lundi 1 février 2010

De la rose, et de l'oud....

Je ne suis pas une addict de ces deux matières prises séparément, mais je trouve qu'elles se marient très bien ensemble.  On pourra s'en faire une idée grâce au prochain By Killian, Rose Oud, qui sortira au mois de mars prochain, mais que l'on peut déja sentir sur touche au Bon Marché. 


Cette nouveauté se veut une interprétation plus féminine du Pure Oud, sorti l'été dernier, dans le cadre de la collection Arabian Nights. Riche, à la fois doux et opulent, d'une texture huileuse, ce parfum offre d'abord une rose turque  (rose de damas) très imposante, par rapport aux notes boisées plus en sourdine.

 Néanmoins, celle-ci se pare de notes épicées, qui peuvent lui donner un petit aspect piquant et qui annoncent déja la dimension orientale de ce parfum. Au bout d'une demi heure au moins, la rose s'atténue nettement pour laisser place à un fond boisé, où domine l'oud, et la fragrance se fait plus douce, plus velours. Il s'en dégage alors un sentiment de chaleur et de confort très agréable. Le tout, composé de rose évidement, mais aussi de safran et de cardamome, pour la facette épicée, sur un fond d'oud et de patchouli, d'après la composition, donne la sensation d'un parfum sensuel, voire charnel, et dont l'opulence n'est pas sans évoquer le Moyen Orient. 

Cela m'a donc donné envie de ressentir l'extrait de parfum "Homage" d'Amouage, (malheureusement pas à la portée de tous les portefeuilles), qui peut donner cette même sensation de richesse et d'opulence, de féminité orientale. 



Très puissant, en raison de sa très forte concentration, les notes de tête sont très entêtantes, et l'on y sent déja une grande richesse de matières premières naturelles, où perce la rose, mais où l'on sent également se profiler des notes boisées, dont l'oud. A "vue de nez", j'y sens de la rose, du jasmin, (peut-être du cèdre), du santal  et de l'oud, mais il semblerait qu'il y ait également de l'ambre, de l'orange,du citron et  de l'encens dans sa composition. 

Sensuel, mais aussi très apaisant, mêlant force et douceur,  Homage nous transporte littéralement dans les pays du Moyen Orient. On réserve généralement les parfums orientaux ou enveloppants à la froideur hivernale, mais c'est précisément le type de parfum qu'on s'imagine porter par toutes petites touches sur la peau en été, à condition d'avoir la main vraiment légère. Car ce type de parfum puissant et voluptueux doit s'épanouir pour révéler toutes ses facettes et toute sa subtilité au contact de la chaleur estivale. 


samedi 30 janvier 2010

Nouveauté parfum: le prochain Annick Goutal: Nynfeo Mio

J'ai rapidement senti le prochain parfum d'Annick Goutal, Nynfeo Mio, qui sort officiellement le 15 février, mais qui est actuellement disponible en démonstration sur certains points de vente.

Même si je porte peu de parfums "verts", je l'ai néanmoins trouvé très beau sur touche, notamment grâce à la figue, qui donne du caractère et de l'originalité au parfum. Avec un départ très vert, très "herbe coupée", probablement grâce au galbanum, Nynfeo Mio est également très hespéridé, on y sent notamment bien le citron, tandis qu'un autre fruit accentue cette facette "agrumes": le pamplemousse.

Attention, ce parfum semble évoluer pas mal d'une peau à une autre, sur une de mes collègues, il était très hespéridé, et c'est à peine si l'on y devinait la figue, tant le citron et le pamplemousse s'imposaient, sur une autre, il est devenu complètement acide et très désagréable. Sur la mienne, il a pris ce même départ très hespéridé, pour laisser  ensuite le chèvrefeuille et la figue prendre de plus en plus d'ampleur, mais j'y sens  malheureusement moins les notes florales citées dans la composition.

A noter qu'il s'agit ici d'une figue assez verte, moins lactée, moins ronde que celle de l'Artisan Parfumeur par exemple.

Nynfeo Mio, à partir du 15 février dans les points de vente Annick Goutal,


composition: citron, galbanum, lavande, figue, jasmin, géranium, rose, chèvrefeuille, absolue de lentisque, bois de citronnier, muscs.

mardi 26 janvier 2010

Bois des Iles, de la Collection dess Exclusifs de Chanel.

