenue, (en effet le fond persiste assez longtemps sur la peau). Vraiment un très beau parfum d'une grande féminité, mais qui pourtant serait sans doute très beau sur un homme, en raison de ses légers accents boisés en notes de fond.

A noter que Gold pour femme est également un très beau floral, je lui trouve un peu une aura de N°5, ainsi que son pendant masculin, Gold for men, un peau poudré boisé pour homme. Bref, une maison qui propose vraiment de belles choses, le seul problème restant le prix.

Si lolita...

Joli nom pour un parfum dont le flacon s'inscrit d'ailleurs bien dans le style de la maison. Je viens de lire l'avis d'Ambre gris et j'avoue avoir moi aussi du mal à me faire un avis sur ce parfum. Je dirais qu'il s'agit d'une impression mitigée.

En effet, je suis partagée entre le fait de trouver que la marque a tenté de faire preuve d'audace et de proposer quelque chose qui ne plaira pas à tous les coups, donc de pas commercial à tout prix, et le fait que je trouve l'évolution du parfum au fil des heures certes tenace, mais un peu décevante.

Ayant été très fidèle au premier parfum de Lolita Lempicka durant 4 ou 5 ans, j'aime assez l'univers de la marque, et encore une fois ici, comme pour le premier, je trouve qu'il y a une réelle recherche d'originalité, bien qu'en effet le côté poivré semble devenir à la mode en ce moment. Mais là où il y a une part de parti pris, c'est que ce parfum n'est pas un jus timide conçu pour plaire à tout le monde.

En effet, avec son ouverture très poivrée, (baies roses), assez agressif (personnellement il me fait éternuer!), il risque d'en étonner plus d'une. C'est vrai qu'on sent un côté presque masculin qu'on aurait féminisé grâce à des notes florales présentes tout au long de la composition. Les notes de tête, fusantes, parent le poivre de bergamote et de mandarine.

Mais après ce départ assez original, je trouve également que le jus s'essoufle un peu pour évoluer à mesure qu'il évolue sur un coeur plus floral. La facette poivrée subsiste toujours, notamment grâce aux notes de clou de girofle, mais adoucie aux côtés du pois de senteur et de l'héliotrope. Ce coeur semble alors se figer sur ces notes, épicées et fleuries, assez élégantes il est vrai, mais qui n'ont rien qui m'accrochent plus que ça. Mais ça c'est ici une question de goût.

Il s'épanouit sur un fond un peu poudré, ce qui n'est pas pour me déplaire, où le côté poivré s'atténue enfin, au contact de l'ambre, du patchouli et de la fève tonka, qui viennent envelopper le parfum sur la peau.

Au final, impression mitigée. Ce n'est pas mon style mais c'est vrai qu'on note une prise de risque dans la création de ce parfum, et aussi une certaine évolution dans le genre par rapport à l'univers de la marque. Si le nom et le flacon collent bien à l'esprit de Lempicka, le parfum est ici plus femme que jeune fille. J'apprécie son côté audacieux, mais son évolution ne me fait pas vibrer. A mon avis il fera des adeptes comme il en déconcertera certaines, mais au moins ce n'est pas un jus qui veut plaire à tout le monde au point d'en devenir inintéressant!

dimanche 2 août 2009

L'heure bleue... dans tous ses états.

J'avais prévu de tester un nouveau parfum, et puis, je ne sais pas, j'ai eu envie de parler de l'Heure bleue car finalement j'en parle tout le temps mais moins sur mon blog alors que c'est mon parfum préféré.


En effet, si je ne devais n'en garder qu'un (chose très difficile), ce serait l'Heure bleue. Parce que je me sens bien quand je le porte, pour son élégance, son raffinement, sa douce sensualité, son côté apaisant, la sérénité tantôt heureuse, tantôt nostalgique que ce parfum dégage, sa tenue, son évolution au fil des heures.. bref les raisons de l'adorer sont nombreuses. Contrairement à d'autres parfums que j'aime énormément, celui-ci est le seul que je pourrais porter quelque soit mon humeur, la saison, mes habits. Que j'ai envie d'une fragrance originale, sensuelle, classe ou rassurante... quelque soit l'envie du jour, je m'y retrouve. Je l'aime car, avec son évolution, il me fait voyager en quelque sorte, il m'émeut tout particulièrement.

