dimanche 10 octobre 2010

Back to Black/Aphrodisiac, By Kilian: quand le tabac blond se fait aguicheur...

C'est seulement un an après sa sortie que j'ai eu envie de parler de Back to Black.  La première fois que je l'ai senti, j'ai failli fondre immédiatement pour son odeur de tabac miellé sensuel à souhait.  Mais comme je fais toujours plusieurs essais sur peau avant de craquer pour un parfum, j'y avais détecté cette note fruit rouge-framboise dans son évolution qui m'avait un peu déplu et j'avais passé mon chemin. (C'est peut-être en réaction à l'overdose de ce style sur le marché actuel, mais j'ai vraiment du mal avec les notes fruitées).

Un an plus tard me prend l'envie de retenter ma chance, comme ça, au cas où, par curiosité... Et là l'alchimie fonctionne, je  me sens totalement conquise par ses effluves "aphrodisiaques" (puisque c'est ainsi, également, qu'il se nomme). Et, en effet, Back to Black ne laisse pas indifférente la gente masculine, car le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est un parfum sexy. 


Certains lui prêtent une ressemblance avec Angel, d'autres lui trouvent un côté cacao en poudre mêlé à des accents fruités,  sur moi c'est surtout la facette tabac miellé qui ressort, puisqu'il semble s'exprimer très différemment d'une peau à une autre. Certes, ce n'est pas forcément très novateur comme thème; on retrouve  par exemple cet effet dans Ambre Narguilé d'Hermès (plus liquoreux cependant),  ou dans Tobacco Vanille de Tom Ford (plus sec), mais c'est joliment fait, avec de belles matières premières. Un côté un peu tabac "shicha",  mais plus vanillé, plus baumé, avec des notes de framboise qui se fondent dans un lit vaguement chocolaté, sans être écoeurant pour autant.  Comme l'a dit Poivre bleu, il renvoie à diverses références olfactives, c'est un parfum complexe, rond, riche, et il est par conséquent assez difficile d'en extirper chaque note.  C'est plus une sensation globale qu'il offre,  de rhum ambré-tabac-miel-fruits rouges et vanille, à la fois mixte et terriblement sensuel, gourmand, sans tomber pour autant dans l'effet habituel (complètement dissuasif à mon nez) du cocktail patchouli, sucre et fruits rouges, bien qu'il contienne pourtant  précisément ces trois notes. 

Dur, donc,  de le décrire, mais pour moi Back to Black, ce sont des notes épicées, de cannelle, safran et cardamome qui viennent s'enrouler autour de ce tabac miellé,  amandé, tandis que se dessine  peu à peu sur la peau cette note un peu "framboise" qui m'avait rebutée un an plus tôt.  Mais en fait elle s'harmonise plutôt bien avec l'ensemble de la composition, puisqu'elle pousse ce "tabac blond" vers le narguilé, loin des références fruitées mièvres que l'on sent fréquemment dans le "mainstream".  De la vanille et du benjoin achèvent de donner un tour oriental et sensuel au parfum, qu'équilibrent des notes boisées de patchouli, et de cèdre,  entre autres,  afin de l'empêcher de se vautrer dans l'ultra gourmand indigeste.  Le fond peut évoquer, parfois,  le cacao en poudre, bien que je ne ressente pas systématiquement cet effet.  Ce fond cacaoté donnerait plutôt une sensation de velours, assez agréable, comme j'ai pu le lire sur d'autres blogs. Et, pour ne rien gâcher, la tenue est excellente.




lundi 27 septembre 2010

Résonances entre deux arts, la musique et le parfum.....

C'était le thème de la conférence à laquelle j'ai pu assister jeudi soir à la Société Française des Parfumeurs, en compagnie de Juliette de Poivre Bleu, mais aussi de  Denyse de Grain de musc et d'Octavian Coifan, qui en a d'ailleurs fait un compte rendu sur son blog. L'idée n'est pas ici de relater à mon tour cette soirée, mais cela m'a donné l'idée d'une sorte de jeu. 

En effet, Annick Le Guérer, auteur du beau livre Si le Parfum m'était conté et de nombreux autres ouvrages sur le thème du parfum,  Dominique Ropion, nez qu'il n'est plus nécessaire de présenter, et Marie Anouch Sarkissian, musicologue de talent qui a notamment développé une thèse sur les relations d'Edmond Roudnistka avec la musique, nous ont tous les trois livrés un exposé mettant en relief les rapports entre la musique et le parfum. 