 Cela fait un petit moment que ce parfum, créé en 1926 par Ernest Beaux, me faisait de l'oeil. Quand j'ai enfin pu le découvrir, sa beauté m'a beaucoup émue, mais sa complexité me le rendait difficile à décrire. Tout au plus, je parvenais à évoquer  quelque chose d'un peu gourmand,  mais tout en finesse, une sorte de mélange de pain d'épices et de notes fruitées, qu'on aurait associés à l'élégance caractéristique des parfums Chanel.

Après plusieurs essais,  je commence à mieux en saisir les différentes notes, dont notamment  un départ emprunt de bergamote, mêlée à des aldéhydes, et un petit aspect plus rond, sans doute le néroli qui  figure,  d'après la composition, dans les notes de tête. Peu à peu des notes fleuries percent cette entrée en matière, et j'y perçois clairement du jasmin et de l'iris, avec, semble-t-il un soupçon de rose. Il semble en fait que le coeur comprenne également de l'ylang-ylang, manifestement plus en sourdine sur ma peau, et de la pêche, d'où cette impression fruitée que je ne parvenais pas à  décrire. On note aussi de la coriandre, qui doit contribuer à cette sensation épicée, qui reste pourtant très douce au fil de l'évolution du parfum.

Bois des Iles s'épanouit peu à peu sur un fond de santal, qui me semble dominer en quelque sorte la composition du parfum, aux côtés du vétiver, qui accentue cet effet boisé. Le benjoin, la vanille et la fève tonka viennent réchauffer et arrondir le tout, sans oublier le musc qui s'étire longtemps sur la peau.

Cet exclusif de la Maison Chanel donne une sensation complexe de douceur, d'épices et  de sensualité  classe et raffinée. Je lui trouve tantôt des aspects gustatifs, (mais sans lourdeur) que j'ai du mal à m'expliquer, tantôt une véritable facette boisée, tantôt une facette exotique, sans doute en raison des épices. Il est  en tout cas très suave, d'une évidente beauté, et sa texture est des plus agréables à porter. 

En revanche, sur peau, je trouve qu'en eau de toilette, il manque de tenue, car je n'ai pas eu la sensation de laisser un sillage particulier, bien que mes vêtements embaument toujours son odeur délicate quelques jours plus tard. Aussi faudrait-il que je teste à nouveau sa version extrait de parfum, à laquelle je n'avais pu donner le temps et l'attention qu'une si belle création requiert, le souvenir que j'en ai étant une sensation d'extrême douceur, et d'une texture plus veloutée.


mardi 12 janvier 2010

Nouveauté parfum: Tonka impériale de Guerlain sort en février !


Autant la collection des élixirs charnels de Guerlain me laisse perplexe, autant celle de L'art et la matière me séduit assez dans son ensemble. Et ce n'est pas le prochain volet de cette collection qui viendra démentir ces propos...




Délicieux et addictif sont les mots qui me viennent à l'esprit quand je respire mon poignet. Lascif, doux et sexy également. Mais ce parfum réussit ici à éviter l'écueil de la gourmandise trop sucrée à laquelle on pourrait s'attendre du fait que la fêve tonka, d'une part, est un aliment utilisé en cuisine, mais aussi une matière première qui permet d'arrondir de nombreux parfums.



Elément incontournable de la guerlinade, la fève tonka semblait donc toute désignée pour venir parfaire cette collection tournée autour des matières premières. Outre la sensation chaleureuse, enveloppante et sensuelle que ce parfum dégage, il devient d'autant plus beau lorsque l'on étudie un peu les différentes facettes que peut revêtir la fêve tonka.



En effet, la fêve tonka provient de la graine d'un arbre d'Amérique du sud, composée de coumarine, qui lui offre ce côté poudré, amandé. Cet aspect qu'elle dégage à maturité s'ajoute à deux autres facettes, vanille et foin. Mais elle peut aussi se faire tour à tour cuirée, grillée ou caramélisée, comme l'explique Méchant Loup. Ici Tonka impériale dépasse le côté gustatif de cette matière première en déroulant ces différentes facettes au cours de son évolution.



Le côté un peu foin de la fêve tonka, qui fait qu'on l'utilise dans certains parfums « fougères », est mis en valeur par des notes de têtes arômatiques, un peu herbacées. Cette « fraîcheur » permet ici d'éviter l'overdose de sucre. Dès le départ on sent cet aspect cohabiter avec les notes plus rondes du parfum, plus baumées. Ces dernières, qui s'imposent de plus en plus en coeur du parfum, puis en fond, sont justement celles qui permettent un rapprochement avec l'Heure Bleue, comme le fait Denyse Baulieu sur son blog. Mais cette entrée un peu arômatique qui s'épanouit doucement sur des notes plus rondes peut aussi évoquer Jicky, pour son côté frais « lavande » et son fond un peu vanillé qui annonçait les prémices de Shalimar.