Poivrebleu le décrit très bien dans l'article qui y est consacré sur son blog. En effet, beaucoup de gens parlent de l'heure bleue comme d'une friandise rassurante, ou d'un parfum nostalgique. Pourtant, s'il se prête très bien aux froides soirées d'hiver, ou s'il peut en effet avoir un côté mélancolique, il est encore plus magnifique lorsqu'on le porte, probablement comme l'a pensé Jacques Guerlain, un soir d'été, lorsque le jour décline doucement, à mesure que s'installe peu à peu la nuit. Avec la chaleur encore présente mais adoucie d'une soirée d'été, il développe des facettes inattendues. Son caractère oriental s'affirme, d'une part, mais il se dépare de son aspect "doudou nostalgique" pour évoquer la sérénité que l'on peut éprouver un soir de vacances par exemple. C'est comme si on était à la fenêtre en train de regarder le ciel, en souriant, plein de pensées heureuses et sereines.

Réflexions qui m'ont amenée à avoir envie d'évoquer l'Heure bleue dans toutes ses concentrations. Je l'ai découvert il doit y avoir près de 15 ans, en eau de toilette. A l'époque celle-ci me paraissait un peu plus profonde, ronde que l'actuelle, mais je ne peux être affirmative, car c'est encore une question de ressenti, voire ici, de souvenir. Mais il me semble qu'elle se rapprochait plus de l'eau de parfum actuelle. Un des flacons que j'utilisais à l'époque est resté inachevé puisque vers 20 ans j'ai cessé de le porter régulièrement pendant quelques années. Lorsque j'y suis revenue, j'ai été surprise de constater que l'eau de toilette restante n'avait pas bougé, totalement conforme à mon souvenir, témoignant ainsi de la qualité de ce parfum.

On me l'a ensuite offert en eau de parfum et c'est curieux car je n'ai pas vraiment vu de différence. C'était la même heure bleue, ses notes de bergamote bien présentes en tête, assortie d'aromates et de clou de girofle, pour évoluer ensuite sur un corps floral assez dense composé d'oeillet, de fleur d'oranger, de rose et de tubéreuse. Puis perce bientôt l'iris (très présent sur ma peau dans cette concentration), avant de se fondre dans un fond vanillé, accompagné d'héliotropine, et de musc, pour lui donner un côté miellé, sensuel tout en restant d'une extrême tendresse. Le tout autour d'une note poudrée inhérente à ce parfum, qui ne cesse d'évoluer au fil de la journée.

C'est curieux car je n'ai pas senti de forte nuance entre cette eau de parfum de 2006 ou 2007 et l'eau de toilette qui me restait de la fin des années 90. Alors qu'en revanche lorsqu'on m'a offert l'eau de toilette à noël dernier, j'ai tout de suite tiqué. Certes, il s'agissait d'une edt alors que j'utilisais l'edp juste avant, mais celle-ci se distinguait aussi de l'edt telle que je l'ai connue. Les notes de têtes sont beaucoup plus accentuées (du moins à mon nez), tandis que les notes de fond sont plus "allégées", et sa tenue, certes tout à fait normale pour une edt, n'égale pas celle que je lui ai connue dans cette même concentration quelques années plus tôt. C'est peut-être juste un ressenti, c'est peut-être aussi ma peau qui a changé, je ne sais pas, mais cette concentration me séduit moins. Elle est toujours belle évidemment, mais je lui trouve en effet un charme désuet, alors que je ne trouve pas ce parfum, d'ordinaire, contrairement à beaucoup de gens malheureusement, "vieux". Mais ce n'est qu'une impression, pas une affirmation, puisque beaucoup de perfumistas semblent porter l'heure bleue en edt actuelle et la trouver superbe, donc c'est encore et toujours certainement une histoire de peau.