Ce fût l'occasion d'écouter de très beaux morceaux, (notamment de Claude Debussy),  comme par exemple le Prélude pour piano "Feuilles mortes" s'inspirant de l'odeur des sous bois après la pluie. Avec certes, moins de connaissances en la matière, et moins de temps passé à étudier le sujet, nous tissons tous, malgré tout, des liens imaginaires, des parallèles entre ce que nous sentons et d'autres univers. Certaines odeurs peuvent par exemple nous renvoyer à des couleurs. Et c'est aussi bien sûr le cas pour l'univers musical. Certains parfums, comme certains morceaux peuvent tout aussi bien exprimer la sérénité ou la sensualité par exemple. 

Aussi, je me demandais, si vous autres, internautes passionnés, reliez, consciemment ou non, certaines senteurs, certains parfums à une chanson, un morceau de musique classique ou même, plus largement, à un univers musical (rock, soul, voire hip hop, allez soyons fous ...).

Si l'on peut relier par exemple One million et son pendant féminin aux morceaux navrants que l'on qualifie de Rn'B aujourd'hui, on peut tout aussi bien se laisser bercer par les effluves de l'Heure bleue en écoutant Lullaby de The Cure (évocation toute personnelle, nous sommes bien d'accord). Les volutes sensuelles, voire sexuelles de Musc ravageur me renverraient volontiers à un morceau tout aussi licencieux comme celui de Hell around the corner, (Tricky). J'écouterais  bien une chanson liée à l'été ou au soleil en portant Songes, tandis qu'Havana Vanille s'accorderait tout à fait à une musique cubaine. Et vous?  A quels morceaux reliez-vous certains parfums ou des matières premières?

mardi 21 septembre 2010

Kiss me tender, parfums Nicolaï, héliotrope romantique.

Douceur, romantisme et dégradé de pastel.... autant de mots qui me viennent à l'esprit lorsque je sens le dernier-né de la maison de Nicolaï.  Centré autour de la fleur d'héliotrope, dont l'élément de synthèse  est l'héliotropine,  découverte en 1868, que l'on utilise en parfumerie puisqu'on ne peut extraire directement l'odeur de la fleur,  ce Kiss me tender est une sorte de gourmandise légère, qui m'évoque un peu le sucre glace des patisseries auquel on aurait ajouté un peu de fraîcheur en tête. 


De même que lorsque l'on sent l'héliotropine seule, il y a dans Kiss me tender ce zeste de fraîcheur en tête associé à des notes amandées et poudrées qui caractérisent l'héliotropine. On note dans la composition de la fleur d'oranger et du jasmin, mais j'avoue que ces notes florales ne sont pas très présentes sur ma peau. J'y  perçois bien un soupçon de fleur d'oranger mais ce sont surtout des notes de cannelle et de vanille qui s'annoncent, m'évoquant un peu l'odeur du spéculoos. 

C'est un peu comme si le dégradé de couleurs pastel évoluait vers un ensemble plus doré. La facette amandée se fait alors plus vanillée, sans tomber pour autant dans quelque chose d'hyper calorifique. D'un bout à l'autre de son évolution,  Kiss me tender reste  une gourmandise tout en finesse, sans lourdeur aucune. En effet, la nature amandée de l'héliotropine est équilibrée ici par la présence de notes florales, même si elles ne dominent pas, qui évitent ainsi  l'overdose de sucre. En outre, la texture de ce parfum a quelque chose de léger qui ajoute à ce sentiment de douceur et de subtilité.


En conclusion,  Kiss me tender se situe pour moi à mi-chemin entre la douceur poétique et romantique d'Après l'Ondée et les charmes sucrés-sexy de Louve, de Lutens.

mardi 7 septembre 2010

Songes, un peu de soleil dans un ciel gris.

Dans l'attente de pouvoir sentir plusieurs nouveautés qui me font de l'oeil (minuit noir de lolita lempicka, sensuous noir d'estée lauder ou encore la déclinaison plus vanillée de Shalimar), j'ai eu envie de revenir sur un de mes chouchous, Songes, d'annick Goutal, espérant ainsi ramener un peu d'été indien en cette grisaille parisienne.