La fragrance se réchauffe de plus en plus, et l'on a envie de s'y lover. La facette poudrée, vanillée et amandée de la fêve tonka s'impose au fur et à mesure de l'évolution du parfum. Une sensation douillette, sensuelle s'en dégage. Quant au fond, il dévoile peu à peu l'effet un peu plus sucré, gourmand, de la fève tonka, mais sans lourdeur aucune. Sur certaines peaux il doit sans doute se faire plus cuiré, grillé, mais sur la mienne il semble plutôt caramélisé. Mais sa beauté réside en partie dans le fait qu'il ne devient, jamais, pour autant, écoeurant.



Pour conclure, j'ai peu de doutes quant au succès de ce parfum, puisqu'en en portant juste quelques gouttes aux points de pulsation, il m'a déjà valu quelques compliments. J'attends donc avec impatience le mois de février, date de sa sortie, pour enrichir ma collection et alléger mon porte monnaie.

(PS: encore merci à méchant loup pour la découverte de ce parfum)

lundi 4 janvier 2010

Un an d'écriture parfumée...

Voici un an maintenant que ma passion pour les parfums nourrit ce blog. En effet passionnée de parfums à l'adolescence, je m'en étais un peu éloignée au cours de ces dernières années. Mais l'on revient souvent à ces premières amours, et c'est ainsi que je suis retombée dans ma passion avec encore plus d'appétit.

Durant cette année, beaucoup de découvertes parfumées, des parfums de Serge Lutens aux exclusifs de Chanel, en passant par les éditions de Frédéric Malle ou les créations de Véro profumo. Quelques coups de coeur, Attrape-coeur, Songes, L'âme soeur, Musc ravageur et j'en passe.... Et un parfum qui est venu rejoindre mes chouchous, (L'heure bleue, Habanita ou Allure sensuelle), et qui m'est devenu tout aussi indispensable, Chamade en extrait.

De belles rencontres et de belles lectures, qu'il s'agisse d'auparfum.com, de graindemusc, d'olfactorum, de poivrebleu, de 1000 fragrances ou d'espritdeparfum pour ne citer qu'eux. Des échanges enrichissants sur un forum d'accro aux parfums, beaute-test.

Cette nouvelle année 2010 sera, je l'espère, aussi riche et dense en découvertes parfumées, comme le laissent déja présager les Heures du parfum de Cartier ou Tonka Impériale de Guerlain. J'ai malheureusment moins eu le temps d'écrire ces derniers temps, mais ce n'est pas pourtant pas le manque d'idées et d'envies qui fourmillent dans ma tête.

Je vous souhaite donc une bonne et heureuse année à tous en concluant sur mon top ten, un an après avoir commencé ce blog.

1. L'heure bleue
2. Habanita
3. Chamade
4. L'âme soeur
5. Musc ravageur
6. Allure sensuelle
7. Attrape coeur
8. Songes
9. Cuir béluga
10. Louve






vendredi 25 décembre 2009

Une dernière eau de minuit pour Noël?



Les amateurs de l'eau de minuit de Lolita Lempicka ont intérêt à faire des stocks! Qu'ils aient adoré cette version nocturne pour son magnifique flacon ou pour les facettes plus chaudes et gourmandes de ce flanker, c'est malheureusement la dernière fois qu'ils pourront en profiter!


En effet, pour achever cette collection en beauté, la marque éponyme nous propose de retrouver cette version renforcée dans ses notes sombres, dans un nouveau flacon tout de rouge vêtu. Comme à chaque nouvelle édition pour les fêtes de fin d'année depuis 2004, le flacon est réinventé, mais c'est toujours le même élixir « de minuit » dont on se délecte, une fragrance qui met l'accent sur les notes de fond du parfum star.



Plus intense, plus sensuelle, plus charnelle, elle se pare à nouveau de myrrhe en tête, d'iris concrète, de jasmin et de réglisse en coeur, pour s'alanguir sur un lit enrichi en fêve tonka, benjoin et vanille. L'aspect fleuri de la version originale, où prédomine la violette, s'est effacé pour laisser place aux muscs blancs et aux notes plus voluptueuses de ce parfum. L'univers féérique, magique, du premier Lolita Lempicka est donc affirmé, comme pour se mettre au diapason des nuits d'hiver.