Puis l'occasion m'a très gentiment été donnée de découvrir l'Heure bleue en extrait. Aïe aïe aïe, qu'il est difficile de faire marche arrière lorsqu'on teste les parfums guerlain dans cette concentration. L'extrait met plus en valeur les notes de fond de l'heure bleue je trouve, bien que l'on sente quand même un départ fusant de bergamote dans les premières minutes. L'extrait se concentre plus sur les notes vanillées, miellées, de ce parfum. Il est un tout petit moins poudré il me semble et plus sensuel. A essayer absolument le soir en été, pour les fans de l'heure bleue, il est divin! C'est là qu'on découvre vraiment, je pense, tout le sens et l'esprit de ce parfum. Le must, c'est d'appliquer l'extrait en petites touches sur les poignets, cou etc... et de se vaporiser un nuage d'edt autour de soi, comme le conseille Sylvaine delacourte sur son blog. A noter, contrairement à certains extraits qui sont d'une très forte puissance, comme celui d'allure sensuelle par exemple, l'extrait de l'heure bleue n'est pas extrêmement plus fort ou puissant. Il l'est bien sûr, un peu plus que dans les autres concentrations, mais à mon nez il me semble surtout plus raffiné, il sublime ce parfum.

Mais ça ne m'empêche pas de savourer l'heure bleue en eau de parfum (j'en ai déniché une de 2007), qui reste superbe, vraiment à mi-chemin entre l'edt et l'extrait, avec un beau sillage. En parlant d'eau de parfum justement, une b-testeuse m'avait revendu un parfum de toilette de la fin des années 80 je crois, (le parfum de toilette correspond à l'appellation eau de parfum d'aujourd'hui). C'est amusant, car si les notes de tête se sont légèrement altérées, il faut en effet attendre dix munutes avant d'y retrouver l'heure bleue, dès qu'elle évolue cette eau de parfum se rapproche de l'extrait, probablement, en raison d'une part de l'effet de "macération" au fil du temps qui a tendance a renforcé le parfum , mais aussi parce que les concentrations n'étaient pas exactement les mêmes que celles d'aujourd'hui. C'est peut-être une impression, mais l'eau de toilette d'avant correspondrait plus à l'eau de parfum actuelle et ainsi de suite. Bref cette eau de parfum "vintage" se rapproche assez de l'extrait, tout en étant quand même moins subtile, mais très ronde, profonde, avec un sacré sillage pour le coup!



Pour finir, comme je suis une addict de l'heure bleue, je ne me lasse jamais de l'explorer sous toutes ses facettes. Quand j'étais plus jeune, avec ma mère nous avions déniché un flacon d'époque, scellé dans sa superbe boite. L'idée ne m'était jamais venue de le désceller jusqu'à que je lise sur grain de musc qu'il était encore possible de porter des parfums "vieux" de plusieurs décennies lorsque, par chance, ils s'étaient bien conservés. Après moultes hésitations , j'ai ouvert ce flacon, qui doit dater d'avant guerre (la seconde), puisque la concentration n'y est pas précisée. Quelle puissance! Les notes de tête sont clairement altérées, mais au bout d'un quart d'heure le parfum se pose pour ressembler fortement à l'extrait, en plus poivré- épicé, peut-être. Le côté encaustique que l'on perçoit parfois dans ce parfum est un peu plus présent au départ, mais ensuite l'évolution reste celle que l'on lui connaît, magnifique.

Bref, l'heure bleue, un délice à savourer sans limite dans tous ses états! Dernière petite précision sur le sujet, j'ai découvert, rapidement, et récemment, Cuir Mauresque (de Lutens) et Bois de Copaïba (de la Parfumerie générale), qui se rapprochent un peu des notes de fond de l'heure bleue.. A suivre...

lundi 27 juillet 2009

Parfums 137: Nara 1869

Depuis quelque temps, on assiste à un certain engouement pour le parfum sur-mesure, un parfum qui n'appartiendrait qu'à soi, une fragrance unique. De plus en plus de marques célébres développent des consultations parfums dans le but de concocter son propre sillage, à l'image de Guerlain ou de l'Artisan Parfumeur par exemple.