Par un étrange hasard j'ai eu un coup de foudre un samedi après-midi pour ce parfum, pour découvrir en rentrant chez moi, que grain de musc venait juste de lui consacrer un article le jour même. Heureuse coïncidence? Toujours est-il que depuis un an je ne me lasse pas de ces délices exotiques composés de fleurs blanches et de vanille, et que si je ne me parfume pas précisément dans ce but, c'est néanmoins celui qui me vaut le plus de compliments. 

En effet, la première chose qu'évoque Songes, c'est le monoï, les vacances, la peau chauffée au soleil sur une plage à l'autre bout du monde... Pas étonnant qu'il plaise autant donc, puisqu'il renvoie à une image communément positive pour tout un chacun. Pourtant quand on le porte souvent et qu'on l'analyse un peu, ce n'est pas une simple odeur de monoï qu'il dégage. Sa première bouffée jasminée est un vrai plaisir, qui laisse  deviner une autre brassée de fleurs blanches saupoudrée de vanille. 

C'est la fleur de frangipanier et la  tiaré, en annonçant le coeur du parfum, qui donnent cette touche si exotique à Songes, car en effet, pour qui en a déja respiré sous les tropiques, l'effet est saisissant.  Je pense qu'à ces fleurs blanches s'ajoute sans doute de la tubéreuse même si elle ne figure pas dans la pyramide olfactive, du moins pour l'eau de toilette, qui a des accents verts, contrairement à l'eau de parfum, plus sucrée, plus ronde, un peu plus "grasse" aussi.  Car ce n'est rien de dire que Songes est un parfum à texture crémeuse, très enveloppant, notamment grâce à l'ylang-ylang, qui vient arrondir ce beau bouquet de fleurs blanches, avant de se fondre dans une belle note vanillée. Celle-ci ne fait qu'enrober de sensualité un parfum déja très charnel, envoûtant. 


Ce coeur s'épanouit sur un fond à la fois ambré et sucré, équilibré par une touche boisée, grâce à l'encens, le santal et le vétiver, qui l'empêche de tomber totalement dans un effet "monoï", trop gourmand.  Songes est un vrai délice à porter, car il se prête magnifiquement aux températures estivales, mais il ajoute un peu de chaleur et de bonne humeur en hiver, d'ailleurs son sillage y ressort tout aussi magnifiquement. Pour bien faire, je dirais que l'idéal est de porter l'eau de toilette l'été, qui, avec son petit côté vert l'allège un peu, et d'opter pour l'eau de parfum l'hiver, plus capiteux, plus enveloppant. 

jeudi 2 septembre 2010

L'eau Duelle de Diptyue....

Retrouvez mon article sur l'Eau Duelle de Diptyque sur le site d'Osmoz!

mercredi 18 août 2010

Love, de Chloe: quand poudré rime avec modernité ...

La description de la dernière nouveauté de chez Chloe m'avait mis l'eau à la bouche: un poudré remis au goût du jour, en effet,  il ne m'en fallait pas plus pour attendre impatiemment sa sortie. Au final, je ne sais pas si c'est un parfum que je porterais, mais en tout cas je m'avoue assez séduite par l'esprit de cette création. 

Directement inspiré des poudres de riz et notamment de la célèbre poudre de Coty, de cet effet "talc", qui peut paraître daté ou ancien aux yeux de certains, Love de Chloe n'en est pas moins un parfum plutôt sexy qui trouvera son public j'en suis sûre.  Il m'évoque un chassé croisé de plusieurs parfums en fait: un peu de Lipstick rose de Frédéric Malle pour le côté poudré/cosmétique mais néanmoins vif,  jeune, un peu d'Ombre Rose de Jean Charles Brosseau, le parfum "poudre de riz" par excellence,  un peu de Rahat Loukoum de Lutens pour le côté amandé gourmand mais tout en finesse...Bref des références plutôt sympathiques en somme. 