La raison de cet arrêt? Lolita Lempicka aurait décidé de se consacrer à un nouveau projet dès l'an prochain. Les variations autour de leur premier parfum ne vont pas s'arrêter là, mais la marque préfère innover à partir de Noël 2010 avec des coffrets « collection lolita », qui mettront plus en valeur la facette « réglisse » de cette fragrance, qui ne quitte d'ailleurs plus le top des ventes de parfums féminins depuis plusieurs années consécutives.

lundi 14 décembre 2009

Cuir Béluga, de l'Art et la matière...



Avant de pouvoir évoquer le prochain et très attendu Tonka impériale, j'ai eu envie de revenir sur un autre "chapitre" de la collection de l'Art et la Matière, Cuir Béluga, composé par Olivier Polge en 2005.

Je n'ai découvert ce parfum qu'au mois de janvier dernier, et s'il m'avait assez plu, à l'époque j'essayais encore d'être sérieuse et de ne pas craquer sur chaque nouvelle fragrance qui me séduisait. (Et puis il faut reconnaître que son prix donne envie d'être raisonnable). Les bonnes résolutions passant au fil des mois, nous voici en hiver, saison qui se prête à merveille à la (re)découverte de Cuir Béluga.

En effet, je ne change pas forcément de parfum à chaque saison, mais pour le coup Cuir Béluga me paraît plus que jamais adapté au froid hivernal, de par son côté réconfortant, chaleureux, voire douillet. Il n'en reste pas moins très élégant, tout en alliant originalité et sensualité.

La facette cuir est ici très douce, on la comparerait plus, comme je l'ai souvent lu, à du daim. Cet effet "cuir blanc" est d'abord introduit par une bouffée d'aldéhydes associées à de l'immortelle, fleur qui donne d'emblée ce caractère chaud et rond au parfum. Curieusement, Cuir Béluga s'installe très doucement sur ma peau, car malgré la note épicée d'immortelle, les premières minutes sont presques inexistantes sur ma peau. Si je perçois les aldehydes, ce n'est que très légèrement car elles ne s'apparentent pas à l'idée qu'on s'en fait en sentant le N°5 de Chanel par exemple. Sur ma peau il il s'agirait plutôt d'une sensation de transparence fugace. Le parfum s'impose vraiment lorsque commence à poindre la mandarine, toujours en tête. Cette note contribue d'ailleurs probablement à apporter une facette claire et féminine à ce "cuir".

Ce parfum se réchauffe de plus en plus, au fur et à mesure que se développe la note "cuir", soutenue par de l'héliotrope, qui lui donne ainsi un côté poudré, propre à de nombreux Guerlain, et amandé. On doit également à ce composant toute la douceur et la féminité de ce cuir, cet aspect réconfortant presque doudou. Cette facette est accentuée par la forte présence de la vanille en note de fond, accompagnée ici d'ambre. Ces dernières notes apportent chaleur et sensualité au parfum, tandis que mêlées à la note cuir, elle se teintent d'une élégance indéniable.



Le tout donne un parfum chaud, enveloppant et sexy, qu'on marierait bien avec un gros pull en mohair pour se consoler des froides soirées d'hiver. Cet accord principal cuir-vanille permet de contre balancer la forte présence de cette dernière et de ne pas tomber dans l'excès de sucre. Bon bien sûr, si on déteste la vanille, mieux vaut passer son chemin. Quant à l'aspect cuir du parfum, ici plutôt "veste en peau", il provient d'une note de synthèse dénommée "sudéral" et non des constituants habituellement utilisés (bois de bouleau, etc..) mais je vous laisse le soin d'en lire plus à ce sujet sur l'article de Sylvaine Delacourte qui vous en parlera mieux que moi.

Je trouve que Cuir Béluga s'inscrit assez bien dans la tradition de la maison Guerlain, à la fois pour ses notes de fond ambrées-vanillées, orientales, typiques de cette maison, mais aussi pour sa facette cuir, que l'on retrouve dans d'autres parfums, notamment dans Shalimar (à l'origine en tout cas) et dans Habit Rouge.

Enfin, pour finir sur ce parfum, j'ai noté des différences de perception lorsque je le portais. J'ignore si cela est commun à tout le monde ou s'il s'agit ici d'une question de peau. Moi-même, je ne le ressens pas systématiquement de la même manière, parfois les premières minutes sont à peine perceptibles et le parfum s'intensifie de plus en plus, à d'autres moments les notes de tête sont d'emblée chaudes et présentes. De même, mon entourage semble le percevoir différemment selon les jours. La ou les mêmes personnes me diront un jour..."humm, ouais c'est original mais bon..." quand le lendemain ils me diront qu'ils adorent... Et vous?