Mais ce type de consultation n'est certes pas abordable pour tout le monde d'un point de vue financier. Heureusement, des maisons moins connues vous proposent aujourd'hui de vous amuser en créant vous-même votre fragrance, comme notamment Parfums 137. Bousculant les codes préétablis en parfumerie qui veulent qu'on ne mélange jamais deux parfums différents, ce véritable jeu de parfum consiste ici à mélanger 3 senteurs pour se définir à travers un parfum, son parfum.

En effet, Parfums 137 a développé jusqu'à maintenant deux coffrets, Nara 1869 et Hollywood Stromboli, chacun doté de 3 fragrances, respectivement légères, fruitées ou florales, puis plus orientales, profondes. Petit plus insolite et ludique, chaque coffret s'articule ici autour d'une histoire.

J'ai eu l'occasion de découvrir le coffret Hollywood Stromboli samedi dernier au Bon marché, à travers sa menthe fraîche, son immortelle et sa myrrhe. J'ai beaucoup aimé les deux parfums d'immortelle et de myrrhe et espère avoir l'occasion de m'y attarder à nouveau. J'ai en revanche pu m'amuser avec le coffret Nara 1869 en testant chaque fragrance d'abord séparément, puis en les combinant ensuite entre elles, jusqu'à créer pas moins de sept parfums.




C'est en effet tout l'intérêt de ces coffrets que propose Parfums 137: l'idée de pouvoir s'amuser tout en se parfumant, c'est d'ailleurs je trouve une très bonne initiation au monde des parfums pour quelqu'un de novice. Cela permet en effet de se concocter une empreinte tout en découvrant les multiples facettes d'une senteur, c'est aussi un bon moyen de comprendre l'évolution d'un parfum, des notes de tête aux notes de fond.



D'inspiration japonaise, le coffret Nara 1869 propose trois parfums, que l'on peut porter séparément ou en les mélangeant: Bigarade, Osmanthus et Olibanum. Vous pourrez retrouver l'histoire complète sur le site de Parfums 137, mais l'univers de ce coffret s'inspire de la vie d'Akimoff, jeune homme passionné de parfums à la recherche de matières premières les plus rares à travers le monde. Tombé sous le charme d'une jeune apprentie geisha , il lui dédie un jeu de trois senteurs l'invitant à les combiner entre elles... et c'est à vous de perpétuer l'histoire en créant votre propre fragrance à partir de ces trois essences.



La première senteur, Bigarade, qui pourrait d'ailleurs correspondre aux notes de têtes d'un parfum mêlant ces trois essences, séduira pour sa fraîcheur, sa sensualité toute en légèreté, un peu arômatique. Articulée autour de fleurs de thé blanc et d'oranger, elle dévoile des facettes à la fois boisées et musquées au fil des heures.

Osmanthus, le second parfum du coffret, s'ouvre sur des notes fruitées de pêche et d'abricot, qui m'ont d'ailleurs évoqué Angel, pour évoluer ensuite sur des notes plus douces et plus florales, avant de s'épanouir sur un fond de patchouli. On pourrait croire que cette essence est douce, toute en retenue, et pourtant je lui trouve une forte ténacité, une réelle puissance.

Olibanum, enfin, est la partie la plus mystérieuse du coffret. Plus profond, ce parfum est aussi une fragrance épicée, qui se fait peu à peu fumée, de par ses notes d'encens. On y décèle aussi quelques notes de myrrhe en fond.

J'ai d'abord choisi de m'essayer à la combinaison osmanthus et olibanum. C'est curieux car on n'obtient pas exactement la même chose en apposant d'abord l'osmanthus ou l'olibanum sur la peau. En commençant par l'olibanum, celui-ci semble prendre le dessus en notes de tête. La fragrance s'ouvre sur des notes très épicées, même si l'on sent l'osmanthus bien présent. Cela donne un départ dense, assez profond, qui évolue sur des notes plus douces, plus florales. La note d'osmanthus se révèle de plus en plus au fur et à mesure qu'évolue le parfum. Le parfum est presque plus léger en notes de coeur puis de fond qu'au départ.