Les premières notes de Love m'évoquent donc cet effet cosmétique que l'on retrouve également dans Drôle de Rose de l'Artisan Parfumeur. Cette senteur très poudrée, où l'on sentirait presque de la rose et de la violette, même  si elles n'apparaissent pas dans la composition. En fait Love n'est pas doté de ces deux notes, mais c'est un effet, une sensation que provoque ce parfum, en raison de cette dimension très cosmétique, un peu rétro, parce qu'il s'apparente à ces floraux poudrés très féminins qui, souvent, en contiennent. Sauf que très rapidement c'est la fleur d'oranger qui s'impose, pour donner un côté moelleux au parfum, plus sexy aussi, plus aguicheur.

Une fleur d'oranger crémeuse, suave, assortie d'un beau bouquet de fleurs, composé entre autres de lilas, de jacinthe et de glycine d'après la composition, auquel vient s'ajouter l"iris, évidemment, comme dans de nombreux parfums poudrés. Mais c'est surtout l'héliotropine que l'on devine, sous ce bouquet floral, et qui donne cet effet poudre de riz au parfum. Il est même possible que cette sensation ronde, rassurante et légèrement amandée soit accentuée par la présence de coumarine, même si celle-ci ne figure pas dans la composition officielle de Love.

Les notes de fond me semblent moins perceptibles, peut-être parce que la tenue est moyenne, peut-être parce qu'elles sont tout simplement plus en sourdine.  Love s'alanguit sur un fond musqué,  (muscs blancs), doux, sans doute enrichi d'une pointe de vanille, qui prolonge cet aspect talc et poudré, douillet. A mon sens, la force de ce parfum est d'allier ces notes poudrées, au charme rétro, à quelque chose de moderne, pimpant et sexy.

jeudi 5 août 2010

Des nouveautés chez Différentes Latitudes, (suite).

Après Amouage, c'est au tour de Frapin de nous mettre l'eau à la bouche à la rentrée, ou plus exactement en octobre.   On connaît avant tout Frapin pour le cognac, mais Différentes Latitudes a permis à cette marque de s'exprimer également dans le domaine du parfum (dont l'oenologie  n'est  finalement pas un art si éloigné) et de développer des fragrances mettant en valeur les étapes de la création du cognac en senteurs. C'est ainsi qu'on doit à la marque Frapin le parfum 1272, un oriental boisé, ou encore l'Humaniste, plus hespéridé/arômatique, entre épices et agrumes.


Le prochain parfum de Frapin se nomme Les Ailes du Désir, un bien joli nom que servira un très beau flacon d'après les descriptions qui m'en ont été faîtes, bien que je ne l'aie pas encore vu. Créé par Bertrand Duchaufour, on retrouve l'esprit rhum arrangé en ouverture qui caractérise celle d'Havana Vanille, sauf qu'ici, la première idée qui m'est venue à l'esprit serait celle d'un rhum arrangé au pruneau plutôt qu'à la vanille. L'univers liquoreux est  donc d'emblée bien présent  avec cette absolu de rhum, pour évoluer vers quelque chose de très charnel, qui colle bien au nom de la fragrance. 

Doté également d'une facette florale, peu présente sur ma peau lors de l'essai sur le poignet, plus évidente sur touche en revanche, composée apparemment de rose et de jasmin, le parfum prend doucement une dimension ambrée, annoncée par des notes d'épices qui apportent chaleur et caractère au parfum.  On perçoit également beaucoup d'accents boisés dans l'évolution du parfum, dont je  ne connais pas la composition exacte, mais sans doute du ciste labdanum, qui donne cette chaleur ambrée au parfum,  et peut-être aussi du cèdre et du patchouli.  Le tout donne quelque chose de très sensuel, enivrant, qu'il me tarde de réessayer plus longuement sur la peau. Le parfum s'épanouit également sur une note cuirée, (décidément le cuir est à l'honneur cet automne), qui se mêle harmonieusement au fond ambré et boisé du parfum. J'ai pour habitude de tester plusieurs fois un parfum avant de craquer ou de m'en faire un avis définitif, mais, en tout cas, au premier essai, j'ai presque eu un coup de foudre!


D'autres nouveautés vont enrichir la gamme de produits que propose Différentes Latitudes, à savoir les parfums Odin, du concept store new-yorkais éponyme. Distribuée  jusqu'ici  qu'à New York, cette marque   a déja sorti 3 parfums, Nomad, Owari et Century,  que l'on retrouvera en France, à la rentrée, mais aussi leur tout dernier, Petrana. Cette quatrième fragrance sera articulée autour de l'accord iris-violette.