En appliquant d'abord l'osmanthus, le parfum est d'abord fruité (les notes de pêche et d'abricot étant bien présentes) avant de se faire plus floral. L'olibanum s'affirme peu à peu, pour relever le parfum, et lui donner quelques accents fumés, piquants. Et en effet, au fur et à mesure de l'évolution, se révèlent quelques notes de myrrhe, qui m'évoquent celles du coffret Stromboli . Je trouve personnellement cette combinaison plus jolie comme cela, et, d'après le livret du coffret, il semble que ce soit comme ça qu'il faille l'appliquer. Le tout fait une fragrance très féminine, douce par les notes florales de l'osmanthus, mais profonde et légèrement épicée grâce à la présence de l'olibanum.

J'ai ensuite testé les trois ensemble, en commençant par la bigarade, puis l'osmanthus et enfin l'olibanum. La bigarade apparaît naturellement en notes de tête, tandis que le caractère fruité-floral de l'osmanthus se révèle assez vite. Le mélange de ces deux senteurs donne un petit côté gourmand aux notes de coeur. La fragrance s'adoucit ensuite, à mesure que l'osmanthus se fait plus fleur blanche que pêche et abricot, et à mesure qu'apparaissent doucement les notes boisées, fumées de l'olibanum. Le tout en fait un parfum différent du mélange olibanum-osmanthus, même si on y sent quelques notes similaires en fond, mais relevées d'un peu de fraîcheur hespéridée de la bigarade. J'y perçois même un petit côté miellé, sucré en note de fond. Au bout de plusieurs heures, reste un fond fumé, vraiment encens, les notes sucrées s'étant peu à peu estompées.

C'est donc un coffret où l'on peut s'amuser à sa guise et découvrir divers parfums à travers trois senteurs initiales. Je pense que c'est d'ailleurs un excellente idée de cadeau, car il est toujours délicat d'offrir un parfum à une personne dont on n'est pas certain de ses goûts. Ce coffret a l'avantage d'offrir du choix à la personne qui le recevra, qui pourra changer de parfum selon ses humeurs, et quelques soient ses goûts (envie de légèreté et de fraîcheur, de senteurs orientales ou profondes, ou tout simplement d'originalité), elle y trouvera forcément son bonheur.

lundi 20 juillet 2009

Parfum d'été: La chasse aux papillons extrême, de l'Artisan Parfumeur.

Fragrance de printemps ou d'été, en effet, "la Chasse aux papillons extrême" s'adapte fort bien aux beaux jours. Considérée comme l'eau de parfum de la Chasse aux papillons, version plus intense et capiteuse, cette version extrême a le don de faire sourire et de mettre de bonne humeur, comme lorsqu'on est à sa fenêtre et que l'on s'aperçoit qu'il fait beau, enfin, dehors.

Mais la Chasse aux papillons extrême est aussi une version qui se veut plus profonde, plus capiteuse que la première, comme par exemple celle que l'on choisirait le soir pour sortir. Ce parfum oscille il est vrai entre légèreté, tons estivaux, et un côté suave, un peu ensorcelant des fleurs blanches.




Comme certains, je ne change pas forcément de parfums pour l'été, (même s'il y en a que je privilégie tels que l'Ame soeur), je les dose juste plus légèrement, et je trouve même que certains orientaux, comme L'Heure bleue, révèlent des facettes inattendues lorsqu'il fait chaud. Mais c'est vrai qu'un parfum comme la Chasse aux papillons extrême est vraiment délicieux par beau temps.

Poétique si l'en est, du nom à la fragrance, cette eau de parfum s'ouvre sur des notes de baies roses et de safran, pour donner à cette version d'emblée plus de piquant et d'épices qu'à l'original. Les notes de tilleul, en coeur, s'annoncent assez vite sur ma peau, et restent assez présentes au fil des heures, tandis que se révèlent peu à peu la fleur d'oranger, la tubéreuse et le jasmin sambac. Ces deux dernières fleurs prennent également une assez forte ampleur sur ma peau.

Le fond s'étire ensuite sur des notes de ylang ylang et de miel, comme pour rappeler le nom de ce parfum et pour lui donner un aspect caressant, sensuel, ensoleillé. Le tout en fait un parfum assez suave, qui hésite entre innocence, fraîcheur et sensualité.

Lorsqu'on le sent, on est transporté dans un jardin ensoleillé, au début des premiers beaux jours, lorsque reviennent peu à peu les plus chaudes températures, entre la fin du printemps et le début des vacances. On sent comme une brassée de fleurs blanches, auxquelles on aurait ajouté quelques tiges de tilleul et des herbes. Les notes de fond évoquent un peu la peau dorée, baignée toute la journée par les rayons du soleil lorsque ceux-ci comment doucement à décroître, ce qui donne à cette Chasse aux Papillons extrême quelques accents de volupté.

Ce n'est pas vraiment mon style de parfum habituel mais je le trouve vraiment charmant au début des beaux jours.



mercredi 15 juillet 2009

Petite ballade parfumée dans le Marais

Profitant du beau temps de ce jour férié, hier, j'ai décidé de m'offrir une petite ballade parfumée du côté du Marais. Je cherchais la boutique d'ELO (Etat Libre d'Orange) que je n'ai jamais trouvée, mais j'ai découvert en revanche qu'il y avait deux boutiques de l'Artisan Parfumeur dans ce charmant quartier. Une, rue du Bourg tibourg, et l'autre, rue des Francs-bourgeois.

L'occasion d'avoir confirmation de la part du vendeur de la sortie du prochain parfum de cette marque, en septembre, Havana Vanilia. Cette création sera centrée autour d'une vanille aux accents de tabac, enrichie de quelques arômes de rhum. Ce qui est dommage en revanche, c'est que cette nouveauté viendra remplacer Vanilia, une vanille fleurie, douce, tout sauf alimentaire, dont les fans ont tout intérêt à faire des stocks dès cet été.


Douce, discrète, sensuelle, mais surtout solaire, cette Vanilia me donne envie de vacances quand je la sens sur ma peau. Composée de noix de muscade, de ylang-ylang, et de vanille bien sûr, elle se pare également de clou de girofle, d'ambre et de bois de santal pour un effet vanillé inattendu. En effet, c'est tout sauf une vanille archi sucrée. On sentirait plutôt une vanille entourée de fleurs et de quelques épices, avec un côté très lumineux, malheureusement la tenue laisse à désirer, sur ma peau. Ce floral oriental offre en tout cas un côté caressant, qui évoque une peau légèrement vanillée et ensoleillée sur la plage.

Presqu'en face de la boutique de l'Artisan Rarfumeur rue du Bourg tibourg, se trouve Le studio des parfums Galimard, petite boutique dont j'ignorais complètement l'existence jusque là. L'idée est de proposer de créer un parfum pour environ 95 euros. Celle-ci était hier fermée mais on pouvait apercevoir dans la vitrine de beaux flacons sur les présentoirs. Quelques détours plus loin, rue des Francs-bourgeois, j'ai aussi découvert que la marque de bijoux Satellite avait lancé plusieurs parfums, ce que j'ignorais encore bien que cela ne semble pas si récent, manifestement. Dans l'idée de porter un parfum comme l'on porterait un bijou, la marque propose cinq parfums, Padparascha, Corrida, 40°C à l'ombre, Ipanéma, et A la figue.

Pour finir, je suis allée visiter la nouvelle boutique Guerlain qui a tout récemment ouvert au 10, rue des francs-bourgeois. Celle-ci est bien sûr plus petite que la maison mère des Champs-Elysées, elle s'apparenterait même plutôt à celle de la rue Tronchet en terme d'espace, bien qu'agencée différemment. J'ai trouvé que l'accent était plutôt mis sur les nouveautés et les collections exclusives, telles que les trois dernières Paris-Moscou, Paris-New York ou Paris-Tokyo, ou encore la collection de l'Art et la matière, plutôt que sur les classiques, qui bien que mis en valeur dans ce beau décor, sont moins visibles au premier coup d'oeil. A noter, un nouveau système intéressant pour sentir les parfums, une série de tubes (je ne sais pas comment les défiinir) au nom de chaque parfum sur lequel il suffit de se pencher pour en respirer l'odeur.




vendredi 10 juillet 2009

Plus que jamais Guerlain


La réouverture du magasin Guerlain des Champs-Elysées, en 2005, a occasionné de belles surprises, de la réédition de vintage aux somptueux décors, en passant par la création d'un parfum spécialement dédié à l'évènement: Plus que Jamais Guerlain.

Jean-Paul Guerlain, son créateur, l'a pensé comme un hommage à tous les parfums qui ont fait la renommée de cette maison, précédant le parfum des 180 ans de Guerlain dans cet esprit. Enfermé dans un beau flacon en cristal de baccarat pour l'occasion, ce parfum se veut comme une fragrance très féminine, énigmatique, avec un "coeur sensuel" et un sillage qui n'en finit pas ... (selon les propos de son créateur).


Je n'ai malheureusement pas pu vérifier pour le sillage, ne l'ayant testé qu'en échantillon sans vapo, donc c'est plus dur de se faire une idée de la sorte. J'ai lu diverses choses à son sujet, Lucas Turin en parle comme d'un chypre floral (tout en l'appréciant), Sylvaine Delacourte et bien d'autres le décrivent comme un floral oriental (ce qu'il me semble aussi), certains le trouvent doux, d'autres gourmand ou encore glamour....

Il s'ouvre sur des notes de tête aldéhydées, associées à la bergamote, au néroli, et au ylang ylang, (cher à son créateur), ce qui lui confère d'emblée un aspect élégant. Le coeur voulu sensuel, est en effet onctueux et voluptueux, à mesure que se dévoilent les notes florales d'iris et de jasmin, iris qui lui donne un petit côté poudré d'ailleurs...

Ce moment où le coeur est bien installé avant d'évoluer doucement vers le fond m'évoque un peu l'Ame soeur de Divine (oui, je sais, il faut que j'arrête de comparer les parfums entre eux), lorsqu'après le départ aldéhydé, les notes florales blanches s'installent avant de s'épanouir sur une note plus chaude d'ambre.. dans cette même sensation soyeuse et caressante.

Or en effet, le coeur floral de Plus que Jamais se fond dans des notes plus chaudes également, mais ici vanillées, notes si chères aux parfums Guerlain. Le fond se compose donc de bois précieux, de vanille bourbon et de fève tonka, comme pour rappeler la fameuse guerlinade.

J'aurais du mal à mettre un adjectif précis sur ce parfum. Gourmand il l'est, en un sens, car en effet la vanille bourbon est bien présente en note de fond, elle m'a même évoqué la vaniline que l'on met dans les pâtes à gateaux lorsqu'on les prépare. Pourtant ce parfum ne se vautre pas du tout dans l'alimentaire, grâce aux notes boisées en arrière fond, et il est, d'ailleurs, avant tout distingué grâce à son départ aldéhydé et ses facettes poudrées.

Je le trouve plutôt doux, mais c'est peut-être dû à la manière dont je l'ai testé, en petit échantillon "splash".Je suis persuadée qu'en le vaporisant plus généreusement, on doit avoir un ressenti légèrement différent. Enigmatique, il l'est en un sens car je le trouve tour à tour discret, chaud, (notes de fond), romantique ou classique (notes florales et aldehydes), bref il est difficile de l'appréhender complétement en une seule fois.

Mais c'est un beau parfum qui parle de Guerlain avec ses notes de fond orientales et vanillées, son petit côté poudré cher à l'heure bleue par exemple, ses notes de coeur florales qui évoquent à Lucas Turin Jardins de Bagatelle.. J'ai lu également que certaines personnes remarquent un clien d'oeil à Aqua Allegoria Ylang et vanille en notes de fond, ce qui n'est pas dénué de sens car en effet, son fond sucré peut l'évoquer.... quand d'autres, encore, lui trouvent une douceur et un charme communs à Metallys....

Finalement le seul gros reproche qu'on pourrait faire à ce parfum reste son prix...car comme beaucoup je suis certaine que ce type de parfum, comme le bel Attrape-Coeur, trouveraient leur public s'ils étaient plus largement distribués et plus accessibles. En attendant, il fait partie de la collection Les parisiennes, dans la boutique Guerlain des Champs Elysées.